Mali - Soumaïla Cissé : "IBK semble avoir du mal à dégager des priorités"

21 Fév 2014 - 17:50
Mis à jour: 13 ans
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[caption id="attachment_194654" align="aligncenter" width="610"]Soumaïla Cisse Soumaila Cissé à l'assemblée Nationale[/caption]

Six mois après la victoire d'Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) à la présidentielle, Soumaïla Cissé, le nouveau chef de file de l'opposition à l'Assemblée nationale malienne, fait le bilan. Interview.

  Finaliste malheureux de l'élection présidentielle en août 2013, Soumaïla Cissé, le patron de l'Union pour la République et la démocratie (URD), est le nouveau chef de file de l'opposition à l'Assemblée nationale malienne – opposition qui compte 21 députés sur 147. Six mois après la victoire de son adversaire, Ibrahim Boubacar Keïta, il dresse un bilan "extrêmement mitigé" de son action.     Jeune Afrique : Quel bilan tirez-vous des six premiers mois d'exercice d'Ibrahim Boubacar Keïta ? Les Maliens attendaient du président qu'il s'attaque au problème de la sécurité, qu'il règle la question de Kidal. Le résultat n'y est pas. On assiste à une recrudescence de l'insécurité dans le Nord, à Gao, à Tombouctou. Sa feuille de route pour négocier avec les groupes armés n'est pas suffisamment claire. Son bilan, sur ce point est extrêmement mitigé. En outre, la relance de l’économie tarde à venir, les investisseurs ne sont pas en confiance. Le président a effectué beaucoup de déplacements à l'extérieur dont nous attendons les retombées. En définitive, je qualifierais ces six premiers mois de besogneux. Le président semble avoir du mal à dégager des priorités.
Il faut s'attaquer le plus rapidement possible aux difficultés de vie quotidienne des Maliens.    
Quelles doivent être, selon vous, les priorités ? Rétablir l'intégrité territoriale, instaurer la paix et la sécurité, relancer l'économie et s'attaquer le plus rapidement possible aux difficultés de vie quotidienne des Maliens.     L'entourage du président rappelle qu'il a hérité d'un État en lambeaux... La situation économique, sociale et sécuritaire reste toujours préoccupante mais on ne peut pas mettre tout cela sur le dos de l'héritage. En tout état de cause au bout de six mois, cela ne tient plus. Aujourd’hui, avec les 3 milliards d’euros que la communauté internationale a mis à la disposition du Mali pour sa reconstruction, nous devons plutôt regarder vers l’avenir.     Durant la campagne, ses adversaires avaient qualifié Ibrahim Boubacar Keïta de "candidat des putschistes". Pourtant, nombre d'entre eux, dont le général Sanogo, ont été écroués. Oui, et sur ce point, je me félicite que la justice soit saisie. Il faut aller jusqu'au bout des enquêtes judiciaires. Sans justice, on ne pourra pas réussir la réconciliation ni consolider la paix. Je note cependant qu'un certain nombre de putschistes sont au gouvernement, et d'autres à la présidence. Je trouve étonnant que le président ait nommé au poste de chef d'état-major particulier un officier connu pour avoir fait partie de la junte (le général Yamoussa Camara, ancien ministre de la défense de la transition, qui a été inculpé et placé sous mandat de dépôt le 13 février pour "complicité d'assassinat" dans l'affaire de la disparition de 21 bérets rouges en avril 2012, NDLR).   Dénoncez-vous, comme une partie de l'opposition, le poids de la famille ? Le président de l'Assemblée nationale est le beau-père du fils du président, qui est lui-même député, et l'on compte deux ministres issus de la famille de l'épouse du président. C'est un sujet qui fait débat dans l'opinion malienne en ce moment. Ayant travaillé de longues années avec le président et connaissant le respect qu'il voue aux institutions de la République, j'ai été surpris de ces choix. Personnellement, je l'aurai évité.     Deux députés de la majorité ont un temps appartenu à des groupes rebelles armés. Qu'en pensez-vous ? J'ai l'ai dénoncé. Au prétexte de la réconciliation, on absout des gens qui se sont compromis avec les jihadistes. Ils ont fait l'objet de mandats d'arrêts internationaux, que le gouvernement a levé, et ensuite ils se sont retrouvés à l'Assemblée Nationale sous les couleurs du parti au pouvoir. On ne leur demande aucun compte. C'est l'impunité la plus totale.
Nous aurons notre mot à dire sur toutes les questions qui touchent à la nation.    
Vous êtes le leader de l'opposition à l'Assemblée nationale. Comment concevez-vous ce rôle ? Nous sommes une opposition républicaine. Nous nous opposerons quand nous l'estimerons nécessaire, mais nous approuverons les projets et les propositions de lois qui iront dans le sens de l'intérêt national. Nous resterons vigilants. Nous ne serons pas des faire-valoir. Nous aurons notre mot à dire sur toutes les questions qui touchent à la nation.     Est-ce le cas aujourd'hui ? Non. Depuis l’installation du gouvernement, l’opposition n’a jamais été consultée, encore moins associée à un quelconque événement de portée nationale. Mais j’ai bon espoir que les choses évoluent quand un statut sera reconnu à l'opposition comme le président lui-même l’a souhaité.     L'avez-vous rencontré depuis sa prise de fonction ? Non. J'ai demandé une audience, je n'ai pas encore eu de réponse. J’imagine que ce sera chose faite dès que le calendrier du président le permettra. __________ Propos recueillis par Rémi Carayol Lire l'article sur Jeuneafrique.com 

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Commentaires (36)

User
Supergladiateur
Supergladiateur 13 ans
SOUMI LE SAIT ET DONC NE LE TANCE QUE GENTIMENT
sanou TE KORO
sanou TE KORO 13 ans
Soumi joue son rôle de chef du premier parti de l'opposition. Mais ses réponses sont démagogiques. Le bureau de l'Assemblée Nationales n'est pas finalisée. Pour bien s'attaquer aux problèmes du Mali il faut certaines nouvelles lois. Pour le Nord, Soumi doit proposer sa solution comme cela se fait dans les oppositions dans les pays développés. Il ne suffit pas de critiquer, il faut proposer une alternative crédible et discutable. Soumi, son directeur de campagne était de fait sa femme, quelle crédibilité elle a pour diriger une campagne électorale. A Paris par exemple, les vrais militants de son parti ont été écartés au profit des arrivistes et de ses parents et ceux de sa femme. C'est cela la vérité. Il n'a même pas pu faire 1000 voix à Paris. Son échec est due à cela aussi. Qu'il construise son parti, un vrai parti ce n'est pas la famille. C'est pour cela qu'il a perdu les élections. Que chacun balaye d'abord devant sa porte.
IBK est une Vraie Honte
IBK est une Vraie Honte 13 ans
Force est de croire et d'accepter avec Mr Cisse que le pauvre IBK n'a pas de programme…. et chaque jour il surprend les maliens encore lucides, pas des décisions inopportunes, comme par exemple toute sa famille dans tous les rouages du pouvoir ; même au pire moment de GMT on n'a pas vu autant de népotisme et de manque de patriotisme..
Kinguiranke
Kinguiranke 13 ans
Le seul programme qu'IBK a aujourd'hui c'est pour mettre sa famille, ses cousins, neuveux, beaux et amis dans les positions de gestion du Mali, c'est du nepotisme et c'est la mere de toutes les corruptions. Merci Soumi pour un bilan clair, democratique et republicain.
Vision2014
Vision2014 13 ans
IBK aura echoue son presidence si a la fin de ses permiers 5 ans le Mali n'a pas toujours: -Une armee d'au moins 50 000 hommes capables seule a defendre le territoire part -Une armee avec une aviation organisee et reactive -Une armee avec des infrastructures adequates -Une armee bien nourrie -Construit 3 camps militaires equipes d'outil defensives et offensives capables neutralise tout ennemi (quelque terroristes MNLA ne doivent plus pouvoir assieger le camp de Tessalit avec 600 soldats de l'armee pendant 1 mois. En 2018, on ne veut pas entendre de donnees bidons: on a cree tel nombre de jobs, telles routes etc.. on veut simplement voir qu'on est devenu une veritable nation et cela ne existera jamais tant qu'on ne peut pas defendre notre territoire.
Le General de Corps d'Armee Sanogho
Le General de Corps d'Armee Sanogho 13 ans
Vision2014, INISOGOMA!!! Il faut plus qu'une arme'e de 50 000 personnes pour securiser plus de 800 000 km2.
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