Leçon de géopolitique : Et si la solution de la crise malienne passait par l’arrivée à Koulouba d’un ressortissant du nord bon teint ?

24 Fév 2017 - 01:00
Mis à jour: 10 ans
40
Leçon de géopolitique : Et si la solution de la crise malienne passait par l’arrivée à Koulouba d’un ressortissant du nord bon teint ?
Kidal: La CMA et la Plateforme déchirent les accords de Niamey
La sempiternelle crise malienne ne cesse de s’embourber dans les sables mouvants de notre grand désert. Malgré la signature en grandes pompes de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, fruit de plus de 24huit mois d’âpres négociations entre les groupes rebelles et le gouvernement, la mécanique du processus de normalisation se heurte à plusieurs défis. Des défis qui ont pour nom, entre autres, insécurité, méfiance entre le gouvernement et les groupes rebelles, rivalités entre les différentes factions et communautés nomades qui constituent les différents mouvements armés. Et si la solution de la crise malienne passait par l’arrivée à Koulouba d’un ressortissant du nord bon teint ? Le géopolitologue, Jean-Bernard PINATEL, l’a laissé entendre dans une de ses analyses publiée sur le site, www.geopolitique-geostrategie.fr, et donne pour preuve l’exemple tchadien. Au Sahel, depuis l’aube des indépendances, de fortes oppositions ont toujours eu lieu entre un pouvoir sédentarisé, lettré, se situant au sud à des populations nomades qui profitèrent très peu de l’éducation occidentale. Ces populations conformément à leurs us guerriers et chevaleresques avaient néanmoins conservé la force militaire sur le terrain. Tel a été également le cas au Mali. La colonisation favorisa sur le plan éducationnel les peuples du sud qui héritèrent naturellement du pouvoir lors de l’indépendance, alors que les populations nomades, fortement imprégnées de valeurs guerrières, conservèrent leur mode de vie traditionnel, souvent féodal. Et depuis, elles refusèrent viscéralement d’être administré par d’autres que par elles-mêmes, surtout quand elles étaient noires. PINATEL note que toutes les crises ayant secoué un autre pays du Sahel, le Tchad, et où la France s’est impliquée ont été fondées sur les mêmes causes. Et ce pays ne dut son salut et sa stabilité qu’à l’accession au pouvoir de N’Djamena d’un chef militaire issu du nord, Idriss Débi Itno. L’idée même de voir un ex-rebelle à Koulouba a de quoi faire rebondir plus d’un malien. D’autant plus que les rebelles qui prétendent agir pour le bien-être de leur population, avaient mis en péril l’existence même du Mali en prenant en otage les 2/3 de son territoire tout en s’alliant à des groupuscules terroristes armés. Ils jouissent, à très bon titre, d’une mauvaise presse auprès de l’opinion publique malienne. Par contre, l’idée de voir un nordiste président de la République du Mali, parfaitement « malien », peu importe qu’il soit arabe, sonrai, tamacheq ou autre, pourrait séduire.  N’oublions pas que bon nombre de cadres maliens sont issus de notre grand nord dans toute sa diversité ethnique. Certes, comparaison n’est pas raison. Et si, un ex-rebelle avait des ambitions présidentielles, cela se saurait. Mais, la rébellion cherche plutôt la partition du pays qu’à s’emparer du pouvoir. Le Mali aura toujours essayé de faire revenir dans son giron ses brebis égarées avec des résultats toujours mitigés. D’autres reviennent, mais beaucoup qui avaient déserté les rangs ne reviennent plus et se mus en de véritables ennemis contre la République. Eux qui, hier, avaient la bouche dans le beurre et qui n’ont pas voulu le faire profiter à leurs frères et sœurs qui galéraient et qui galèrent toujours. Cependant, qui sait, d’où peut bien venir la solution providentielle à la crise malienne? Mais en attendant, les maliens, de Kayes à Kidal, peuvent toujours s’accrocher à cette fibre qui fit que nous fûmes alors que beaucoup n’étaient pas. Il s’agit du ciment de la Nation malienne en elle-même, fruit d’un brassage multiculturel depuis des temps immémoriaux. Le Malien d’aujourd’hui, est tantôt noir aux traits négroïdes, tantôt métis aux cheveux lisses et aux traits fins, tantôt blanc, avec des yeux couleur marron cachés derrière un turban bleu. La Nation malienne est le premier rempart contre toute velléité sécessionniste. Ahmed M. Thiam

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (40)

User
Mafia malienne
Mafia malienne 10 ans
Le mali n est pas le tchad de idriss Deby, si la France a réussi a imposé la minorité par des armes pendant plus de 25 ans dabs ka repression et grâce a l aide de certains généraux et occupé d une façon raciste et coloniale kidal et sa région grâce au même soutien de idriss deby,et sa milice. je vous rassure que cette option que certaines,chancellerie planifie dans la discrétion aura dans conséquence jusqu'à une guerre civile, ce projet ne sera jamais réaliser au mali, nous sommes vigilants, et nous faisons attentions a toutes ses manœuvres. Vigilant de la feuille route non officielle de ledrian et Hollande , vigilant des coup tordus de la minusma etc.....
Bamaké
Bamaké 10 ans
L’arrivée à Koulouba d’un ressortissant du nord " bon teint ", ne résoudra ni les problèmes du Nord ni les problèmes de l'ensemble du MALI. Mais au moins, s'il arrive à des Nordistes de reprendre les armes contre leurs compatriotes et contre l'ETAT Malien... ILs ne pourront plus se servir de l'argument selon lequel ils seraient discriminés par leurs compatriotes du Sud. En fait, les Maliens et les démocrates n'ont pas de crainte qu'un Nordiste Noir ou Blanc, devienne Président de la République du MALI. Quand un membre de la rébellion Touarègue dit avec amertume, qu'ils sont les seuls Blancs au monde à être gouvernés par des Noirs... Les Maliens et les démocrates peuvent légitimement redouter, que ce soit un suprémaciste Blanc qui représente les Communautés du Nord dans la conquête du fauteuil présidentiel. Si c'est le cas, on peut craindre que, une fois au pouvoir..., même quand il aura fait ses deux mandats, qu'il refuse de quitter à jamais le pouvoir, dans le meilleur des cas, il se ferait remplacer par quelqu'un de son entourage qui a les mêmes convictions politiques que lui... ? Si les Maliens et l'ensemble des démocrates arrivent à surmonter cette crainte, il n'y a pas d'obstacle à ce qu'un Nordiste devienne Président de la République du MALI. A la seule condition qu'il y parvienne par la voie de la démocratie et le suffrage universel de l'ensemble du Peuple Malien... !
Sarko
Sarko 10 ans
Ce n'est pas une question de teint ou de race mais de gouvernance. Le nouveau peut être plus rouge qu'un toaregue, s'il gère mal, le problème ne sera pas réglé
Nounluck13
Nounluck13 10 ans
CE n'est pas LA nomination d'un nordiste à Koulouba qui va subitement resourdre les problemes du nord.Le problème est fundamentalement politique.IL FAUT UNE SOLUTION POLITIQUE.
RINZ
RINZ 10 ans
Il faut se poser des questions.. Les solutions ne sont jamais simples ... Il y a bien une faille entre le Nord et le Sud comment la réduire ? Quelques commentaires impliquent la France ...pourquoi ? En france un Corse peut sans problèmes devenir président ..Quand aux Kanaks ils vont peut-être devenir indépendants .. Quand arrêterons nous d'aller chercher nos références en France et en occident ? Cela fait froid dans le dos de lire "Le Mali est un pays des Noirs" J’apprécie beaucoup cet article de Ahmed M.THIAM
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (111)
  • Nfp (73)
  • Kankan (58)
  • Sissoko (27)
  • Citoyen du monde (22)