Autorités intérimaires : Levée de boucliers contre un forcing politique

01 Avr 2016 - 00:31
Mis à jour: 11 ans
11
Autorités intérimaires : Levée de boucliers contre un forcing politique
Contre une loi pour des autorités intérimaires au Nord : L’opposition malienne tire la sonnette d’alarme
En dehors du gouvernement, personne ne semble vouloir des fameuses autorités de transition que les pouvoirs publics s’apprêtent à établir dans les régions du nord. Les enjeux de cette reforme offrant le pouvoir sur un plateau d’argent aux ex-rebelles sont importants. Les débats à l’Assemblée nationale hier n’ont pas trahi les promesses de tripatouillage de la loi portant code des collectivités territoriales pour l’adapter aux désidératas d’un pouvoir en manque de vision politique. Mais la gestion de cette question politique est un test de maturité démocratique.   Les débats à l’hémicycle n’ont pas trahi l’enjeu politique de la révision de la loi portant code des collectivités territoriales. La preuve (lire notre reportage ‘’Loi sur les autorités intérimaires/L’opposition boycotte, la majorité adopte’’) les députés ont failli en venir aux mains et le ministre Mohamed Ag Erlaf qui était là pour défendre le projet, a failli y laisser des plumes. Il n’y a pas eu de terrain d’entente sur le texte de loi autorisant la création des autorités intérimaires, l’opposition a décidé de ne pas mêler son nom au projet scélérat et a boycotté le vote en claquant la porte indignée. Pour les élus des régions du nord, le choix n’est pas facile, même pour ceux qui sont issus de la majorité présidentielle forte de plusieurs partis. Depuis février dernier, des élus du nord s’opposent avec toutes leurs forces à ces autorités transitoires. La diversité d’approche des députés au sujet de ce projet de loi initié par le ministre de l’Administration territoriale est une expression de la démocratie. Même si la loi entre dans le cadre de l’application de l’accord de paix signé à Alger, il est normal que les élus du nord toute tendance confondue regarde de près son contenu. En fait, les autorités transitoires offrent le pouvoir local à de nouveaux acteurs politiques, en l’occurrence les ex-rebelles de la CMA et les membres des milices locales réunis au sein de la Plateforme. Ces groupes armés prennent ainsi les territoires et le pouvoir politique au bout des armes, au risque de reléguer au second plan les autres acteurs politiques qui n’ont surtout jamais pris les armes contre l’Etat et les citoyens, commentent certains. Les autorités transitoires sont censées remplacer les maires en attendant les prochaines élections locales. Le texte contre lequel protestent l’opposition et les députés du nord fait la part belle aux groupes armés dans la composition des nouvelles instances de la gouvernance locale. Les élus qui seront remplacés sont impliqués, mais c’est l’administration et les groupes armés qui bénéficient du coup de pouvoirs importants. La levée de boucliers contre le forcing politique en faveur des groupes armés est en effet un débat. C’est la preuve que toutes les dispositions de l’accord d’Alger ne sont pas faciles à appliquer. Les partis politiques courent en effet le risque de perdre leurs bases acquises de hautes luttes électorales. Les parvenus auront la mainmise sur les affaires locales, pourront peser de tout leur poids lors des prochaines élections locales. Soumaila T. Diarra  

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (11)

User
Souleyemane Traore
Souleyemane Traore 11 ans
Cette disposition n est nullement prevu par la constitution malienne de 92 alors l opposition responsable est dans tous ces droits pour refuser de voter a l assemble nationnale mais etant donner que l ibk n avait meme pas associer l oppositon,la societe civile et tous les leaders religieux aux dialogues intra-maliens alors l installation des autoritees transitoires est inconstitutionnelle.
Abdramane Diomandé
Abdramane Diomandé 11 ans
Le gouvernement est en train de travaillé sur la mise en place dans le Nord des autorités de transition prévues par l’accord de paix. C’est l’accord de paix qui l’exige, donc pour le respect scrupuleux de l’accord le gouvernement est en pied d’œuvre pour la mise en place des autorités transitoires dans le nord Mali.
Le Véridique
Le Véridique 11 ans
Après la création des régions du nord il est tout à fait primordiale que des autorités intérimaires soit désigner avant les élections communales. Le régime au pouvoir fera tout sauf porter préjudice ou atteinte à la constitution de se État.
Justicier
Justicier 11 ans
Je pense que nous devrions accorder notre confiance et soutenir le gouvernement malien, nous sommes tous du même côté qui reste celui du bien de notre pays. Le gouvernement veut le bien être de notre pays, l’affaire de la mise en place des autorités intérimaires par le gouvernement va directement dans les intérêts primordiale de notre pays.
News Malians
News Malians 11 ans
Ce dont l’opposition fait semblant d’ignorer est qu’il est tout à primordiale que c’est autorités intérimaires soit mise en fonction pour tout d’abord dans les intérêts de la population civile. Ce projet de loi sur les autorités ne signifie en aucun cas une possible répartition de notre pays.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (113)
  • Nfp (70)
  • Kankan (60)
  • Sissoko (28)
  • Citoyen du monde (23)