Chronique du vendredi : Dr Bigot et l’autopsie de la classe politique malienne

27 Juil 2012 - 09:15
Mis à jour: 14 ans
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Laurent Bigot, responsable Afrique de l’Ouest au Quai d’Orsay prévient qu’il parle en son seul nom et pas en tant qu’officiel français. Et sans jeu de mots, le moins qu’on puisse dire est que le diplomate atypique ne donne pas dans la bigoterie. Arrêts sur certains de ses propos sur la crise malienne après le putsch du 22 mars et la chute des deux-tiers du territoire entre les mains de groupes armés : «seule la façade est tombée et les déterminants de la crise étaient là depuis longtemps: corruption impliquant toutes les sphères, au plus haut niveau, jusqu’au palais présidentiel de Koulouba ».  Sur la classe politique, la charge est assourdissante : « le discours de la classe politique malienne est pathétique! Pas un homme ne sort du lot ». Et d’appeler à la rescousse « un conseiller de Blaise Compaoré » qui lui disait, assure  t-il : « Le Mali peut s’effondrer, pourvu que Bamako reste, et ils vont tous se battre pour des parcelles de pouvoir à Bamako ». [caption id="attachment_78626" align="alignleft" width="254"] Adam Thiam (journal Le Républicain)[/caption] Une puce à l’oreille de Dioncounda Traoré qui arrive pour essayer la formule du gouvernement d’union nationale ouvert à la classe politique et ce dans le but de juguler ce qu’on appelle la crise au Sud ? Une façon de dire que la potion du président intérimaire pourrait ouvrir une troisième crise sur fonds de Nord toujours occupé, de transition éternisée et d’élections impossibles ? Les propos du diplomate sont toujours très lourds d’implications. Et ne sont pas tous frappés au coin du bon sens car s’agissant de la crise électorale de 2002, l’ossature de l’argumentation du cartésien que paraît être Bigot, il a omis d’intégrer que Soumaila Cissé a eu plus de voix annulées qu’Ibk qui était selon lui le vainqueur écarté au nom de la cooptation au profit d’Att. Il reste vrai que valider un scrutin après avoir annulé plus de voix que celui du premier est troublant. Et il est indiscutable que les dix-sept types de fraudes recensés par les juges à l’époque en disent long sur la perversion du processus électoral local. Le plus curieux cependant  c’est qu’aucune voix politique ne s’est élevée du Mali pour répondre au diplomate qui, malgré quelques  vérités crues  ne se distance pas de schémas et clichés nihilistes toujours très insultants pour l’Afrique et plaçant l’occident dans la position de supériorité morale que l’orateur français pourfend pourtant. Le clientélisme, les passe-droit, l’opacité de l’administration publique et la garantie d’impunité participent, c’est évident, à la dérive  du politique africain. Mais tout cela est un avatar de l’héritage jacobin et de ce point de vue,  non seulement bien des politiques français sentent le soufre mais il est reconnu que le système de surveillance des gouvernants en Hexagone est totalement indigent par rapport à son homologue scandinave par exemple. Et puis il y a les silences éloquents de Bigot qui traduisent soit un manque de courage soit une naïveté disqualifiante. Car il ne pipe mot du paiement des rançons contre la libération d’otages français en comparaison à la doctrine anglo-saxonne. Le Britannique Edwin Dyer est mort non pas parce que la reine est radine mais à cause du souci de ne pas fragiliser la sécurité collective en renforçant  les moyens du terrorisme. Autre esquive du diplomate : sa lecture de la question Mnla et l’épouvantail d’affrontements intercommunautaires pouvant découler d’un traitement non adéquat  -non français alors ?- de cette carte. Bigot a parlé et dépeint notre pays dans des termes qui font froid dans le dos. Ceux qu’ils mitraillent à bout portant font les morts. Mais toute l’Afrique francophone a visionné l’élément et entendu un procès repris par la rue. A Bamako comme à Ouaga, la capitale d’un pays qu’il traite « d’élément perturbateur dans la médiation qui a aggravé la crise malienne ». Un Etat burkinabé qui sera le prochain à s’effondrer  parce qu’il  « n’y a pas d’armée, pas de classe politique » et que sa société civile est « plus ou moins organisée » que son économie  est «  en coupe réglée par le clan présidentiel ». Avec son corollaire ; une corruption qui « dépasse l’entendement » et « une implication dans les trafics de la sous-région jusqu’au proche entourage du président». Bigot dixit. Quand ceux qui doivent être ses contradicteurs font le dos rond. Adam Thiam

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Commentaires (73)

User
Kondio
Kondio 14 ans
Bigot est un âne. Un pervers qui oublie que c'est son pays qui fait sa loi en Afrique, tolérant ou châtiant le mal qu'on fait à nos peuples, au gré et à l'aune des intérêts français ou européens. C'est en voulant sauver des européens qu'ATT a côtoyé AQMI comme le fait Blaise aujourd'hui. Quelques gouttes de sang d'africains, quelques larmes d'enfants africains, rien que pour faire sourire une famille éprouvée de l'autre côté de la Méditerranée et dont le frère ou la soeur est retenu en otage. Détruisons nous, entretuons nous dépeçons nous et dévorons nous entre nous jusqu'au dernier que ça n'émeuve personne dans le pays de Bigot. Et tout ce qu'il a dit en ce moment précis de crise, c'est bien pour davantage nous diviser!
koron douga
koron douga 14 ans
Voilà pourquoi nos pays en Afrique n'iront jamais de l'avant.Tout le monde voit la réalité, mais personne n'a le courage de dire la vérité.Vous voyez ce pseudo intellectuel qui prétend faire l'avocat du diable.Pour une fois que nous avons un diplomate qui n'a pas sa langue dans sa poche, Monsieur Thiam trouve que les politiciens font le mort, alors que lui est tout simplement ridicule dans son plaidoyer. Chirac avait dit en son temps que "le multipartisme était un luxe pour l'Afrique"ce sont ces mêmes pseudos intello autoproclamés qui ont "crié haro sur le baudet" comme on dit.GMT avait dit que le multipartisme n’était pas une "camisole de force", tout le monde connait le sort qu'il a eu dans ce pays. Récemment Aminata Dramane a soutenu avec brio une thèse semblable sur le mauvais "modèle qu'on nous a proposé", elle fut soit ignorée, soit vilipendée toujours par ces pseudos intellos autoproclamés; "gros foulards" disaient-ils!Mais qu'est-ce qu'ils nous veulent encore ces gens là? Mais nous savons, c'est le matériel(l'argent).Mais vous osez vous comparer aux intellos de l'occident! Eux c'est les idées d'abord, le matériel vient après, mais avec vous c'est le contraire, les prébendes!"Allah té dji to nônô là":lol
yacou
yacou 14 ans
Moi j'ai l'impression que les maliens veulent une chose et son contraire: avoir des institutions solides capables de bouter hors du pays ses bandits envahisseurs du nord et pour ce faire, refuser l'aide internationale de la CEDEAO par laquelle passent l'aide de l'union africaine et celle des nations unies, pour ne pas dire l'aide des pays capables de libérer le nord du Mali. Malien, soyez humbles. Vous n'avez pas pu empêcher l'envahissement du Nord, vous ne pourrez par le libérer sans une forte aide internationale légitime du point de vue du droit international. Accepter l'aide de la CEDEAO et autres, et mettez vous en rang serré pour aller libérer le nord au lieu de vous entredéchirer pour des futilités. En toute humilité, il faut savoir que dans le contexte internationale actuel, aucun pays, même s'il s'appelle le Mali avec une grande Histoire, ne peut lutter seul contre les terroristes du MNLA et AQMIS - aidés par je ne sais quelle puissances occultes-, même s'il est surarmé. Mettez vous debout comme Soudiata se mit debout sur sa canne qu’on a bien voulu lui donner, acceptez l'aide de la CEDEAO, et finissez la libération du Nord. Du fond de mon cœur, il s'agit au premier chef d'un problème africain, et non pas uniquement d’un problème malien. Nous tous africains, nous nous sentons meurtris par ce triste sort qui remet en cause nos espoirs d'une Afrique forte capable de marcher comme les autres et non pas une Afrique condamner à quémander chaque jour de l'aide. Le temps de la vérité sur les tenants et les aboutissants de cette ouvre cynique au nord du Mali arrivera bientôt quant les uns et les autres seront rattrapés par leurs propres histoires. En attendant, le Mali doit de nouveau se lever et se mettre sur ses deux pieds pour que l’Afrique toute entière continue à espérer.
komotigui
komotigui 14 ans
ferme t'a guele THIAM si tu n'a rien a dire TRAITRE
TrBarou
TrBarou 14 ans
Mr. Thiam, vous aussi journaliste vous avez failli a votre devoir et votre role pour la decadence democratie malienne qui est d'informer. Pourquoi vous n'aviez pas reagi quand Alpha organisait sa crime democratique contre le peuple malien en toute impunite? Alors, le journalisme malien a t il mur pour informer dans une democratie plus ou moins reel?
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