Chronique du vendredi : La troisième crise : ses prémices et ses parades

10 Août 2012 - 01:55
Mis à jour: 14 ans
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Tous les signes caractéristiques des pays en crise se retrouvent chez nous : solutions porteuses de plus de problèmes, escalades, rebondissements, radicalisations, fausses convalescences,  manichéismes. Car loin de la clémence physique de ce mois d’août, le mercure politique est brusquement remonté autour de la question du gouvernement d’union nationale exigé par la Cedeao et que les protagonistes approchent différemment. [caption id="attachment_49332" align="alignleft" width="150"] Adam Thiam (Le Républicain)[/caption] A quelques heures du retour au pays du président intérimaire après deux mois d’absence dans les circonstances que l’on sait, le Fdr a cru devoir réclamer également la tête du Premier ministre. Pour celui-ci, pas de problème d’ouvrir  le gouvernement dans une certaine mesure mais hors de question de rendre le tablier et ce, précise t-il en vertu  de l’accord-cadre.  Bienvenue à Dioncounda Traoré : depuis son retour, le martyr du 21 mai a des allures de messie certes mais sa grâce sera courte. Bienvenue à la surenchère aussi : le  fougueux Yerewolo ton veut sa tête en lieu et place de celle de Cheikh Modibo Diarra, à travers une marche peu mobilisatrice et fortement réprimée par les forces de l’ordre. Dans le même temps, la Csm et la Copam viennent à la rescousse du Premier ministre. Ils s’opposent d’abord au départ de celui-ci.  Pour eux, l’urgence ce sont les concertations nationales pour paramétrer la transition, à la lumière notamment des propositions d’institutions  faites par Dioncounda Traoré du haut d’un message à la nation dont on peut percevoir qu’il cherchait autant à rassembler qu’à siffler la fin de la récréation. On entend voler une mouche. Et les coups aussi pour bientôt?  Jusqu’à présent, le débat est civilisé malgré une tension perceptible. Mais puisque la caractéristique d’un pays en crise réside dans le rebondissement et que nous sommes un pays en crise, il ne faut pas se voiler la face, nous avons désormais une donne Cheick Modibo Diarra qui, pour des milieux, bénéficie de la caution populaire. Dans quelle proportion et jusqu’où ? Le drame est qu’en l’absence inexplicable de méthodes cognitives comme les études et les sondages, seule la conjecture sert de balise. Avec ses limites : les défis de la profondeur et de la représentativité. Mais  outre qu’il est perçu comme un homme neuf, -cela donne toujours une grâce- le Premier ministre était précédé par une enviable réputation de scientifique. C’est d’ailleurs, pour une large part, ce qui explique sa nomination ainsi que son adoubement par le pays. Imaginons seulement le Pr Luc Montagnier proposé Premier ministre de France !  Une crise inévitable donc, alors que l’exigence de gouvernement consensuel est justifié par le besoin  d’une plus grande appropriation de l’action gouvernementale? Les crises ont aussi un effet grossissant, il faut le reconnaitre. Mais Dioncounda Traoré qui est à la manœuvre va certainement se laisser guider par les certitudes plutôt que par les aléas et les états d’âme. La transition, justement, nous rend prisonnier des synthèses et des compromis. Le président est d’autant plus à l’aise sur ce terrain qu’il n’a pas brûlé ses vaisseaux par des propos publics. On ne peut pas dire autant du chef de gouvernement. On est cependant en Afrique où le cousinage à plaisanterie permet de désamorcer même le plus alarmant des casus belli. Il peut en tout cas nous épargner une troisième crise. Concrètement, Diarra cède et Traoré concède. Adam Thiam

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Commentaires (27)

User
Kinguiranke
Kinguiranke 14 ans
Coco j'espere que ce cousinage qui a ete use et utilise par ATT pour detruire notre pays s'arrete un jour, nous disons a Thiam que nous ne sommes pas aux moments de blagues ignobles du Sinangouya.
Guezo
Guezo 14 ans
C est super Adam Merci
super11
super11 14 ans
merci adam qui vivra verra.
Rebel 14 ans
<i>"Imaginons seulement le Pr Luc Montagnier proposé Premier ministre de France !" </i> monsieur le journaliste, le Pr Montagnier est une toute autre pointure, qui a surtout fait les preuves de sa "science infuse". il n'a donc rien avoir avec ceux-la qui jouent la surenchère médiatique au nom d'une certaine science, et figurez-vous par imposture... en observant bien, vous remarquerez aisément que les vrais scientifiques n'ont pas le temps de la politique (et surtout pas celle politicienne)... pour les mobilisations au besoin, leurs exploits font le job à leur place. alors, c'est bien clair qu'on peut être <i>"précédé par une enviable réputation de scientifique" </i>sans vraiment l’être...
COCO
COCO 14 ans
...........oui mais , comme on est au pays du "cousinage à plaisanterie" , on ne voit pas pourquoi on ne vérifierait pas le théorème de CMD , du seul fait qu'il a été patron de bibliothèque ,interplanétairement parlant , s'entend ! ...... :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
foudkg
foudkg 14 ans
salut Rebel ,çà devient trés rare de te croiser ici :wink:
darou
darou 14 ans
Les propos de Cheick Modibo DIARRA offrent un excellent éclairage sur le pouvoir de nuisance, conscient ou inconscient, passif ou actif qui, dans les prochains mois, pourraient découler du regard paternaliste et éculé que continuent de porter certains militants et sympathisants de la deuxième République sur le Mali qui n’a cessé de faire l’expérience de radicales mutations au cours des deux dernières décennies. Les propos tenus lors de son intervention montrent, comment Cheick Modibo DIARRA, pris en otage par l’idéologie de la deuxième République, prétend apporter un éclairage sur des réalités dont il ignore presque tout. A ses yeux, on ne peut parler du Mali qu’en suivant, en sens inverse, le chemin du sens et de la raison, peu importe que cela se fasse dans un cadre où chaque mot prononcé l’est dans un contexte d’ignorance. D’où la tendance à saturer les mots, à recourir à une sorte de pléthore verbale, à procéder par la suffocation des images – toutes choses qui octroient à ces propos leur caractère heurté, bégayant abrupt et amateur. J’ai en effet beau faire la part des choses, dans sa longue intervention, je ne trouve d’invitation à l’échange et au dialogue que rhétorique. Derrière les mots se cachent surtout des injonctions, des prescriptions, des appels au silence, voire à la censure, une insupportable suffisance dont, je l’imagine, ne peut faire preuve qu’un homme entré en collusion avec les idéologues de la deuxième République. Cheick Modibo DIARRA reprend à son compte cette technique aussi bien que l’essentiel des thèses des idéologues de la de la deuxième République. Dès lors, comment s’étonner qu’au bout du compte, sa définition du Mali et des cadres et acteurs de la Révolution de Mars 1991soit une définition purement négative ? En effet, les acteurs de Mars 1991 sont surtout reconnaissables soit par ce qu’ils n’ont pas, ce qu’ils ne sont pas ou ce qu’ils ne sont jamais parvenus à accomplir. Ses propos se déroulent donc dans une béatifique volonté d’ignorance de son objet. Je ne m’explique guère comment, on peut encore, aujourd’hui, parler du Mali en des termes aussi peu intelligents. Mais à qui fera-t-on croire qu’il n’existe pas de responsabilité morale pour des actes perpétrés par le régime de la deuxième République tout au long de son existence ? À qui fera-t-on croire que pour créer un monde humain, il faut évacuer la morale et l’éthique par la fenêtre puisque dans ce monde, il n’existe ni justice des plaintes, ni justice des causes ? Afin de dédouaner un système inique tel le régime de la deuxième République, la tentation est aujourd’hui de réécrire l’histoire du Mali et de ses hommes. On prétend s’autoriser, comme dans les propos de Cheick Modibo DIARA, d’une sincérité intime, d’une authenticité de départ, afin de mieux trouver des alibis - auxquels on est les seuls à croire – à un régime cruel, abjecte et infâme. Il faut être cohérent et cesser de tenir à propos du Mali des propos à géométrie variable, certains pour la consommation interne et d’autres pour l’exportation. Qui convaincra-t-on en effet de sa bonne foi si, en sous-main des proclamations de sincérité telles que celles du vendredi dernier, on tient des propos populistes et démagogiques et aussi l’on cherche à dédouaner le régime de la deuxième République.
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