IBK : La Croisade contre la corruption au sein de la justice

24 Sept 2013 - 03:20
Mis à jour: 13 ans
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Attendu par les observateurs, le discours du 22 septembre prononcé par le Président de la République IBK, fraîchement investi dans ses fonctions à l’issue de deux cérémonies tenues à deux semaines d’intervalle, n’aura finalement pas déçu. En effet, l’adresse du nouveau Président tranche d’avec celle des précédents locataires de Koulouba tant dans la forme que dans le fond.     IBK-0Marqué par une très grande concision, le message adressé à la Nation à l’occasion du 53ème anniversaire de l’accession du Mali à l’indépendance se distingue aussi dans le style. Oscillant entre la profession de foi et le serment, il se décline très souvent à la première personne comme pour clamer à la face du monde que désormais le bateau Mali a un capitaine. Le ton déterminé et volontariste adopté dénote également avec celui singulièrement blasé et presque mécanique qu’affectionnaient ses illustres devanciers.     Sur le fond,  le Président de la République, plutôt que de dresser le traditionnel état de la Nation à travers l’énumération des réalisations de l’année écoulée, a préféré s’appesantir une nouvelle fois sur les axes prioritaires de l’action qu’il entend mener à la tête du pays durant son mandat. Un accent particulier a été mis sur le rôle de l’institution judiciaire dans la construction du Mali nouveau et dans le combat pour la bonne gouvernance, en sus  des thèmes phares de campagne du candidat qu’ont été la réconciliation nationale, le développement des régions du Nord, la relance de l’activité économique et la restauration de l’autorité de l’Etat.     La nécessité d’un appareil judiciaire assaini et débarrassé de la corruption apparaît en réalité, depuis le 4 septembre, date  de son  investiture officielle par la Cour suprême, comme un véritable leitmotiv pour le président élu. Pointant du doigt la corruption et les abus commis au nom de la Justice, IBK a semblé lancer, à travers son discours prononcé le 21 septembre, une véritable croisade contre la corruption des juges lorsqu’il a affirmé qu’« il en sera fini des procès monnayés dans les bureaux de juges oublieux de l’éthique. Nous stopperons le délitement de l’appareil judiciaire, seul contre - pouvoir sûr dans les démocraties représentatives ». Vaste programme.     La question qui se pose est celle de savoir quels sont les moyens que le Président entend se donner pour juguler la corruption dans l’appareil judiciaire et créer les conditions de la restauration de l’Etat de droit dont les  principaux fossoyeurs sont souvent dans notre pays paradoxalement ceux qui ont la charge de dire le droit.     Sous cet angle, il importe de souligner à l’actif d’IBK le fait d’avoir et ce, dès la formation de l’équipe de Oumar Tatam Ly, hissé le Ministre de la Justice au rang de quasi - vice Premier Ministre dans l’ordre de préséance arrêté pour les membres du gouvernement. Cette décision, qui constitue une première depuis l’avènement de la 3ème République, est sans aucun doute un indicateur de la volonté du Président d’accorder à la Justice toute l’attention que son état actuel requiert. On notera également le fait que le choix du Président a été porté sur Mohamed Ali Bathily, l’un de ses fidèles, pour diriger le ministère de la Justice.     On peut, au regard de ces actes, créditer le président élu de la volonté politique d’agir afin que l’institution judiciaire soit véritablement à la hauteur de ses missions républicaines. Celles auxquelles elle n’aurait jamais dû tourner le dos, et dont le respect aurait certainement été un rempart puissant contre le discrédit frappant depuis longtemps au Mali l’Etat et ses institutions. Mais pour éradiquer la corruption au sein de l’appareil judiciaire, il faudra au président bien plus que d’agir sur les questions de préséance au sein du gouvernement ou de nommer au Ministère de la Justice un fidèle doublé d’un fin connaisseur des rouages de l’appareil judiciaire malien.     Il convient de rappeler à cet égard que la problématique de la lutte contre la corruption au sein de la Justice est une question récurrente pour les présidents qui se sont succédé au Mali depuis une vingtaine d’années, et que le Mali a initié depuis la fin des années 90 un programme de réforme de la Justice dont les résultats doivent être sérieusement évalués. Le PRODEJ, puisqu’il faut l’appeler par son nom, avait été adopté pour optimiser les performances de l’appareil judiciaire et permettre une meilleure distribution de la Justice à travers l’amélioration des ressources humaines du secteur, celle du cadre et des conditions de travail des acteurs, et aussi à travers la lutte contre la corruption au sein de l’appareil judiciaire. Un diagnostic pointu des causes de la persistance de la mauvaise distribution de la Justice et de la corruption dans notre pays s’impose afin qu’une action systémique soit entreprise pour guérir nos tribunaux et cours des maux qui les gangrènent et pour redonner le sens du service public à ceux qui ont la charge de les animer.     Cette action exige qu’au niveau de l’Etat il y ait une véritable mobilisation pour relever le défi, et que sans tarder, comme cela se fait dans d’autres pays, les lois en vigueur soient appliquées sans faiblesses pour sanctionner les juges véreux, convaincus d’abus ou de corruption.     L’application rigoureuse de la loi sur la corruption, qui devra être égale pour tous, apparaît comme une piste de réflexion et d’action pour les nouvelles autorités.  Les nécessités de la lutte contre la corruption et l’immunité au sein de la Justice pourrait exiger également que le Président de la République initie une reforme législative pour traquer efficacement les brebis galeuses au sein de l’appareil judiciaire, celles dont la vénalité et les abus éclaboussent l’écrasante majorité des agents du secteur  qui font honnêtement leur travail.     Le Président IBK s’engagera t-il dans cette voie ? Les jours et les semaines à venir édifieront sur sa capacité et sa persévérance à l’emprunter, d’autant qu’il s’agit là sans aucun doute de l’une des tâches les plus ardues auxquelles le Gouvernement devra s’attaquer. En s’abstenant d’agir, le nouveau pouvoir ne tardera pas à s’aliéner le soutien de l’écrasante majorité des citoyens qui ont vu en l’élection de l’ancien président de l’Assemblée nationaleune chance pour un véritable renouveau du service public et pour l’émergence de nouveaux comportements au sein de l’Administration en général.   Birama FALL

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Commentaires (14)

User
louise
louise 13 ans
la vraie,révoltante corruption au Mali est celle de la justice. cette corruption est la plus grave car donnant toujours raison à celui qui a les sous. C'est vraiment repugnant et elle déplait à dieu.Les magistrats sont des supra-maliens, ils ne peuvent points être critiqués à travers des sketchs à la télé.
Sancuiq
Sancuiq 13 ans
Franchement le griotisme est devenu le propre des maliens. La justice!!!!!!!!! Six ans premier ministre, pas de justice§§§§§ Cinq ans président de l'A.N. pas de justice!!!!!!!!!! Déclaration de biens??????????? non pour le premier magistrat!!!!!!!!! L'argent des soldats maliens en Serra-Leonne!!!!!!!!!!!!! La justice commence quand le prince est là !!!!!!!!!!!!! Le prince c'est la justice:::::::::::::: enfin c'est dieu!!!!!!!!!! Maliens vous allez vomir les sous que vous avez pris avec le prince pour aller voter, il les réclame. A vos marques près!!! et partez////////////////////
lion noir
lion noir 13 ans
Certains magistrats du pays ne méritent pas leurs places dans ce grand Mali et constituent par conséquent des obstacles aux développements Nationales. Je vais citer ici, le Magistrat communément appelé MIKI de la commune VI de Bamako et le jeune Substitut Maiga du procureur de la commune IV de Bamako. Je vous avoue que, voila deux phénomènes de la justice malienne, qui méritent vraiment la poubelle. Il serait vraiment souhaitable, sans tarder, comme cela se fait dans certains pays civilisés, que les lois en vigueur soient appliquées pour sanctionner ces juges véreux, malhonnêtes, convaincus d’abus ou de corruption. Vive le Mali, vive la démocratie, vive IBK. Que le tout puissant nous bénisse.
Cool
Cool 13 ans
Mon cher vius etes un menteur il y a pas de Maiga substitut en CIV, donc faites gaffe
ftuya
ftuya 13 ans
France Quand l’ambassadeur du Mali vole ses employés Un montage financier hasardeux aurait-il permis au chef de la diplomatie malienne à Paris de détourner l’argent de certains de ses employés ? Les faits semblent le corroborer. Enquête. Tout est parti de la lettre de la Banque Malienne de Solidarité (BMS S.A.) en date du 15 avril 2013 adressée à trois employés du Consulat du Mali en France leur expliquant qu’ils sont en retard de plusieurs mensualités sur le remboursement de leurs créances. Ces crédits avaient été contractés pour l’achat des maisons de la Sopromac-Immobilière S.A. sous la garantie de l’ambassadeur du Mali à Paris, Boubacar Sidiki Touré. Dans sa missive, la banque indique : « Veuillez noter que nous allons procéder au déclassement de votre créance dans nos livres et nous n’avons d’autre choix que d’engager les actions de recouvrement, soit à l’amiable ce que nous souhaitons pour éviter des frais de recouvrement forcé ou à défaut, par voie judiciaire avec une majoration de 25% du montant de la créance conformément à la lettre de notification du prêt que vous avez signé » Incompréhension, stupéfaction, incertitude… Les trois agents Ibrahima Katilé (régisseur adjoint), Mme Mariam Tangara (secrétaire) et Salah Dicko (informaticien) n’en revenaient pas. D’autant plus que tous les mois depuis le 28 juillet 2011 leurs salaires sont délestés de 373 euros (254 000 FCFA), sans justificatifs, pour le remboursement des crédits contractés auprès de la BMS S.A. Aveu de culpabilité En effet, après avoir assuré le versement des premières mensualités à la BMS SA, l’ambassadeur qui retient les prélèvements à la source sur les salaires aurait gardé les sommes par devers lui, soit l’équivalent de 7 000 euros (4, 5 millions de francs CFA) par agents, malgré les divers relances et avertissements de l’institution financière. En déclassant leurs crédits, la banque réclame aux agents concernés le remboursement immédiat de la somme de 25 951 677 FCFA, à défaut la transmission de leurs dossiers aux autorités judicaires. Abasourdis par cette situation, les agents consulaires ont demandé à voir l’ambassadeur pour des explications. La rencontre qui a eu lieu le 19 juillet 2013, fut tout sauf cordiale. Boubacar Sidiki Touré qui n’a presque laissé personne parler a tout assumé non sans accuser ses services comptables de n’avoir pas fait le travail. Pour lui, l’argent qui n’a pas été versé à la BMS SA se trouve bel et bien à l’Ambassade, mais dans un compte. Il a promis dès le lendemain de faire un chèque à la banque pour régler définitivement cette affaire qui concerne aussi d’autres agents au niveau de l’Ambassade. Notamment Baya Sylla (chauffeur) et Mme Fatim Diawara (ex-agent consulaire actuellement à l’Unesco). Les sommes détournées seraient de 47 000 euros. Le chef de la diplomatie malienne à Paris ne fera rien malgré sa promesse ferme. La situation est restée bloquée. Le 30 août dernier, les agents consulaires ont été obligés de lui rappeler ses propos dans une correspondance dont la teneur est sans équivoque. « Nous venons par la présente lettre, demander la restitution des sommes correspondantes aux échéances retenues sur nos salaires, mais qui n’ont pas été versées à la BMS SA… Suite à notre rencontre du vendredi 19 juillet 2013 à 11h00, heure française, vous nous avez informé de la disponibilité dans vos comptes du montant des échéances en question. Et la responsabilité incomberait à vos services, qui n’ont pas assuré les versements réguliers des sommes retenues pour honorer les contrats de crédit immobilier auprès de la BMS SA », écrivent-ils. Selon nos informations, la situation n’est pas aussi simple qu’il y parait. L’ambassadeur serait à couteaux tirés avec son comptable Ibrahima Tandia sur la gestion du compte qui est censé abriter les sommes détournées. L’agent comptable ne comprends pas pourquoi des sommes destinées à la BMS SA dans le cadre de la gestion des crédits privés se sont retrouvés dans les comptes de l’Etat malien. Et pour cette raison il refuse d’apposer sa signature sur tout chèque qui servirait à sortir de l’argent des caisses de l’Etat pour des motifs inavoués. Imbroglio financier Pour comprendre l’imbroglio financier dans lequel ces agents sont empêtrés, il faut remonter à l’année 2010. Dans la ferveur de la cession des logements sociaux au Mali, les agents consulaires avaient démarché l’ambassadeur Boubacar Sidiki Touré pour en bénéficier. Profitant de l’occasion ce dernier leur a expliqué que les critères d’attribution des logements sociaux sont beaucoup plus contraignants et que par contre il peut les amener des promoteurs immobiliers à des conditions plus avantageuses. C’est ainsi que sans appel d’offres ou autre forme de concurrence des contrats individuels furent signés le 11 octobre 2010 entre la Sopromac-Immobilière-SA et une trentaine d’agents de l’Ambassade et du Consulat. Selon les termes de l’accord, la Sopromac-Immobilière SA s’engage à construire des log
nonalinertie
nonalinertie 13 ans
De beaux discours, des voeux pîeux, des envolées lyriques... Mais à quand la déclaration des biens du Président et de ses Ministres ? (Articles 37 et 57 de la Constitution). ET SURTOUT A QUAND CETTE DECLARATION QUAND ILS QUITTERONT LEUR FONCTION ET QUEL INSTRUMENT POUR VERIFIER LA VERACITE DE LEURS DECLARATIONS ? A QUAND LE JUGEMENT EN DIRECT DES PRESUMES DETOURNEMENTS DE BIENS PUBLICS ? C’EST DROLE, CES DROITS DE L’HOMME QUI CACHENT LA FACE DES VOLEURS DE DROIT COMMUN. ET DE FACON GENERALE, A QUAND LA COHERENCE ENTRE LES DECLARATIONS VEHEMENTES, LES PROFESSIONS DE FOI, LES VŒUX PIEUX ET LES ACTES POSES ?
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