Gestion transparente de l’Etat : Accentuer les efforts en cours
En dépit des avancées en matière de bonne gouvernance, passant notamment par le système de digitalisation de certaines administrations, l’Etat malien écope encore du « peut mieux faire »
Le Mali est très mal classé en matière de transparence dans la gestion des affaires publiques. Ce qui fait bondir certaines organisations de la société civile, dont le Réseau des associations maliennes de lutte contre la corruption et la délinquance financière (RAMLCDF), qui vient d’interpeler le chef de l’Etat, le Général d’Armée Assimi Goïta.
C’est dans un communiqué du 30 mars 2026, que les acteurs majeurs rassemblés au sein du RAMLCDF ont attiré l’attention sur le mauvais classement du Mali par l’ONG Transparency International.
Pour le président du RAMLCDF, Moussa Ousmane Touré, l’organisation internationale de promotion de la bonne gouvernance a classé le Mali en mauvaise posture, en 2025. « Le Mali a un score de 28 sur 100, se classant 136ème sur 182 pays. …»
Pour des acteurs de la société civile, qui suivent cet indice de transparence dans la gestion publique, depuis sa création en décembre 2021, il y a une dégradation continue de la situation du Mali.
D’autres voix s’élèvent pour relever que depuis 2012, le Mali stagne au plan de la transparence administrative, oscillant entre la 95ème et la 136ème place, et entre la 28ème et la 35ème sur 100. « Après une lueur d’espoir en 2015, où il s’est classé 95ème sur 168 et a obtenu un score de 35, le déclin se confirme à la fois dans le résultat et dans le classement, soit, une baisse de 7 points et de 41 places en dix ans », lit-on dans le communiqué.
Cette situation s’explique, soulignent les experts, notamment par : «un affaiblissement de l’État de droit et de l’indépendance de la justice ; une corruption perçue comme structurelle et systémique ; une qualité démocratique en recul ; un espace civique sous pression et des mécanismes de contrôle fragilisés.
Le document signale aussi « des impacts directs sur les services publics et les populations les plus vulnérables ».
Par ailleurs, les données internationales font également cas d’une «tendance à l’autocratisation, plaçant le Mali parmi les autocraties électorales, avec des risques accrus pour la liberté des médias, la participation citoyenne et la redevabilité publique ».
En clair, les experts en gouvernance estiment que les autorités doivent accentuer les efforts en vue d’améliorer la gestion des finances publiques à travers leur assainissement. Ils recommandent alors que l’Etat renforce l’indépendance de la justice et celle des institutions de contrôle ; de garantir l’accès à l’information publique ; la protection des lanceurs d’alerte ; le renforcement de la transparence des marchés publics et du secteur extractif.
Sans oublier la nécessité de préserver l’espace civique et la liberté des médias ; assurer la cohérence entre engagements publics et actions concrètes.
En clair, il s’agit d’un véritable appel adressé aux plus hautes autorités à poursuivre les efforts, pour créer les conditions de gestion de plus en plus transparentes des affaires publiques.
Boubou SIDIBE/maliweb.net