GOONGA TA : Anéfis : l'initiative des FAMa prépare le retour de l'État

La reprise de l'initiative à Anéfis et la sécurisation de ses principaux axes d'accès par les Forces armées maliennes (FAMa) constituent un tournant important dans la dynamique des opérations menées dans le nord du Mali.

17 Juil 2026 - 02:18
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GOONGA TA : Anéfis : l'initiative des FAMa prépare le retour de l'État

Au-delà de sa portée tactique, cette opération traduit une volonté affirmée de reprendre l'initiative face aux groupes armés et de rétablir progressivement la présence de l'État dans une zone dont le contrôle revêt une importance stratégique majeure. Il s'agit d'une victoire importante des FAMa, reconnue par l'adversaire et, fait suffisamment rare pour être souligné, relayée jusque dans certains médias internationaux habituellement critiques.

Cette victoire est d'autant plus significative qu'Anéfis occupe, depuis de nombreuses années, une position essentielle sur les axes reliant plusieurs localités du Nord. Or, celui qui maîtrise ces voies de communication contrôle non seulement les mouvements militaires, mais aussi les échanges économiques, l'acheminement de l'aide humanitaire, la mobilité des populations et, surtout, la liberté de manœuvre des groupes armés terroristes. L'histoire militaire enseigne qu'un territoire ne se mesure pas seulement à sa superficie ; il se juge également à la maîtrise de ses routes, de ses carrefours et de ses centres logistiques. Le grand stratège chinois de l'Antiquité, Sun Tzu, écrivait dans L'Art de la guerre que "celui qui occupe le terrain le premier et attend son adversaire est en position de force". Cette maxime conserve aujourd'hui toute sa pertinence. Dans les conflits asymétriques, l'initiative ne repose pas uniquement sur la puissance de feu ; elle dépend de la capacité à anticiper, à recueillir le renseignement, à désorganiser l'adversaire et à l'empêcher de choisir le moment et le lieu de l'affrontement.

En reprenant Anéfis après plusieurs jours d'engagements, les FAMa démontrent que subir l'initiative de l'ennemi n'est jamais une fatalité. Le général prussien et théoricien militaire Carl von Clausewitz rappelait que "la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens". Cette formule, souvent citée mais parfois mal comprise, rappelle que l'action militaire ne constitue jamais une fin en soi. Son objectif ultime est de créer les conditions du retour de la sécurité, de l'autorité de l'État et de la stabilité. C'est précisément dans cette perspective que s'inscrit, selon moi, l'opération conduite par les FAMa à Anéfis.

Depuis plus d'une décennie, le Mali est confronté à une menace multidimensionnelle mêlant terrorisme, criminalité organisée, trafics transfrontaliers et violences communautaires. Dans ce contexte particulièrement complexe, les FAMa ont progressivement renforcé leurs capacités opérationnelles et font preuve d'une grande détermination. À ce propos, le maréchal de France Ferdinand Foch, l'un des principaux artisans de la victoire alliée lors de la Première Guerre mondiale, affirmait que "la volonté de vaincre est la première condition de la victoire". Cependant, cette volonté ne se résume pas au seul courage des combattants ; elle repose également sur la qualité du commandement, la discipline, la préparation, le renseignement et la solidité de la logistique. Les conflits contemporains montrent aussi qu'aucune victoire militaire ne peut être durable sans la confiance des populations. À cet égard, le général Charles de Gaulle, chef de la France libre durant la Seconde Guerre mondiale et futur président de la République française, observait que "la véritable école du commandement est la culture générale".

Cette réflexion souligne une vérité essentielle : connaître un territoire, son histoire, ses réalités sociales et ses équilibres humains est tout aussi déterminant que la maîtrise des moyens militaires. Chaque avancée sécuritaire doit donc s'accompagner d'une présence effective de l'administration, du respect de l'État de droit et d'une écoute permanente des populations. L'histoire des guerres démontre également qu'une posture exclusivement défensive finit presque toujours par laisser l'initiative à l'adversaire.

À l'inverse, conserver l'initiative permet de réduire l'incertitude, de protéger les axes stratégiques et d'empêcher les groupes armés de consolider leurs positions.

 L'adage selon lequel "la meilleure défense, c'est l'attaque" prend ici tout son sens, non comme une glorification de la guerre, mais comme l'expression d'une stratégie consistant à imposer son rythme, à désorganiser l'adversaire et à créer les conditions d'une paix durable.

Anéfis rappelle également que les défis sécuritaires du Sahel dépassent largement les frontières nationales. Les groupes armés hétéroclites exploitent l'immensité désertique, la porosité des frontières et les réseaux de trafics illicites. Face à cette réalité, la coopération régionale, le partage du renseignement et la coordination des efforts demeurent indispensables pour réduire leur mobilité et leurs capacités de nuisance. Au-delà de la dimension militaire, l'enjeu fondamental demeure celui de la souveraineté. Un État souverain est un État capable d'assurer la sécurité de ses citoyens, de garantir la libre circulation des personnes et des biens, de protéger les activités économiques et de faire respecter la loi sur l'ensemble de son territoire. Chaque route rouverte, chaque village sécurisé, chaque marché qui retrouve son animation constituent une victoire sur la peur et une étape supplémentaire vers le rétablissement de l'autorité publique.

Le peuple malien aspire avant tout à vivre en paix, à travailler, à envoyer ses enfants à l'école et à construire son avenir. Les résultats obtenus à Anéfis prennent toute leur signification parce qu'ils servent cette aspiration profonde. Les femmes et les hommes engagés sous les drapeaux accomplissent une mission exigeante qui requiert courage, professionnalisme, discipline, sang-froid et sens élevé du devoir. Leur engagement dépasse le seul cadre militaire : il participe à la préservation de l'unité nationale, au renforcement de la confiance des citoyens et à la reconstruction de l'espérance.

L'histoire enseigne enfin que les guerres se remportent autant par la maîtrise du terrain que par la capacité à reconstruire la cohésion nationale. Si la reprise d'Anéfis se confirme dans la durée et favorise le retour effectif de l'administration, la relance des activités économiques et le rapprochement entre les communautés, elle représentera bien davantage qu'un succès tactique. Elle pourra alors être considérée comme une étape importante sur le cheminement d'un Mali pleinement souverain, où l'autorité de l'État, la justice et la paix durable avancent enfin de concert.                  

 

DICKO Seidina Oumar Journaliste-Historien-Écrivain

 

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Commentaires (7)

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Alex
Alex 4 mois
Matt L ALGERIE CROIT POUVOIR ACHETER LE MALI AU DETRIMENT DU DOSSIER DU RASD ET DU FRONT POLISARIO PEINE PERDUE ON VA PAS BAISSER NOTRE FROC FACE A MISTER TEBBOUNE IL PEUT OUVRIR SES FESSES SI IL VEUT
Matt
Matt 4 mois
Excellente analyse, Sangare! Effectivement, Goïta a été forcé par Poutine à baisser le froc devant DZ (expression de Kan) comme condition sine qua non pour que les Russes aident Goïta à reprendre Anefis. L’autre condition des Russes et étape suivante est le retour de mini-goita aux accords de paix de l’ONU parrainés par Alger.
Kinguiranke
Kinguiranke 4 mois
@sangare arretes tes mensonges grossiers, tu es une honte et une indignation totale, l'histoire retiendra que c'est l'Algerie ingrate qui a accepter de se mettre a genoux devant POUTINE pour respecter la souverainite du Mali, arreter son soutien aux terroristes du JNIM et du FLA et a ouvrir son espace aerien aux FAMA! Tes trois clochards et farfelus AOK, ATT et IBK ont tous trahi le Mali en detruisant nos FAMA et notre systeme de defense nationale et comme resultat les 75% de notre territoire national etaient occupes par les terroristes, un echec total dans notre histoire. Mais aujourd'hui grace au President patriote Assimi Goita nous sommes maitres de notre destin et notre souverainite nationale est retrouvee! Il faut l'admettre qu'Assimi Goita vaut mieux que AOK,ATT et IBK tous trois reunis!
Matt
Matt 4 mois
Continue a rever, vieux debile! Goïta a été forcé par Poutine à baisser le froc devant DZ (expression de Kan) comme condition sine qua non pour que les Russes aident Goïta à reprendre Anefis. L’autre condition des Russes et étape suivante est le retour de mini-goita aux accords de paix de l’ONU parrainés par Alger.
sangare
sangare 4 mois
Est-il nécessaire de rappeler qu' ANEFIS A TOUJOURS ÉTÉ OCCUPÉ PAR L'ARMÉE MALIENNE À PART LA PÉRIODE DE LA PRISE DES DEUX TIERS DU TERRITOIRE NATIONAL EN 2012. Quand les français sont intervenus, c'est à ANEFIS qu'ils ont bloqué l'armée malienne. Ils sont partis libérer Kidal sans l'armée malienne, l'intention était de faire revenir les séparatistes chassés par les JIHADISTES. Ce serait plus grave, si IYAD AG GHALLI et les séparatistes reprenaient ANEFIS. ANEFIS N'A PAS ÉTÉ REPRIS, MAIS DÉFENDU PAR L'ARMÉE MALIENNE ET SES PARTENAIRES RUSSES. Les groupes armés ont occupé la ville sans pouvoir reprendre le camp militaire. Les militaires russes et maliens ont résisté le temps que les renforts arrivent. C'est ce renfort que les groupes armés voulaient empêcher de venir aider ceux qui défendaient le camp. C'est le même scénario qui s'est produit à Kidal, mais l'armée malienne a été incapable de venir aider les soldats sur place occupée à défendre plusieurs localités à la fois dont kati. Les russes,pour éviter le massacre, ont négocié leur départ. On pouvait le faire à ANEFIS, sauf que ASSIMI GOITA a accepté les conditions de POUTINE. C'est ce qui explique l'acceptation de faire la paix avec l'Algérie. Les russes quittaient ANEFIS comme à Kidal, ANEFIS serait pris, ensuite GAO et TOMBOUCTOU car c'est un verrou stratégique. Donc POUTINE a sauvé ASSIMI GOITA!!! Il est bloqué entre ses jambes. Ce qui signifie qu'il fera tout ce que POUTINE veut. Même avec les français, ça n'a jamais été ainsi. ASSIMI GOITA N'A PAS D'AUTRE ALTERNATIVE QUE SE SOUMETTRE À POUTINE, S'IL VEUT SAUVER SON POUVOIR. Donc espérer que " la reprise d'anefis se confirme dans la durée....",c'est être naïf. POUTINE PEUT IMPOSER UN ACCORD VOULU PAR ALGER À ASSIMI GOITA. C'est ce qui a été fait en 2015 entre IBK et les français. La défense d'anefis est l'équivalent de la reprise des deux tiers du territoire par l'armée malienne et l'armée française en 2013. À ANEFIS les russes sont à la place des français. Rien n'a changé!!! Ils ont déjà donné Kidal aux groupes armés comme l'ont fait les français en 2013. La souveraineté, la vraie, c'est quand l'armée malienne n'est pas aidée par une force extérieure. Il en était ainsi avant le coup d'Etat contre l'élu AMADOU TOUMANI TOURE. L'armée malienne était seule contre les groupes armés en 2012. Elle a défendu vaillamment ses positions avec l'intelligence tactique des stratéges qui étaient au sommet de l'armée malienne. Ce qu'on a considéré comme fuite des soldats maliens n'était rien d'autre qu'une tactique pour avoir le temps de préparer l'offensive. On le voit avec les russes et les ukrainiens. Des délinquants,des drogués installés à kati,aidés par des assoiffés de pouvoir, le dictateur GÉNÉRAL MOUSSA TRAORE et ses thuriféraires, sont venus mettre notre pays entre les mains des forces extérieures. Après l'humiliation honteuse des français, c'est celle des russes. Pauvre Mali!!!
Matt
Matt 4 mois
Excellente analyse, Sangare! Effectivement, Goïta a été forcé par Poutine à baisser le froc devant DZ (expression de Kan) comme condition sine qua non pour que les Russes aident Goïta à reprendre Anefis. L’autre condition des Russes et étape suivante est le retour de mini-goita aux accords de paix de l’ONU parrainés par Alger.
Kinguiranke
Kinguiranke 4 mois
Seydina Omar Dicko apprends que nos FAMA sont plus strategiques, plus tactiques et plus determines que le General de Gaulle, car il est un fuyard qui a ete se cacher en Angleterre pour pleurer afin que les soldats Americaines, Africains, Sovietiques et Britanniques viennent liberer la France et aneantir l' Allemagne! Bravo aux FAMA pour votre patriotisme sans faillle ensemble jusqu' au dernier terro terro du JNIM et FLA!
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