Le Groupe Ecobank ouvre la séance à la Bourse de Londres pour marquer la cotation de son obligation Nature
Le Groupe Ecobank a célébré à la Bourse de Londres la cotation de son obligation de 450 millions de dollars US dédiée à l’agriculture durable et au capital naturel.
Cette opération constitue la première Obligation Nature conforme aux principes de l’ICMA émise par une banque commerciale au monde. Le Mali figure parmi les 24 marchés éligibles à cette obligation, qui vise notamment à soutenir des financements liés à l’agriculture durable, à l’agro-transformation, ainsi qu’à l’approvisionnement en eau et à l’assainissement dans plusieurs pays du réseau panafricain d’Ecobank. Cette annonce revêt une portée particulière pour le Mali, où l’agriculture représente plus d’un tiers du PIB et demeure un secteur clé pour l’emploi, la sécurité alimentaire et la résilience économique.
Une première mondiale pour une banque commerciale
Ecobank Transnational Incorporated a célébré le 9 juillet la cotation de son obligation de 450 millions de dollars US dédiée à l’agriculture durable et au capital naturel, lors d’une cérémonie d’ouverture de marché organisée à la Bourse de Londres.
Cette opération constitue la première obligation Nature au monde, désignée comme telle par l’ICMA (International Capital Market Association), émise par une banque commerciale. Elle est également la première obligation verte à emploi des fonds, à l’échelle mondiale, à bénéficier de la désignation secondaire « obligation Nature » de l’ICMA. Cette obligation est destinée à financer des prêts éligibles dans trois domaines : la production agricole durable, la transformation agro-industrielle responsable, ainsi que l’approvisionnement en eau et l’assainissement. Les financements seront déployés dans 24 marchés où Ecobank est présente, avec une priorité accordée aux pays présentant des enjeux majeurs en matière de nature et de biodiversité. Au-delà de cette émission, l’opération illustre l’engagement croissant du groupe Ecobank dans la mobilisation de capitaux africains et internationaux en faveur des secteurs essentiels à la résilience du continent, notamment les systèmes alimentaires, le capital naturel, les chaînes de valeur et les ressources en eau.
Une forte demande des investisseurs internationaux
L’opération a suscité une forte demande des investisseurs, avec un carnet d’ordres final supérieur à 1,36 milliard de dollars US, soit une sursouscription de 3,9 fois par rapport à la taille initialement visée de 350 millions de dollars US. Cette forte demande a permis à Ecobank d’augmenter le montant de l’émission de 100 millions de dollars US, pour le porter à 450 millions de dollars US, et de resserrer le prix de 50 points de base par rapport aux indications initiales, ce qui correspond à un « greenium » de 50 points de base. Moody’s a attribué à l’opération sa meilleure notation en matière de qualité durable, SQS1 « Excellent ».
Par ailleurs, l’obligation a attiré une base d’investisseurs internationale et diversifiée. Les allocations finales ont été réparties à environ 55 % entre le Royaume-Uni et l’Europe, 38 % en Afrique, 3 % au Moyen-Orient, 2 % aux États-Unis et 2 % en Asie. L’opération a notamment bénéficié de la participation d’institutions de financement du développement et de fonds spécialisés dans la durabilité. FMO, la banque néerlandaise de développement entrepreneurial, y a participé en qualité d’investisseur de référence. Notons que l’obligation est structurée comme un instrument de fonds propres Tier 2, d’une maturité de 10,25 ans, avec une option de remboursement anticipé à 5,25 ans.
Soulignons que plusieurs hauts responsables d’Ecobank étaient présents à la cérémonie d’ouverture de marché, notamment Papa Madiaw Ndiaye, président du conseil d’administration du groupe, Jeremy Awori, directeur général du groupe, Ayo Adepoju, directeur exécutif groupe et directeur financier ainsi que Rachael A.O. Antwi, directrice en charge du développement durable.Ecobank Transnational Incorporated est intervenue en qualité d’émetteur, d’initiateur et de conseiller unique en structuration durable. Standard Chartered Bank et Renaissance Capital Africa sont intervenues en tant que chefs de file et teneurs de livre associés. Cette cérémonie organisée à la Bourse de Londres marque une étape significative pour la finance durable africaine. Elle met également en lumière le rôle grandissant des institutions financières africaines dans le développement de solutions crédibles, fondées sur les marchés, pour financer les investissements liés au climat et à la nature.
Khadydiatou Sanogo/maliweb.net