Crise malienne : La Transition révélatrice de performances ?
La maxime selon laquelle « A quelque chose malheur est bon » ne s’est-elle pas imposée dans le contexte de la Transition malienne, où les nombreux défis ont fait révéler des quelques atouts ?
La survenance de la crise multidimensionnelle au Mali a rendu nécessaire une « Transition de refondation », qui a révélé certains aspects cachés de la gestion des affaires publiques.
En effet, eu égard aux immenses défis qui s’amoncellent sur le chemin de la gouvernance de transition, les autorités s’étaient retrouvées dans l’impérieuse urgence d’innover. Il s’agit, par exemple, de faire feu de tout bois pour trouver des ressources additionnelles devant aider à compenser les manques à gagner causés par diverses suspensions.
Ainsi, pour combler le gap généré par la suspension de l’aide budgétaire extérieure, le ministère de l’Economie et des finances, et plusieurs autres départements se sont montré audacieux, entreprenants et imaginatifs. Ce qui a motivé, entre autres, la vigoureuse réforme du secteur minier, le renforcement des mécanismes de recouvrement des recettes et taxes pour l’Etat, etc. C’est aussi ce qui a conduit à la diligence pour mobiliser des fonds à partir des transactions de communications téléphoniques (recharges ou transferts d’argent).
Toutes ces actions ont permis à l’Etat de renflouer, de façon substantielle, ses caisses, parvenant à éponger, récemment, une partie non négligeable de sa dette intérieure. Ce qui fait dire à certains experts des questions de gouvernance que le gouvernement de transition fait des véritables prouesses. Les agrégats économiques du pays ne sont-ils pas à des niveaux enviables au sein de l’UEMOA, alors que le pays consacre une part importante de ses ressources financières à la guerre contre le péril terroriste ? Ce qui implique que si cette guerre imposée vient à s’achever, le pays disposera de ressources inestimables pour financer son développement. Cela fait penser à ce proverbe africain selon lequel « ce qui a rendu chauve le vautour, aurait brisé le crâne d’autres animaux ». Comme pour dire que si le Mali arrive à si bien résister avec l’effort de guerre, d’autres pays face à des défis similaires, seraient devenus des Etats en faillite totale.
C’est donc la preuve que les autorités de la Transition doivent être largement soutenues pour poursuivre les efforts immenses qu’elles déploient, pour la survie de l’Etat, et de ses finances publiques.
Il faut, en conséquence, que les plus hautes autorités mettent tout en œuvre, pour « une politique du bâton et de la carotte », pour juguler la crise sécuritaire. Cela aidera à minimiser les charges liées à l’effort de guerre. Ce qui aidera le pays à accélérer son relèvement, voire son émergence.
Boubou SIDIBE/maliweb.net