Mali – Algérie : Bamako annonce la reprise de la coopération diplomatique et la réouverture de son espace aérien
Le Gouvernement de la Transition a annoncé, ce vendredi 10 juillet 2026, une série de mesures marquant la normalisation des relations entre le Mali et l'Algérie, après plusieurs mois de tensions diplomatiques entre les deux pays voisins.
Dans un communiqué signé par le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du Gouvernement, le Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly, les autorités maliennes indiquent que cette décision s'inscrit dans le cadre de la « redynamisation des relations de coopération et d'amitié » entre la République du Mali et la République algérienne démocratique et populaire.
Deux principales mesures ont été annoncées.
La première concerne le retour à Alger de l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Mali, accrédité auprès des autorités algériennes. Cette décision marque la reprise officielle de la représentation diplomatique malienne dans la capitale algérienne.
La seconde porte sur la réouverture de l'espace aérien national à l'ensemble des aéronefs civils et militaires assurant des vols en provenance ou à destination de l'Algérie. Cette mesure met fin aux restrictions imposées dans le contexte de la crise diplomatique ayant opposé les deux États.
À travers ces décisions, Bamako affiche sa volonté de relancer le dialogue avec Alger et de rétablir progressivement les mécanismes de coopération bilatérale, notamment dans les domaines diplomatique, sécuritaire et des transports aériens.
La normalisation des relations est perçue comme une étape importante pour les deux pays, liés par une longue frontière commune et confrontés à des défis sécuritaires partagés dans la région sahélienne.
Une crise née d'un incident sécuritaire
Pour rappel, les relations diplomatiques entre le Mali et l'Algérie s'étaient fortement dégradées au début du mois d'avril 2026. La crise avait éclaté après la destruction, par la défense aérienne algérienne, d'un drone militaire malien près de la frontière commune. Bamako avait dénoncé une « agression » contre sa souveraineté, estimant que l'appareil évoluait dans l'espace aérien malien, tandis qu'Alger soutenait qu'il avait pénétré son territoire.
À la suite de cet incident, le Mali avait rappelé son ambassadeur, fermé son espace aérien aux aéronefs algériens et annoncé la rupture des relations diplomatiques avec l'Algérie. Les autorités maliennes reprochaient également à Alger des actes jugés hostiles, notamment des ingérences dans les affaires intérieures du Mali et une attitude considérée comme incompatible avec les principes de bon voisinage. La décision annoncée ce 10 juillet marque ainsi un tournant vers un rétablissement progressif des relations entre les deux États.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net