Transition et Diplomatie : Ne faut-il pas rebattre les cartes ?
Une entente des braves ? Le dégel en cours entre le Mali et l’Algérie réjouit et ouvre des perspectives similaires vers d’autres cieux.
L’un des axes majeurs de la gouvernance d’un Etat est sa diplomatie. Celle-ci finit par impacter de façon décisive l’image du pays concerné dans le concert des Nations.
Pour le cas spécifique du Mali, le pays est reconnu comme une terre d’hospitalité de bonnes relations de voisinage, bref d’Etat « sérieux et respecté dans le monde ».
D’abord, le fait que c’est un pouvoir d’exception qui s’est installé a aidé à écorner davantage la belle image du Grand pays des Soundiata Kéita, Babemba, Firhoun, Sonni Ali Ber, etc. Et la France, néocolonialiste, l’Algérie, le grand voisin du Nord, n’ont ménagé aucun effort, pour traîner l’image du Mali dans la boue !
Si Paris a voulu maintenir sa domination et son paternalisme dans le Sahel en ayant le Mali à ses pieds, l’Algérie a bien voulu de Bamako l’exécuteur de ses «instructions ». Ce qui a conduit à bien de fâcheux épisodes, qu’il sied de ranger désormais aux oubliettes de la diplomatie audacieuse…
En effet, conscients du climat d’interdépendance que leur imposent la géographie, l’histoire, la culture, l’économie et la géopolitique, le Mali et l’Algérie semblent se résoudre à fumer le calumet de la réconciliation et l’entente. Ce qui explique la décrispation actuelle, actée par la décision de part et d’autre, d’envoyer à nouveau les ambassadeurs des deux pays à leurs postes respectifs à Bamako et Alger. Sans oublier l’autorisation de survol des aéronefs entre les deux pays.
Cette évolution salutaire devrait, en principe, permettre l’impulsion d’une nouvelle dynamique dans les relations entre ces deux pays. .
En outre, cette embellie diplomatique offre des chances à d’autres décrispations diplomatiques et à des avancées sur le terrain sécuritaire. Car, l’Algérie servant, presque toujours, de refuge à des chefs terroristes écumant le septentrion malien, il est possible que la donne change… Sans compter que ce dégel peut aider à renforcer l’axe Bamako-Nouakchott, réputé encore fragile, du fait des fréquentes « bavures » sécuritaires enregistrées dans la zone frontalière entre les deux Etats…
En définitive, si « l’occasion fait le larron », les temps et les circonstances provoquent des victoires diplomatiques d’envergure. Il sied que Bamako se saisisse de cette balle au rebond, pour marquer des points décisifs, en tournant certaines pages de sa gouvernance vis-à-vis de…l’extérieur. Ce sera tout à l’honneur du Général d’Armée Assimi Goïta, qui vient de boucler cinq ans à la tête de cette Transition.
Boubou SIDIBE/maliweb.net