De Yamoussokoro à Ouaga : la CEDEAO revisite la crise malienne

03 Juil 2012 - 01:35
Mis à jour: 14 ans
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La Cedeao montre ses muscles à Yamoussokoro et demande une concertation décisive sur le Mali que Compaoré organise ce week-end à Ouaga entre les parties prenantes maliennes. [caption id="attachment_61140" align="alignleft" width="160" caption="Adam Thiam"][/caption] Un  41è sommet Cedeao sans  le Nigérian Jonathan Goodluck (à qui la situation malienne donne des urticaires), le Guinéen Alpha Condé (qui avait en son temps réclamé une action musclée contre la junte de Kati), le Ghanéen  John Atta Mills (généralement effacé sur les questions francophones), le Gambien Yaya Jammeh (bien que la Guinée Bissau était inscrit à l’ordre du jour). Malgré l’absence nigériane et guinéenne, Yamoussokoro aura été le sommet de la radicalisation sur la situation malienne. Alassane Ouattara y aura livré un discours moins musclé que celui de Dakar deux mois plus tôt. Sur la crise institutionnelle Mais le président ivoirien rappellera qu’aux crises malienne et bissau guinéenne, la Cedeao a consacré pas moins de cinq sommets extraordinaires et une multitude de réunions ministérielles et techniques. En certains de ses points, le communiqué final du sommet ne laisse aucun doute sur l’agacement des présidents de la sous-région vis-à-vis de la situation au Mali où il a condamné des « forces sociopolitiques marginales visant à entraver le bon déroulement de la transition ». Sachant que le diable y reconnaîtra les siens, les chefs d’Etat demandent que l’enquête sur l’agression contre Dioncounda aboutisse dans les plus brefs délais et que les résultats leur soient transmis. Ils insistent sur le retour rapide du président de la transition à ses fonctions et instruisent à la Commission de la Cedeao de pourvoir à sa sécurité. Ils fustigent également « la campagne visant à freiner le déploiement des troupes de la Cedeao et à imposer des leaders, ainsi que l'incitation à la désobéissance et à la violence par certaines factions de l'armée, de la classe politique et des médias partisans ». Le sommet déclare qu’il ne reconnaît ni le Cnrdre, ni le statut d’ancien chef d’Etat accordé au Capitaine Sanogo. Il reprend à son compte les injonctions onusienne et américaine exigeant « le retour des Militaires dans les casernes pour se consacrer à leur mission régalienne de défense de l’intégrité territoriale du pays ». Sur le Nord-Mali En son point 21, comme pour dire qu’ils ne blaguent plus, les présidents ont décidé de déclencher automatiquement l’imposition de « sanctions ciblées et générales déjà définies » contre toute personne contrevenant  à ses décisions. Ecoutant Cheikh Modibo Diarra sur son bilan, le sommet n’a pas pris de gants. Il demande au Premier ministre malien d’élargir son gouvernement à d’autres parties prenantes, - sans aucun doute, la classe politique- pour être plus inclusif. Le 41è sommet rappelle également que la transition est partie pour durer seulement douze mois et revient sur la nécessité d’avoir une feuille de route précise pour la tenue d’élections acceptables. S’agissant du Nord, la Cedeao est, on ne peut plus, claire. Elle condamne « la terreur et l'insécurité aigue dans lesquelles sont maintenues les populations caractérisées par des exécutions sommaires, une répression violente des manifestations, des vols à mains armées, des viols, la profanation de lieux saints et de sites culturels ».  Le communiqué final cite explicitement Aqmi, Mujao, Boko Haram et Al Shabab et les accuse de vouloir créer au Nord-Mali un sanctuaire du terrorisme international. Nouveau rendez-vous à Ouaga Enfin, le sommet souhaite la mise en œuvre diligente de   la Micema (Mission Cedeao  pour le Mali) et à  cette fin, il a décidé  « de l'envoi immédiat d'une mission technique d'évaluation au Mali à l'effet de préparer le terrain » pour l’arrivée de cette  mission. « Afin de faciliter la mise en œuvre de ces objectifs, la Conférence mandate le Médiateur, avec le soutien du Groupe de Contact, à mettre urgemment en place un cadre de consultation avec la participation de toutes les parties prenantes notamment les forces vives et la société civile ». Compaoré a décidé d’aller vite qui convoque ce 7 juillet à Ouaga une consultation sur la crise malienne.   Avec pour points saillants : la crise institutionnelle, la participation de la classe politique malienne à la transition, la question du Nord Mali.  Déjà les acteurs politiques et des leaders de la société civile se préparent à ce round décisif. Sur le Nord, ce lundi, il a été signalé la présence à Kidal du ministre burkinabé en charge de la médiation malienne,  Djibril Bassolé accompagné du député Algabass Ag Intalla du mouvement islamiste Ansardine  qui exécute, en ce moment, son plan de destruction des lieux de culte à Tombouctou. Et ce dans la foulée de son clash avec le Mnla à Gao qui a fait près de quarante morts le mercredi dernier. Adam Thiam

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Commentaires (18)

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dramane coulsakoiba
dramane coulsakoiba 14 ans
que va chercher Djibril Bassolé au nord du Mali evec un traître de "député".Le Burkina que nous avons battu deux fois à la guerre est contre nous ,joue contre nous et ne peut pas nous aimer et nous voir réussir. que les apatrides se bousculent pour repondre à la convocation de Blaise ils trouveront les fiers maliens,les nobles maliens descendants de N'golo Diarra,Babougou N'Tji,Modibo Keita etc..à leur retour.Le MALI est tombé du sommet du rônier dans un puits.
Poulo Gorko
Poulo Gorko 14 ans
Bonjour chers compatriotes, Ceux qui pensent que c'est humiliant pour la classe politique de se déplacer à Ouaga, ne comprennent rien à la situation. C'est nous qui sommes en difficulté et voulons de l'aide, il est donc tout à fait normal que la CEDEAO et son médiateur demandent à nos leaders de se déplacer à Ouaga ou ailleurs. Par ailleus, dans la situation d'insécurité qui est la notre à Bamako, pensez-vous qu'un Chef d'Etat étranger va se hasarder à venir à Bamako? nous n'avons même du respect pour notre propre Président! comment un autre viendrait-il au Mali risquer sa vie. Il n'y a rien de honteux d'aller au Burkina un pays frère, rechercher une solution à nos probèmes. je pense plutôt que nous devrions féliciter Compaoré, la CEDEAO et les encouragrer à aller de l'avant pour sauver le Mali.
babouya
babouya 14 ans
la CEDEAO s'est disqualifiée dans ce problème. C'est parce que nous Maliens ne montront aucune ambition nationale. Pensez vous que après la déconvenue du Burkina avec le Mali dans les années 80 que ce pays sera pressé de nous sortir du petrin? Qui est allé cherché l'apatride Ag Sherif au nord. C'est bien le Burkina. Cette médiation est au service d'une main cachée que vous aveugle ne peuvent pas voir. Une solution à ce problème même avec l'implication de l'exterieur doit se regler sur notre terre. Ce n'est pas un chauvinisme beat mais une quête de notre dignité en voie de disparution.
babouya
babouya 14 ans
Oh mon dieu! Qu'à fait le Mali pour meriter ce sort? Qui aurait pensé que les fils de ce pays se transporaient dans un autre pays pour regler leur désaccord? Le Burkina savoure sa victoire. Les apatrides sont pressés de se rendre à Ouaga pour le partage du gateau. La première humiliation n'a pas suffit. On remet ça? De toutes les façons pour le ventre pas question de dignité. Mon pays se meurt et je suis impuissant. Oh mon dieu! Aide mon pays.
rouba
rouba 14 ans
que de réunion à ne jamais finir.
Ndy
Ndy 14 ans
Qu’ils justifient leur salaires nos militaires ; nous ne pouvons pas accepter que des militaires qui fuient le combat puissent venir prendre notre argents cadeau et pavaner dans les rues de Bamako laissant nos parents du Nord dans la souffrance. Quelle est la sanction prévue dans les textes militaires contre un délit de fuite ou d’abandon de poste en période de guerre d’un militaire ? Es ce que dans les textes militaires, il ya les termes replis tactique ou replis stratégique ? Pourquoi on n’applique pas la loi militaire à ces feuillards ? Nous voulons être remboursés, nous exigeons des justificatifs de salaire.
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