Dioncounda Traoré- Cheick Modibo Diarra : Une nouvelle crise politico-institutionnelle se dessine

01 Août 2012 - 11:09
Mis à jour: 14 ans
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Un bras de fer vient de s'engager le weekend dernier entre le président et le pm de la transition. Dioncounda Traoré détient plus d'atouts que son rival Cheick modibo diarra pour l'emporter. L'analyse de Saouti haidara. C'est un discours d'homme d'Etat que le président de la République intérimaire, le Pr Dioncounda  Traoré, a prononcé,  le dimanche 30 juillet,  sur les ondes de l'ORTM. Ses thèmes majeurs étaient le pardon, l'unité de toutes les Maliennes et de tous les Maliens pour sauver la nation en danger,  la réconciliation des cœurs et des esprits, la primauté de l'intérêt général sur l'intérêt particulier, le réarmement moral  et la réorganisation des forces  armées   pour reconquérir le septentrion, l'implication de tous pour la  restauration de la démocratie et de l'Etat de droit qui nous avaient valu le respect du monde entier. Toutes choses qui cadrent bien avec nos préoccupations de l'heure. Le ton aussi était à la mesure, ce dont nous avons le plus besoin par les temps qui courent. Cette adresse à la nation, la première du successeur constitutionnel du président ATT renversé par une mutinerie le 22 mars dernier, était très attendue tant par les Maliens " du dedans et du dehors " que par les voisins du Mali et l'ensemble de la communauté internationale. Et pour cause : elle survenait 48 heures avant l'expiration de l'ultimatum  fixé par la CEDEAO au premier ministre Cheick Modibo Diarra pour former un "gouvernement d' union nationale ",  conformément à l'Accord -cadre du 6 Avril 2012 et présenter une feuille de route de sortie de la crise politique et sécuritaire qui prévaut dans le pays. Faute de quoi l'équipe qu'il dirige depuis le 17 avril serait exclue de toutes les activités de l'organisation sous-régionale et pourrait s'exposer à d'autres types de sanctions éventuelles. La remarquable opération de communication réalisée par la télévision  nationale,  la veille samedi 28 juillet, sous le couvert des " 100 jours " de sa primature a révélé au grand public l'ampleur du désaccord entre Cheick  Modibo Diarra et la CEDEAO  autour de ces deux sujets de premier ordre. Les téléspectateurs ont été sidérés d'entendre leur premier ministre tourner à la dérision le gouvernement d'union nationale. "L'actuel  gouvernement est déjà d'union nationale. Il comprend des Maliens de tous horizons de l'intérieur et de l'extérieur.   Mais si voulez un gouvernement de 200 membres,  on peut y aller toutefois,  je ne vous en garantis  pas l'efficacité ! " a- t-il proclamé sur le mode de la raillerie. S'agissant de la feuille de route, il déclare : "  Il est stupide de nous demander de  fournir un chronogramme précis car nul ne peut dire quand-est-ce-que la lutte contre les terroristes peut  prendre fin. Les Américains et leurs alliés Européens  sont en Afghanistan depuis  plus de 10 ans et ils ne sont  toujours pas victorieux. Chez nous aussi,  il faudrait s'attendre à plusieurs années d'efforts  pour que la paix et la sécurité durables  soient rétablies. " Ces mêmes messages sont valables  pour le FDR, le plus puissant regroupement des forces politiques et sociales,  qui a contribué à faire échec au putsch du 22 mars 2012 et qui, en plus de revendiquer un gouvernement d'union nationale et une feuille de route avec un chronogramme précis, accuse l'équipe conduite par Cheick Modibo Diarra " d'incompétence, d'inertie, d'immobilisme. " L'ex-navigateur interplanétaire de la NASA égaré en politique lui rétorque : " Mon gouvernement est le meilleur que le Mali ait jamais eu. " Concernant sa démission personnelle,  réclamée par le même FDR, il réplique : " Je ne démissionnerai pas pour deux raisons. La première est que l'accord du 6 avril, qui a servi  de support à ma nomination ne prévoit pas cette démission. La deuxième est que je suis un fils de ce pays et j'entends le servir tant que j'en aurai la force et les moyens ". Tenus quelques heures à peine après le retour de Paris du président intérimaire et à la veille de son discours annoncé pour le dimanche 29 juillet, ces propos de Dr Cheick Modibo Diarra sonnaient comme une déclaration de guerre. Dioncounda Traoré y a répondu à sa manière, sans élever la voix ni verser dans la polémique, avec une civilité exquise et surtout en formulant des propositions de nature à fédérer les énergies et les intelligences autour de sa personne. Ainsi, de la création d'un Haut Conseil d'Etat, présidé par lui-même et doté de deux vice-présidents. L'un, militaire, aurait en charge de reconstruire les forces armées et de sécurité du Mali pour les rendre aptes à reconquérir les régions perdues au nord. L'autre, civil, s'occuperait de la transition politique. Il a annoncé également la mise en place d'un Conseil National de Transition (CNT) à vocation consultative et d'une Commission Nationale aux Négociations (CNN) vouée à la quête de la paix au nord mali. S'agissant de la formation d'un gouvernement d'union nationale, le président intérimaire a laissé entendre que les consultations devant y aboutir seront conduites par lui-même. Si cette nouvelle architecture institutionnelle devait voir le jour et si les discussions pour la formation du futur gouvernement devaient se dérouler comme prévu par Dioncounda, autant dire que Cheick Modibo Diarra n'y trouverait plus sa place. A moins de devoir se contenter de la portion congrue, ce qui ne ressemble pas au personnage, à l'idée qu'il se fait de lui- même. Sans compter ses irréductibles partisans qui, faute d'être insérés dans les nouveaux organes à créer, pourraient reprendre leur activisme qui a déjà fait tant de mal au Mali dans un passé récent. A n'en pas douter, une nouvelle crise politico-institutionnelle vient d'émerger entre les deux têtes de la transition, le président et le premier ministre. Les rapports de forces sont favorables au premier. Il a derrière lui l'essentiel de la classe politique et de la société civile maliennes. Il jouit  aussi du soutien de la CEDEAO, de l'UA et de la communauté internationale. Son passé d'élu national ayant occupé la fonction très honorable de président de l'assemblée nationale lui confère également une certaine légitimité. L'actuel chef du gouvernement peut compter sur des groupuscules d'agitateurs dont la capacité de nuisance n'est toutefois  pas à négliger ainsi qu'on a pu s'en rendre compte lors de la marche de protestation qui a tourné en " tentative d'assassinat "  de Dioncounda Traoré le 21 mai dernier. Il doit sa position actuelle à l'ex- junte militaire mais l'on ne voit pas celle-ci tenter de revenir au devant de la scène après en avoir été chassée par les pressions conjuguées des forces vives maliennes et de nos partenaires internationaux. Il est donc désigné comme le perdant de la crise qui se met en place. Celle-ci peut toutefois être conjurée grâce à des intermédiations qui ne manqueront sûrement pas de se manifester comme il est de coutume dans notre pays.   Saouti Labass HAIDARA Depuis Dakar  

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Commentaires (37)

User
Moussa
Moussa 14 ans
Le Mali alait mal et pourtant les membres de ce FDR n’avaient fait aucune critique (meme objective)pendant les 20 ans passées qu’isl ont passé au pouvoir. Il est temp que le peuple se reveil, l’ADEMA et le FDR veulent seulement s’eterniser au pouvoir (ce qui est contre les principes democratiques) , c’est tout.
sebass
sebass 14 ans
Mon cher Journaliste, ca ete bien de chauffer tes fesses, vous avez du cretin d'ane dans votre cerveau. quelqu'en soit Dioncounda n'est pas digne de confiance, ces paroles sont a prendre a la pincette, presentement est ce le partage du gateau ou le Mali d'abord comme il le dit? Comment Ca va marcher avec des vices presidences, un gouvernement de transition, un conseil national de transition, une cellule de crise du Nord? qui va faire quoi, ou et quand? mes chers francophones vous etes trop litteraires, soyons pragmatiques, au bout de six nous seront a la case de depart. Si les citoyens maliens refusent de s'assumer a travers des alibis, les politicards vont s'assumer a leur places. En tous cas faisons beaucoup attention, en cas de crise c'est nous maliens qui vont perdre, Dioncouda pourrait encore se rendre a Paris pour diriger via WIFI...... Saouti serait a Dakar. Je me demande ce que le Mali pourrait leguer aux futurs generations...........................
Dr ANASSER AG RHISSA
Dr ANASSER AG RHISSA 14 ans
LES MALIENS DOIVENT SUIVRE L’EXEMPLE DONNE PAR LE PRESIDENT, DIONCOUNDA TRAORE : ILS DOIVENT JOUER LES CARTES DE L’APAISEMENT, DE LA RECONCILIATION ET DE L’UNITE Bonjour, Le Président est un homme très conciliant et un homme de valeur, qui a un regard responsable sur la situation au Mali. Son discours le prouve. Malgré ce que le Premier Ministre a dit, qui est regrettable, ce n’est qu’à travers une collaboration franche entre les têtes de l’exécutif et à travers les consultations que fera le Président qu’un gouvernement d’union nationale sera constitué. Comme la CEDEAO l’a indiquée et comme le Président l’a confirmé, ça sera au Président de faire les consultations. Le Président, s’il veut, pourra demander au Premier Ministre de démissionner. Mais, il serait très conciliateur en gardant Cheick Modibo Diarra comme Premier Ministre, je n’en doute pas un instant. En responsables et sachant prendre de la hauteur, ce qui pourrait être un problème, induit par les déclarations de Cheick Modibo Diarra, ne le sera pas. Ce n’est qu’à travers une collaboration franche entre les deux, le PM et le PR, que cette situation s’arrangera en évitant qu’elle soit récupérée par les uns et les autres pour en faire un problème. Les Maliens, en suivant l’exemple du Président, doivent jouer les cartes de l’apaisement, de la réconciliation et de l’unité. Le Mali a besoin, aujourd’hui, d’une réconciliation des cœurs sans mettre en péril la justice qui doit protéger les communautés et les citoyens à travers un traitement équitable devant la loi. Le Président a le dernier mot. Il réconciliera les points de vue pour l’unité du Mali et sera garant d’une justice impartiale. Sa personnalité et son discours, conciliant, unificateur et apaisant, lui attribuent un grand crédit de confiance. Le Mali attend beaucoup du Président, Dioncounda Traoré, en espérant qu’il le sauve durablement avec, bien sûr, l’aide de tous qui est vivement conseillée. Bien cordialement Dr ANASSER AG RHISSA EXPERT TIC ET GOUVERNANCE E-mail : [email protected]
moussa ag
moussa ag 14 ans
DR. AG RHISSA, BIEN QUE J'APPRECIE VOS EFFORTS D'APAISEMENT....JE NE SUIS PAS D'ACCORD.... ON NE DOIT PAS PRENDRE UN AUTRE FAUX DEPART... ON DOIT JUSTE SUIVRE LES TEXTES EN PLACE ET NE PAS FAIRE D'EXCEPTION... LE LAXISME...LE PARDON...LA NEGOCIATION...L'AMNISTIE....ON A FAIT TOUTES CES CONNERIES DANS LE PASSE ET CA NE FAIT QUE CREER DES PRECEDENTS.... UN FUTURE SOLIDE ... COMMENCE PAR LA RIGEUR DANS L'APPLICATION DES LOIS....CA AU MOINS C'EST ECRIT QUELQUE PART.... LE TATONNEMENT N'EST ECRIT NUL PART....ET C'EST CE QU'ON EST ENTRAIN DE FAIRE..... LA CONSTITUTION EST LA BOUSSOLE...ET IL FAUT L'UTILISER OU RISQUER DE SE PERDRE..... Moussa Ag
NANI
NANI 14 ans
BRAVO POUR CETTE FINE ET REELLE ANALYSE, VOUS FAITES HONNEUR AU JOURNALISME !
Oumar
Oumar 14 ans
je Pris chaque jour, Pour que Allah protège Cheick Modibo, c'est une chance pour nous, mais avec des enemis à l'interieur comme à l'extérieur, je ne vois pas comment il va s'en sortir. mais Dieu Voit tout et Sait tout. Après les coûts de la CEDEAO et Du voleurs de la republiques,(FDR), Dioncouda est venu lui donner le dernier coûts, Si Dieu fait qu'il reste sur ses appuis, nous serons sauvé si non nous allons droit au mure. :evil:
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