Front politique : Le Gouvernement d’union nationale divise

22 Août 2012 - 00:06
Mis à jour: 14 ans
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« L’éléphant attendu est arrivé avec le pied casse… ». Ce refrain emprunté à une chanson d’un célèbre chanteur reggae ivoirien  sied très bien à la situation actuelle du gouvernement d’union nationale.  Le Gouvernement d’union nationale était attendu et surtout souhaité par tous depuis quelques temps. Mais sa mise en place risque de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Souhaité pour regrouper en son sein les différentes sensibilités du pays, afin d’avoir la capacité de mobiliser le peuple malien pour faire face aux défis de l’heure,  il est parti pour être la source de graves dissensions. Hier soir, au moment où nous mettions sous presse, la plupart des états major des partis politiques et des regroupements nés à la faveur du coup d’Etat du 22 mars 2012  étaient en conclave. Et tout porte à croire que le gouvernement d’union nationale, mis en place le 20 août 2012, va essuyer des critiques d’une rare violence. [caption id="attachment_74859" align="alignleft" width="350"] Le Premier ministre malien Diarra (à g.) avec le président Traoré, le 14 juin à Paris. © Reuters[/caption] Quand il y a des réunions houleuses pour se prononcer sur la mise en place d’un gouvernement, l’on n’est pas loin de la contestation. Pour bon nombre d’acteurs politiques et de la société civile, un gouvernement d’union nationale, dans le contexte actuel du Mali, rime avec un dosage savant, pour ne pas dire équilibré entre le camp des anti-putschs et le camp des pro-putschs. Il doit aussi avoir la capacité de faire une belle place à la société civile et autres composantes de la nation. Mais, de l’avis d’un certain nombre d’acteurs politiques et de la société civile, le Gouvernement d’union nationale que le tandem Dioncounda Traoré-Cheick Modibo Diarra vient de proposer aux Maliens, est loin d’être l’attelage qui était attendu. Certains vont jusqu'à dire qu’en lieu et place d’un nouveau gouvernement, Cheick Modibo Diarra et Dioncounda Traoré n’ont fait qu’un léger remaniement ministériel, étant entendu que la majorité des membres de l’équipe précédente ont été maintenus. Sur 24 ministres dans le gouvernement précédent, Cheick Modibo Diarra a reconduit 18 ministres, même si deux ont changé de département. Seulement six ministres ont été éjectés pour faire la place à 13 nouveaux.  Au diagnostic du nouveau gouvernement, l’on constate que les 13 postes ministériels mis en compétition ont été repartis entre le FDR (4 postes), CSM (3 postes), COPAM (2 postes), IBK-Mali 2012 (1poste), Coren (1 poste), Haut Conseil islamique  (1 poste)  et le CNRDRE (1 poste). Les quatre ministres du FDR sont : Tiéman Hubert Coulibaly (UDD), Abdel Kader Konaté dit Ampé (ADEMA), Demba Traoré (URD) et Makan Tounkara (ADEMA). Du coté de la CSM, l’on peut citer : David Sagara (Codem), Amadou Baba Sy (CNID), Yaranga Coulibaly (RPDM). La COPAM par la voix de Hamadoun Amion Guindo reconnait qu’elle est représentée par un seul ministre en la personne de Boubacar Hamadoun Kébé. Mais, nombreux sont les sources qui disent que la COPAM est représentée par deux ministres dans ce gouvernement, notamment Bréhima Tolo et Boubacar Hamadoun Kébé. Quant à IBK-Mali 2012, le Haut conseil islamique, le Coren et le CNRDRE, ils sont respectivement représentés par Ousmane Ag Rhissa (RPM), Yacouba Traoré, Dr Deidia Mahamane Kattra et le lieutenant colonel Abdoulaye Koumaré. A la vue de cette clef de répartition, l’on pourrait penser qu’il n’y a pas de problème. Mais, en réalité dès la publication de la liste du gouvernement des critiques sont parties de partout. Selon des sources, le COREN a même parlé de  « mépris », car  estimant qu’il est sous représenté. Du côté de la COPAM, dans la matinée, Hamadoun Amion Guindo était très serein. Il a même salué la mise en place de ce gouvernement, mais c’était sans compter avec les associations membres de la COPAM qui ont attendu la réunion d’hier soir pour lui dire les quatre vérités sur sa démarche très peu démocratique dans la désignation des représentants du regroupement dans le gouvernement. A cette réunion, il a été décidé d’organiser dans les jours à venir une conférence de presse pour dire clairement que la COPAM n’est pas représentée dans le gouvernement d’union nationale. Et pire,  des démarches sont enclenchées pour destituer Hamadoun Amion Guindo et autres de la direction du regroupement. Le MP22 qui avait depuis des jours déclaré qu’il n’allait pas participer au gouvernement d’union nationale en l’absence de toute concertation nationale ne pouvait que s’associer aux autres associations membres de la COPAM pour désavouer leurs représentants dans le gouvernement d’union nationale. Du côté du FDR, le ton est tout autre, même si toutes les préoccupations n’ont pas été prises en compte. Selon Amadou Goita, secrétaire politique du FDR, son regroupement est prêt à accompagner ce gouvernement. « Nous avons demandé un gouvernement d’union nationale et avons obtenu un gouvernement de large ouverture. Nous allons accompagner ce gouvernement dans ses deux principales missions, même si les jeunes, les femmes et la société civile n’ont pas eu les places qu’ils méritaient », -t-il indiqué en substance.  Du côté du regroupement IBK-2012, l’on n’a pas voulu se prononcer sans les réunions prévues pour analyser la situation.  Hier soir, la CNAS-Faso Hèrè de Soumana Sako était en réunion et sa position sera connue en même temps que celle de l’ADPS, le regroupement dont il fait partie. Tout porte à croire que la page de la mise en place d’un gouvernement d’union nationale n’est pas totalement tournée. Assane Koné

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Commentaires (33)

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tiefari
tiefari 14 ans
ce gouvernement est tout sauf d'union nationale dioncounda a démissionné et est resté sans personnalité comme sous ATT ça va lui coûter cher! et on continuera à tourner en rond, à accuser x et y! quel dommage
Kassin 14 ans
Instabilité politique et situation financière de l'état : le tiers perdu La double crise sécuritaire et institutionnelle qui frappe notre pays depuis  mars 2012 (un peu plus tôt pour la crise sécuritaire seule), plombe nos finances publiques. La loi des finances pour 2012, adoptée à l'unanimité par l'assemblée nationale en décembre 2011, prévoyait des recettes budgétaires de 1341,508 milliards de francs CFA (source l'essor du 16/12/2011). Les mêmes recettes publiques 2012 estimées dans "Le bilan des 100 jours du Gouvernement" de CMD installé après le coup d'état, disponible sur le site internet de la primature, ne sont plus que de 878,605 milliards de francs CFA. C'est à dire que les recettes publiques de 2012 ont perdu plus du tiers de leur valeur depuis mars 2012. 878,605=  (2/3)*1341,508-15,734 La fonction de la réduction des recettes publiques d'un régime d'exception par rapport à un régime démocratique et stable est donc: f(X)= (2/3)X-15,734 Avec: - X égal aux recettes publiques démocratiques -f(X) égal aux recettes publiques d'un régime d'exception. Il apparaît clairement dans cette fonction, que pour autant que les recettes publiques soient positives, elles perdront le tiers de leur montant plus une perte supplémentaire de 15,734 milliards de francs CFA, en cas de changement d'un régime démocratique à un régime non démocratique. L'une des critiques les plus fondées du système démocratique malien entre  mars 1991 et mars 2012, est la très forte corruption dans toutes les sphères de la vie publique. En l'absence d'indice clair de la corruption à cette période, on peut se baser sur les rapports du vérificateur général, qui faisaient en moyenne à peu près état des manques à gagner de 100 milliards sur des dépenses publiques en moyenne aussi de 1000 milliards. On peut donc se baser sur un indice de corruption de 10% au niveau des dépenses publiques au Mali avant mars 2012. À supposer qu'il ait zéro corruption au Mali depuis mars 2012 (ce qui serait un véritable " Alléluia" dans la situation actuelle avec le règne de l'anarchie), les 878, 605 milliards de recettes publiques seraient intégralement et effectivement dépensées uniquement dans des domaines où elles ont été budgetées. Si nous étions restés en démocratie, les 1341,508 milliards de recettes, seraient affectés par la corruption pour 10% de sa valeur soit 134,151 milliards de francs CFA. Ce qui nous laisserait des recettes effectivement dépensées dans les domaines prévus au budget pour: 1341,508-134,151= 1207,357 milliards de francs CFA contre 878, 605 milliards dans la situation actuelle (et en supposant zéro corruption). Le manque à gagner pour le trésor  public du Mali en 2012 est de:  1207,357-878,605= 328,752 milliards francs CFA. Il faudrait que quelqu'un paie ce manque à gagner, d'une manière ou d'une autre. En voyant les efforts du gouvernement CMD,  pour assurer les salaires et des dépenses de fonctionnement, il est évident que ce sont les investissements publics (routes, écoles, centres de santé, électrification, eau potable, aménagement hydro agricole, télécommunication, qualité des services publics...) qui souffriront de l'instabilité politique créée dans notre pays en mars 2012. C'est le prix de l'instabilité politique. Le problème, est que l'avenir d'un pays pauvre comme le Mali dépend énormément de l'investissement public, puisqu'il détermine le potentiel des emplois futurs et de la création des richesses futures.
Kayesien
Kayesien 14 ans
C'est un gouvernement de désunion et non d'union nationale ou large ouverture.
veridique
veridique 14 ans
Ils n ont pas de candidats valables :(
Malienne
Malienne 14 ans
Bravo au parti SADI avec son MP22 de refuser d' entrer au gouvernement sans concertation nationale. Au moins, eux suivent une logique.
lartiste
lartiste 14 ans
Meme si je ne partagerais jamais les ideaux haineux du sadi , il faut reconnaitre que pour une fois ils s en sortent la tete haute
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