Gestion difficile de la transition au Mali : Les politiciens hypothèquent l’avenir du pays

19 Juil 2012 - 00:30
Mis à jour: 14 ans
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Depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012, les hommes politiques du Mali se livrent à une bataille sans merci pour le contrôle du pouvoir. Comme d’habitude, afin d’assouvir leurs désirs égoïstes certains d’entre eux veulent décider du sort du pays en opérant en catimini. Ils s’adonnent ainsi à des sales manœuvres auprès de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). Les politiciens vont jusqu’à se prendre comme les seules voix légitimes du peuple qui n’est pourtant jamais consulté. Est-ce normal? Au lendemain du coup de force du 22 mars 2012, la classe politique qui était déjà fragilisée à cause des divisions de positionnement à but électoraliste s’est vite trouvée dans une bataille sans merci pour la gestion de la transition. Cette situation inquiétante menace la cohésion sociale et la stabilité qui sont déjà mises à mal par l’occupation du nord par les islamistes d’Ansardine et du MUJAO. Comme si cet état de fait n’est rien, la priorité des priorités de nos hommes politiques demeure la quête des postes ministériels. Les partis proches du régime défunt d’ATT regroupés pour la majorité au sein du FDR avec des associations et syndicats alliés réclament la place de premier plan dont ils occupaient avant le coup d’Etat. Après le retour à l’ordre constitutionnel matérialisé par la signature de l’accord cadre de Ouagadougou, le vendredi 06 avril 2012, les partis fidèles à l’ancien régime ont pensé avoir le plein droit d’être les décideurs du Mali. Ils prétendent avoir le plus grand nombre de députés et d’élus municipaux. Iba N’Diaye nargue le scrupule en faisant une déclaration D’ailleurs le samedi 07 juillet, à la fin de la rencontre à Ouaga du groupe de contact de la CEDEAO sur le Mali, Iba N’Diaye, s’est permis de faire une déclaration fracassante. Affirmant que les partis qui représentent beaucoup le peuple Malien doivent avoir une grande place dans les discussions sur le sort du pays. Mr N’Diaye, le héraut du parti Adema a, du coup, nargué le scrupule en tenant ces propos farfelus. Car, tout le monde sait que de l’avènement de la démocratie à nos jours, ces partis dont l’Adema en tête n’ont fait que piller les biens publics du Mali. L’arrêt des travaux de construction du parc d’attraction de Bamako sis à ACI 2000 en est une preuve. Seul Iba N’Diaye ancien maire du district de Bamako et ses complices peuvent dire aux Maliens où sont partis les fonds Tunisiens qui étaient destinés à ce projet pharaonique. Celui-ci allait contribuer à multiplier les lieux de distraction et à embellir notre capitale. Difficile d’énumérer de façon exhaustive les actes condamnables posés par Iba N’Diaye et d’autres politiciens de son acabit. Le malheur des uns fait le bonheur des autres De l’autre côté, les opposants à l’ancien régime notamment les initiateurs du MP 22 qui se sont retrouvés au sein du COPAM ont vu le coup d’Etat comme un moyen de prendre les commandes du pays. Selon eux, les partis proches d’ATT doivent rendre compte de la gestion calamiteuse du Mali durant les neuf dernières années. Oumar Mariko du parti Sadi estime que ces partis ont plongé le Mali dans le gouffre en s’adonnant à la mauvaise gestion. Ce qui s’est traduit par l’enrichissement illicite, le mensonge et l’injustice qui ont conduit à la dégradation des conditions de vie des Maliens. En conséquence, les partis de la Gauche pensent que l’insécurité alimentaire, l’effritement de l’éducation, la hausse du taux de chômage et le banditisme ont pris des proportions inquiétantes. Toujours selon Oumar Mariko, les partis proches d’ATT ont eu leurs députés et maires par des fraudes électorales, et cela, après avoir mis le pays dans le chaos. «Ils ne doivent pas participer à la transition», disent Mariko et ses compagnons. Ainsi, il est quasi impossible de trouver un terrain d’entente entre ces deux tendances politiques qui pourtant prétendent défendre les intérêts du Mali. Au nom de quel pays agissent les hommes politiques véreux? Car, les politiciens Maliens depuis l’échec des consultations de Ouaga 1 en mi avril dernier à cause de leurs bourdes, refusent de se retrouver autour d’une même table de négociation. Et s’ils se retrouvent c’est pour offrir un spectacle désolant et humiliant à la face du monde. À preuve le 17 avril 2012, soit une semaine après la nomination du Premier ministre, le gouvernement a été mis en place à l’issue de tractations difficiles. De cette date à nos jours, le FDR ne se comporte que de manière à saboter les actions du gouvernement de Cheick Modibo Diarra. Les deux regroupements (FDR et COPAM) par voie de presse se mettent les bâtons dans les roues. Où se trouve l’intérêt du Mali? Ce FDR a aussi refusé de participer à la convention nationale qui proposée au gouvernement par le capitaine Amadou Haya Sanogo devait avoir lieu, le 13 mai 2012. Quant au COPAM, il boycotte les rencontres acceptées ou participées par le FDR. Celle tenue le samedi 07 juillet 2012 à Ouagadougou par le groupe de contact de la CEDEAO sur le Mali est révélatrice. Face à ces discours de haine, des dénigrements et des mensonges savamment répandus par des rumeurs la population ne sait plus quoi faire. Déboussolée, elle aussi est divisée entre les deux tendances (FDR et COPAM) au sein desquels, faut-il le préciser, militent respectivement Siaka Diakité et Amion Guindo. À rappeler que le premier est le secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM). Le second est celui de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) Allahou Akbar ! Où va le Mali? Pour arriver à ses fins, chacune de ces tendances est prête à porter atteinte à la cohésion sociale dont le Mali a le plus besoin en ce moment difficile de son existence. Égocentrisme outré Le hic c’est que ceux qui s’arrogent le droit d’être les légitimes interlocuteurs auprès des instances et organisations internationales n’hésitent pas à demander à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) d’exercer des pressions sur le Mali. L’objectif de cette option saugrenue vise à faire résonner et entendre leurs voix. En tant que le principal intéressé, la voix de cet infortuné peuple Malien n’est jamais prise au sérieux. Ayant été les premiers à se partager les richesses du pays, aujourd’hui, ces hommes politiques sans morale disent agir encore pour faire régner et respecter l’ordre constitutionnel. Or, même les droits les plus élémentaires des citoyens ont été foulés aux pieds. Les préoccupations exprimées par les Maliens lors de la conférence nationale en février 1992 qui a servi de base à l’élaboration de la Constitution ont été piétinées. Certains saigneurs politiques ont indiqué que le fichier électoral de 2011 comportait des atteintes graves au droit de vote de plusieurs milliers de citoyens. Il s’agit notamment de la rétention des cartes d’électeur, de la mauvaise formation des agents électoraux et de la non sensibilisation des populations sur le processus électoral. Pis, les vivants ont voté avec les cartes volées des personnes décédées. Au fil des années rien ne change ! En outre, la sécurité alimentaire, l’accès à la santé pour tous, la justice équitable, la lutte contre l’impunité et la corruption, le droit à l’éducation de qualité et la prise en compte des valeurs morales ainsi que culturelles ont été mal menés. En vingt ans de démocratie, ces desiderata du peuple ont été bafoués. L’assemblée tient des sessions au nom du peuple et moins de 10% des députés font des restitutions à leur base. Il est temps que les uns et les autres reconnaissent leurs erreurs du passé pour se corriger et préparer le futur. Malheureusement, la crise politique devenue le sport favori de certains s’aggrave chaque fois qu’une lueur d’espoir se profile à l’horizon. Mais bizarrement, contrairement aux années précédentes l’année scolaire 2011-20012 s’achève dans des bonnes conditions malgré l’occupation des régions nord du Mali. Grâce aux efforts de chacun les examens se déroulent sans incident majeur. Sur un autre chapitre, à signaler qu’après une année catastrophique sur le plan alimentaire des moyens sont mis en œuvre pour permettre aux paysans d’améliorer leurs productions. Malgré tout le Mali se fera-t-il? Au même moment, la lutte contre la corruption est amorcée. Ce qui suscite le courroux et la folie de certains anciens dirigeants qui ont les mains souillées. Le renforcement de la capacité de l’armée est en cours pour faire face au problème du nord. Les hommes politiques doivent s’abstenir de créer d’autres tensions en exerçant le forcing sur le gouvernement. Ils doivent plutôt penser à alléger les souffrances des pauvres citoyens. Même s’ils n’ont pas la gestion absolue comme par le passé ils peuvent cependant participer et faciliter les actions gouvernementales. Notamment, en ce qui concerne la libération du nord et la bonne tenue des élections à venir. Ensuite, il revient au peuple de faire son choix par la voie des urnes. Souhaitons que les tractations en cours pour l’élargissement du gouvernement aboutissent à une sortie définitive des crises. Il faut éviter la politique : «Otes-toi pour que je m’y mette!» Issa Santara

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Commentaires (50)

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Bourguiba
Bourguiba 14 ans
Franchement "le ridicule ne tue pas" comment pouvez vous imaginer l'avenir du pays sans les politiques. Une question toute bête, après la transition qui prendra le pouvoir. Je vous en prie arrêter de considerer les politiciens comme des gens venus d'ailleurs c'est des maliens, c'est des gens comme nous. Certes il y'a des corrompus mais finalement c'est à l'image de la societé malienne. La societé malienne est corrompue, nous devons tous nous remettre en cause. La premiere question que nous devons tous nous poser est la suivante, "qu'est ce que j'ai fait pour mon pays" et non l'inverse. A partir de là chacun verra le plus value qu'il a apporté à la patrie. Les putchistes ce ne sont pas des politiciens c'est des militaires, cela ne les a pas empêché de vider les caisses de l'etat en deux semaines.
Moussa Ag
Moussa Ag 14 ans
Mon cher ... je ne sais pas si tu es nouveau sur le forum ... mais ils vont bientôt te dire que tu es pro ATT ou profiteur des politiciens... Si je comprend bien... LE MALI VEUT REINVENTER LA POLITIQUE SANS LES POLITICIENS... OU RÉINVENTER LES POLITICIENS... EN TOUT CAS CE SERAIT L'INVENTION DU MILLIENAIRE ... JE NE METTRAIS PAS UN SEUL FRANC CFA DESSUS... Je pense que nous on ne vient peut être pas de ce monde.... Moussa Ag, qui est confus et surpris par ce que les maliens attendent des politiciens... En
Lepeulh
Lepeulh 14 ans
Felicitations mon cher Journaliste et intervenants sur ce forum. La CEDEAO doit reellement voir la situation ou l'egoisme de ces hommes politiques maintenant.A cause de ce mois beni de Ramadan qui pointe, que dieu paie surtout ces hommes du FDR (on les a vu a deja l'oeuvre) de leur mauvaise foi et de leur esprit d'apatride. Nous prions que Dieu aide la CEDEAO a voir clair dans cette situation et donner la force a CHEICK M DIARRA de "FAIRE" enfin ce pays. Courage Cheick M Diarra, ces hommes ne sont pas plus maliens que nous. Vive le PM, vive ce Gouvernement et vive le MALI.
Moussa Ag
Moussa Ag 14 ans
SI LE CNDR ALLAIT AU FRONT OU AU DIABLE... ON VA AVANCER... C'EST LA CONDITION POSÉE PAR TOUS CEUX QUI PEUVENT NOUS AIDER NON... ARRÊTONS DE VIVRE DANS DES RÊVES...LES POLITICIENS N'IRONT NULLE PART... IL N'Y A PAS DE POLITIQUE SANS POLITICIENS...ET CE QU'ON LES REPROCHES C'EST D'ÊTRE POLITICIENS... LES POLITICIENS SONT LES MÊMES PARTOUT DANS LE MONDE... QUE CEUX QUI SONT AUX ÉTATS UNIS ME DISENT LE CONTRAIRE...RÉPUBLICAINS ET DÉMOCRATES DURANT LA CRISE ÉCONOMIQUE ... NE SE SONT PAS MIEUX COMPORTÉS...POURTANT LE PAYS ÉTAIT ET EST TOUJOURS AUX BORDS DE LA CATASTROPHE... C'EST COMME ÇA QUE ÇA MARCHE...SI TU N'AIMES PAS...TU DEVIENS POLITICIEN ET AMENE LE CHANGEMENT DANS LA DIRECTION DÉSIRÉE...OU TU VAS VOTER POUR LE GARS AUQUEL TU FAIS CONFIANCE... MAIS ADMETTRE N'AVOIR PAS VOTÉ....COMMETTRE UN ACTE ANTICONSTITUTIONEL ...ET PLONGE LE PAYS DANS LA CATATROPHE N'EST PAS UNE OPTION... LA PORTE DE LA POLITIQUE EST OUVERTE A TOUS... RENTREZ PAR LA PORTE...ET REDRESSEZ CE QUE VOUS VOULEZ...RENTREZ PAR LE TOIT AVEC DES ARMES ET METTRE LE FEU A LA MAISON EST SIMPLEMENT STUPIDE ET INTOLERABLE ... PENDANT QUE LA PORTE EST OUVERTE ET N'A JAMAIS ETE FERME A QUI QUE CE SOIT... LA PREUVE... MÊME LE CANCRE DE MARIKO EST DÉPUTÉ... SI ON ESPÈRE UN CHANGEMENT DES POLITICIENS POUR AVANCER... ON NE PERD RIEN A ATTENDRE... QUE LES SOLDATS RATÉS AILLENT AU FRONT OU AU DIABLE POUR QU'ON PUISSE AU MOINS OBTENIR L'AIDE EXTÉRIEURE ET FAIRE DU PROGRÈS... Moussa Ag, qui n'a jamais aimé les politiciens du Mali ou d'ailleur... ne les voit pas comme les vrais problèmes du MALI... LES VRAIS PROBLEMES SONT ET ONT TOUJOURS ÉTÉ LES SOLDATS RATES OPPORTUNISTES DU CNDR
1FILSDUMALIBA
1FILSDUMALIBA 14 ans
Mr. Santara. vous avez ete assez clair, nous verrons bien ce que le peuple fera et comment il reagira quand le nouveau gouvernement sera mis en place. Il y a meilleur juge que le peuple et j'ai totalement confiance en lui.
fou.dkg
fou.dkg 14 ans
Vive le Mali!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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