Hamed Sow à propos du sommet de samedi prochain : « Le risque est grand que les Maliens aillent s’affronter à Ouaga »

05 Juil 2012 - 01:31
Mis à jour: 14 ans
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Dans une lettre ouverte adressée au Dr. Cheick Modibo Diarra, Premier ministre, à propos du mini-sommet de concertation nationale à Ouagadougou, le samedi prochain, Dr. Hamed Sow, président d’honneur de l’ASAS fait part de ses réserves à propos de cette instance. Pour lui, « Le risque est grand, comme dernièrement à Ouagadougou, que la partie malienne aille étaler ses divergences et ses contradictions, voire aller s'affronter hors de chez nous ».   [caption id="attachment_46902" align="alignleft" width="310" caption="Hamed Sow: l'ancien ministre des Mines, de l'énergie et de l'eau"][/caption] Monsieur le Premier ministre, Le lundi 25 juin 2012, j'ai fait déposer à votre cabinet une lettre vous suggérant l'organisation d'une Concertation nationale en vue de permettre aux acteurs de la vie politique malienne de se retrouver au tour d'une table pour discuter des graves problèmes, auxquels notre pays est confronté et qu'ensembles nous cherchons les voies et moyens d'une sortie de crise. À l'issue de ces concertations, je vous proposais de constituer un Gouvernement d'union nationale. Je ne sais pas si ce courrier vous est parvenu, en tout cas je n'ai reçu aucune suite à cette démarche de bonne foi. Aujourd'hui, j'apprends par les médias qu'un mini-sommet de la Cédéao se tiendra ce samedi 7 juillet 2012, pour échanger avec les partis politiques et les représentants de la société civile,  sur la situation du Mali et la constitution d'un Gouvernement d'union nationale. Ce mini-sommet, s'il était confirmé, appelle de ma part les réserves suivantes. D'abord, il ne serait pas précédé de véritables consultations entre les forces vives du Mali. Le risque est grand, comme dernièrement à Ouagadougou, que la partie malienne aille étaler ses divergences et ses contradictions, voire aller s'affronter hors de chez nous. Ensuite, le cours délai de préparation, sinon l'impréparation, pourrait nous amener à accepter une feuille de route approximative, sans contenu détaillé, qui risque de se buter à des difficultés insurmontables dans son application. Enfin, le gouvernement d'union nationale, dont le contour sera défini au cours de cette rencontre, risque d'être un club de personnalités politiques jouant les partitions propres à leurs formations originelles au détriment de l'efficacité et de la solidarité de l'action gouvernementale. Un gouvernement qui pourrait être perçu par les Maliens comme étant conçu à l'étranger. Notre fierté nationale a pris suffisamment de coups ces derniers temps pour éviter d'en rajouter aux yeux de notre Peuple. De surcroit, les enjeux sont si importants que la précipitation, corollaire souvent de fautes, ne peut pas être de mise.  Si vous louper la dernière chance de constituer un gouvernement solide, efficace, travailleur, capable de faire face aux énormes difficultés auxquelles notre pays est confronté, alors vous prendrez la responsabilité de plonger le Mali dans une impasse durable. Que nous Dieu nous en préserve!  Face à ces sérieuses menaces, je vous propose une démarche alternative. Elle passe par le report du mini-sommet d’Ouagadougou, en adressant nos humbles excuses aux Autorités des pays frères. Il conviendrait alors de remercier les dirigeants de la Cédéao de tout l'effort entrepris pour notre pays, en leur expliquant de nous laisser un peu de temps afin que nous puissions nous mettre d'accord entre nous Maliens. La véritable Concertation nationale que j'appelle  de mes vœux, à laquelle devraient être conviés les représentants  des principaux partis politiques, des associations de la société civile, des forces de défense et de sécurité, a pour termes de référence : 1.    L'élaboration et l'adoption d'une feuille de route claire pour le Gouvernement de la Transition. Les objectifs à atteindre sont connus : la restauration de l'intégrité du territoire national et l'organisation d'élections libres, transparentes et crédibles, auxquelles pourrait être ajouté un 3ème objectif : celui de l'assainissement de la gestion des fonds publics. Il reste à préciser les moyens et les méthodes pour atteindre les objectifs arrêtés, ainsi qu'un chronogramme de réalisation des actions. Concernant le dernier objectif proposé, le Gouvernement devra procéder à l'audit des services publics par un cabinet international. 2.    L'évaluation et l'adoption d'un calendrier réaliste de la Transition 3.    La définition des rôles et des prérogatives des divers organes de la Transition 4.    La définition des principes directeurs relatifs à la composition du Gouvernement d'union national 5.    La réaffirmation de l'engagement qu'aucun dirigeant, président, premier ministre, membres du Gouvernement de la Transition ne pourra pas se présenter à la prochaine élection présidentielle, conformément à la déclaration des forces vives du Mali, adoptée le 13 avril 2012 à Ouagadougou. Pour atteindre ces objectifs, des concertations préliminaires et une bonne préparation sont déterminantes. En conséquence, je voudrais vous suggérer les actions préalables suivantes : (i)    rencontrer individuellement un groupe  restreint, composé de 3 représentants,  de chacune des principales formations politiques et des organisations de la société civile de notre pays, pour connaître les points de vue des uns et des autres; (ii)    constituer une équipe de 10 d'experts, sélectionnés parmi les représentants des  organisations consultées, au besoin avec l'assistance technique du Secrétariat exécutif de la CEDEAO. Cette équipe technique aura comme mission d'élaborer les synthèses des différentes positions et de procéder aux exercices de rapprochement nécessaires; (iii)     sur la base des travaux des experts, établir un rapport consensuel sur chacun des objectifs de la feuille de route, ci-dessus énumérés; (iv)     organiser une pré-réunion de concertation en vue d'échanger le projet consensuel de la feuille de route avec les groupes des forces vives, initialement rencontrés; (v)    organiser à Bamako, une Concertation nationale élargie, en vue de faire adopter la feuille de route par la majorité des organisations participantes; (vi)     soumettre la feuille de route à l'Assemblée nationale du Mali, au Président en exercice de la CEDEAO, à celui de l'UA et au Médiateur de la crise malienne, en vue de recueillir leurs observations et suggestions, qui pourraient être intégrer dans le document final; (vii)     définir les profils des membres du Gouvernement en fonction des objectifs de la feuille de la route; (viii)     finaliser la mise en place  du Gouvernement d'union nationale, en concertation avec les forces vives (ix)     en cas de blocage, prendre ses responsabilités dans le seul sens de l'intérêt national; (x)    se mettre à la tâche avec conviction et détermination pour libérer notre pays, assainir la gestion de biens publics et organiser des élections crédibles. Un travail intensif de 3 semaines suffirait, à mon avis, pour disposer : - d'une part d'une feuille de route  largement partagée par les forces vives du Mali, par la communauté régionale et internationale - et d'autre part de constituer un Gouvernement national à hauteur de tâches. Restant à votre entière disposition, je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier ministre, l'expression de ma plus haute considération. Bamako, le 3 juillet 2012 Signé Dr. Hamed Sow

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Commentaires (60)

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yepekofa
yepekofa 14 ans
CE SONT DES ASSASSINS A COL BLANC L INTELLIGENTSIA POLITIQUE MALIENNE. SOMMET DU BURKINA FASO= INTERET PERSONNELS DES POLITIQUES SUR L INTERET DU MALI. SE REMPLIR COUTE QUE COUTE LES POCHES EN RENTRANT DANS UN GOUVERNEMENT D INTERETS PERSONNELS. N EST CE PAS IBA N'DIAYE. DIOUNCOUNDA ET AUTRES. MAIS L HISTOIRE VOUS JUGERA UN JOUR.
Alabina
Alabina 14 ans
Que Hamed Sow se taise vraiment, on l'a vu ici et maintenant il cherche à être Premier Ministre. Pourquoi le Mali a accepté de piloter les elections en Guinée - Konakry en president la CENI? Et les militaires maliens qui sont actuellement au Darfour, en RDC, en Haïti, et bien dans d'autres pays? Vous parlez d'honneur, de dignité et je ne sais pas quoi, c'est la honte. Et les 2/3 du territoire, où sont les miltaires qui étaient à Gao, kidal et Tombouctou? où est la dignité? :evil: :evil: :evil: :evil: :evil: :evil: :evil: :evil:
Abou D. TRAORE
Abou D. TRAORE 14 ans
Mr. Sow je comprends votre inquietude. Mais une chose doit etre claire et nette pour tous les participants: celui qui se montrera irresponsable et irrespectueux vis-a-vis des autres le premier doit etre tout simplement arrete par les autorites Burkinabe et jette dans un camion pour le Mali. C'est cette meme irresponsabite et cet esprit immature qui font qu'au lieu d'organiser les rencontres au Mali, on prefere ailleurs pour eviter tout comportements dIgnes des animaux. Arretons de blamer les autres pour nos irresponsabites. UN HOMME C'EST CELUI LA QUI DISCUTE AVEC SON PROCHAIN SANS MANQUE DE RESPECT A PLUS FORTE RAISON EN VENIR AUX MAINS. C'EST CE QUI NOUS DIFFERENCIE DES ANIMAUX.
Hamed Sow, le monde entier est déjà au courant de la discorde entre les maliens et du manque de patriotismes de ses politiciens à commencer par vous et à finir par Chèque Maudit Diarra
Hamed Sow, le monde entier est déjà au courant de la discorde entre les maliens et du manque de patriotismes de ses politiciens à commencer par vous et à finir par Chèque Maudit Diarra 14 ans
Tout ce qui permet au Mali de libérer le Nord et de sortir de la crise doit être envisagé et accepté sans complexe ni fausse fierté. Il est clair que le gouvernement actuel a brillé par son incompétence, sa connivence avec le CNRDE, son népotisme et sa gabegie, les mêmes choses qui ont été reprochées aux régimes précédent voire pire car la liberté d'expression était au moins garantie sous ces régimes alors qu'avec la chasse aux sorcières actuelle le président de la République a été agressée, les journalistes et les leaders politiques chaque fois persécutés. Le Mali a perdu sa souveraineté et sa dignité depuis le crapuleux coup d'Etat de Sanogo qui a plongé le Mali dans le chaos et l'humiliation. Le gouvernement complice de Chèque Maudit Diarra dit de plein pouvoir n'a ni dénoncé les exactions de Sanogo ni apporté le moindre changement. Il a perdu toute crédibilité en plus de son illégitimité. Le Mali a besoin d'un gouvernement de transition inclusif, pas d'une famille ou d'un clan comme l'inspire le gouvernement actuel. Un pays où on a attenté à la vie du président de la République, un vieillard de 70 n'est pas l'endroit idéal pour tenir un sommet où sont invités d'autres chefs d'Etat. Il n' y a que la sécurité des membres du CNRDE et du gouvernement et leurs alliés qui est garantie au Mali. Qu'importe le lieu, partout où on peut trouver une solution pour faire sortir le pays de la crise, il faudra y aller.
npogo
npogo 14 ans
Le mali fait partit du territoire de la CDEAO ça fait des mois que ses autorités iresponsables qui ne sont pas patriotiques n'arrivent même pas à s'entendre entre eux chacun veut sont intérêt personnel, donc la CEDEAO doit reagir n'importe comment pour liberer la population du nord et instauré l'integrité territorial même sil faut remplacer le president et le premier ministre a n'importe quelle nationalité du manbre de la CEDAO.
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