Le Mali à vau – l’eau

03 Fév 2016 - 12:03
Mis à jour: 11 ans
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Le Mali à vau – l’eau
Le Mali a vau – l’eau
Avec  la suspension du droit de vote de notre pays à l’ONU, pour non – paiement de ses cotisations depuis deux ans qu’IBK est au pouvoir, le Mali semble avoir touché, désormais,  le fond. L’heure est grave. Très grave. Trop grave. Et le capitaine du « Bateau-Mali » peine à s’en convaincre. Visiblement. Jamais l’honneur n’a été autant trainé dans la boue. Et le bonheur des Maliens, relayé aux calendes grecques. Les affaires succèdent aux affaires. Les scandales aux scandales. Sans discontinuer. L’affaire dite des équipements militaires, de l’avion présidentiel, de l’engrais frelaté…. Pour ne citer que celles-ci. Pour toutes ces affaires à relent de scandales, des enquêtes ont été promises. Et des sanctions, contre les coupables. Un an après, les auteurs de ces magouilles, qui ont fait perdre à l’Etat des dizaines de milliards CFA, se la coulent douce. Soit au Palais de Koulouba. Soit dans leur château, construit avec de l’argent à la provenance douteuse.   Espoirs déçus   Tous ceux qui ont applaudi,  à se rompre les phalanges à l’élection d’IBK,   ont déchanté. Pendant qu’une minorité, proche du pouvoir, s’en met plein les poches, l’écrasante majorité des Maliens peine à s’offrir trois repas par jour. Dans certains quartiers périphériques de notre belle et sale capitale, la misère est si forte que certains chefs de famille se voient contraints de quitter le domicile conjugal,  dès l’aube et sur la pointe des pieds. Parce qu’ils ne disposent pas des 500 ou 1000 CFA pour faire bouillir la marmite. Partout, le même constat, le même refrain : « bouffe et tais-toi et s’il en reste la nation pourrait en bénéficier ». L’insécurité a franchi le seuil du tolérable. Armés jusqu’aux molaires, les bandits entrent, en plein jour, dans les domiciles d’honnêtes citoyens. Avant de les zigouiller à la kalachnikov. En toute impunité. « Nul n’est et ne saurait être au-dessus de la loi », avait promis IBK à son investiture. Deux ans après, la corruption et le népotisme sont d’un naturel insoupçonné. Et le détournement du dénier public est devenu un sport national. Quant à la justice, elle est « indépendante de tout, sauf de l’argent sale », selon la formule, désormais, célèbre de Me Fanta Sylla, ex-ministre de la Justice, Garde des « Sots ». Quand ce ne sont pas les bandits qui tuent, violent,  ce sont les « forces du désordre » qui rackettent les usagers de la route. Sans autre forme de procès. Dans les villes, comme à la campagne. Au nord, le banditisme résiduel est devenu le quotidien des populations. A bord de véhicules 4X4 ou de motos, narcotrafiquants et islamistes volent et violent les maigres ressources des pauvres populations. Sans que cela  n’émeuve nos autorités, confortablement, installées  dans le confort douillet de leur bureau. Ou de leur villa de la « Cité ministérielle ». Deux ans après l’élection d’IBK à la magistrature suprême de notre pays, le constat est là, amère. Tiraillés, entre un quotidien insupportable et un avenir incertain, les Maliens sont, aujourd’hui, au bord de la crise de nerf. « Le pays est sur répondeur ! », déplorent nos concitoyens.   L’humiliation de trop !   Et comme si cela ne suffisait pas, le Mali vient de recevoir, cette fois-ci au plan international, la plus grosse humiliation de son histoire. Avec la suspension de son droit de vote à l’ONU, faute d’avoir payé ses cotisations, notre pays est, depuis la semaine dernière, la risée du monde. A cause de la légèreté de certains hauts fonctionnaires, plus préoccupés de leur propre bien-être que celui de leur pays. Ou de leurs concitoyens. Pire, notre pays risque de voir,  dans les jours, voire les semaines à venir, son ambassadeur à l’ONU prendre le métro pour se rendre à son bureau. Après plusieurs sommations, restées sans suite, la ville de New-York menace de poursuivre l’ambassadeur du Mali à l’ONU, en justice. Avec, à la clé, l’interdiction de circuler contre les véhicules de notre ambassade. Parce que les véhicules de l’ambassadeur cumulent des P.V impayés d’une valeur de 25.000 dollars ; soit l’équivalent de 15 millions CFA. Bref, à l’intérieur, comme à l’extérieur, «  l’honneur du Mali » est loin d’être sauf. Le «  bonheur des Maliens », aussi. S’y ajoute la mise en œuvre de l’accord de paix et de réconciliation, issu du processus d’Alger. Sept mois après sa signature, il est toujours au point « maure ».   Les arriérés de cotisations payés, mais  l’honneur du Mali reste  entaché   Aux dernières nouvelles, le gouvernement s’est acquitté de ses cotisations à l’ONU. Les 200 millions CFA d’arriérés ont été réglés. Comme en témoigne une lettre du secrétaire général de l’ONU, rendue publique hier. Mais le mal est déjà fait. Pourquoi le gouvernement a-t-il attendu que notre pays soit humilié avant de s’exécuter ? Une certitude : ce manque d’anticipation de nos gouvernants n’est ni un oubli, ni une erreur d’écriture, comme certains tentent de le faire croire ; mais plutôt,  une légèreté dans la gestion des affaires publiques. Et à tous les niveaux, ou presque. Considéré, en  juillet 2013, comme le seul candidat à même de restaurer « l’honneur du Mali » et de faire «  le bonheur des Maliens », IBK a été élu, au second tour, avec un score de 77,3 % des voix. Deux ans après, l’espoir suscité par son élection a fondu comme beurre sous le soleil d’Aguel-hoc. Requiem ! Oumar Babi

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Commentaires (75)

User
Huther
Huther 11 ans
Comme l’a si bien signé le premier ministre, c’était une erreur et elle vient d’être corrigée au grand bonheur de tout le peuple Malien qui a été pris au cou en apprenant cette triste nouvelle. Je salue le PM pour la promptitude avec laquelle cette affaire a été dénouée.
Soundjata
Soundjata 11 ans
Je pense que chacun y va de son propre commentaire. Mais, c’est loin d’être une humiliation ou que sais-je encore. Le PM affirme que c’est une erreur de la part du trésor public. L’erreur a été décelée, donc une correction sera faite très rapidement pour mettre un terme à cette histoire qui n’honore pas notre pays.
Calice de Niono
Calice de Niono 11 ans
Certes, je suis heureux du dénouement de cette affaire, mais il faut que nos autorités aient un oeil regardant sur les affaires d’Etat afin que de telle situation inconfortable qui a terni l’image de notre pays, ne se répète plus. Que les responsables soient punis pour leurs actes.
Mouniratou Fall
Mouniratou Fall 11 ans
C’est une bonne nouvelle pour moi de savoir que l’incident regrettable que nous avons connu ces dernières heures est très loin de nous. J’interpelle nos autorités à veiller à ce que de telle inadvertance ne se reproduise plus dans notre pays et que les responsables soient sanctionnés à la hauteur de leurs actes.
Mangan Konfata
Mangan Konfata 11 ans
Nous avons dit lorsque cet incident malheureux s’est produit que nos autorités sauront donner une réponse prompte à la hauteur de l’acte. Aujourd’hui, c’est chose faite. Une fois de plus, nos autorités ont montré qu’elles sont responsables et que nous pouvons compter sur elles pour la bonne marche de ce pays. Alors qu'arrête ces polémiques incessantes autour de cet incident malheureux.
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