Le Parena interpelle le pouvoir : « Qu’a-t-on fait des 480 milliards inscrits dans les budgets 2014 et 2015 au titre de la défense et de la sécurité ? »

02 Déc 2015 - 00:26
Mis à jour: 11 ans
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Le Parena interpelle le pouvoir : « Qu’a-t-on fait des 480 milliards inscrits dans les budgets 2014 et 2015 au titre de la défense et de la sécurité ? »
Tiebilé Dramé, président PARENA
Lundi 1er décembre, dans un mémoire particulièrement critique, le Parena, parti d’opposition, a dénoncé les faiblesses de la politique sécuritaire du pouvoir qu’il invite à abandonner les mauvais choix.  Selon le parti du bélier blanc, l’attaque contre l’hôtel Radisson est la quatrième d’une série noire à Bamako et la deuxième contre un hôtel au Mali. Cependant, « le sort de la  plupart des auteurs de  ces attaques est inconnu à ce jour et nul ne sait le point des enquêtes visant à les neutraliser », souligne le mémoire. Pire, le Parena considère que la situation sécuritaire du pays s’est considérablement dégradée tout au long de l’année en cours avec plus de 100 incidents armés enregistrés depuis le 1er janvier, entraînant la mort d’au moins 350 personnes. En clair, le parti d’opposition pointe un doigt accusateur sur la part de responsabilité de la mauvaise gouvernance, et surtout s’inquiète de la déclaration faite par le président de la République le 22 novembre, recevant son homologue du Sénégal après le drame de l’hôtel Radisson. A l’occasion, le président de la République avait annoncé que les Forces Spéciales maliennes seront mises dans les conditions pour accomplir leur mission, « même s’il faut recourir à un collectif budgétaire », alors que l’examen du budget 2016 est à peine entamé. Et le Parena de s’interroger face à cette déclaration présidentielle : « Qu’a-t-on fait des 480 milliards inscrits dans les budgets 2014 et 2015 au titre de la défense et de la sécurité ? »  Enfin, les auteurs du mémoire recommandent au pouvoir une série de mesures dont la surveillance accrue des sites stratégiques et points sensibles tels que les sièges d’institutions, les ponts, centres de conférence, hôtels, stades et lieux de rassemblement ; l’organisation de patrouilles de surveillance sur les trois ponts de la capitale  et une protection renforcée des résidences des chefs d’institutions et des membres  du Gouvernement. Voici ci-dessous le texte intégral dudit mémoire. MEMOIRE DU PARENA SUR LE CARNAGE DU  RADISSON ET LA DETERIORATION DE LA SITUATION SECURITAIRE:   1-            Le 20 novembre dernier, une attaque terroriste d’une ampleur sans précédent a frappé Bamako : 22 morts dont une quinzaine de  visiteurs étrangers et plusieurs Maliens (personnel de l’hôtel et agents de sécurité).   2-            Quelques heures plus tard, le PARENA a rendu public un communiqué par lequel les dirigeants, militants et sympathisants du parti s’inclinaient devant la mémoire des victimes innocentes de l’attaque, dénonçant les terroristes-tueurs qui avaient pris pour cible notre pays et nos hôtes ressortissants de pays amis. Enfin, nous avons salué l’action salvatrice des FAMAS et de leurs camarades américains,  français et onusiens.   3-            Par la suite, le PARENA a observé  les trois jours de  deuil national et l’état d’urgence décrété par le président de la République pendant dix jours.   4-            Nous exprimons notre profonde gratitude aux gouvernements et aux peuples du monde entier, notamment ceux  du bassin du fleuve Sénégal et de la CEDEAO, pour la solidarité fraternelle à nouveau exprimée à l’endroit du Mali.   5-            Le deuil national et l’état d’urgence étant achevés, il est de notre devoir démocratique et citoyen de soulever des questions et de souligner les dysfonctionnements et les ratés de l’action gouvernementale dans la gestion de la sécurité nationale.   6-            La fusillade du Radisson est la 4ème attaque perpétrée dans le District de Bamako depuis le début de l’année 2015. Elle survient après l’attentat contre le général Mohamed Abderahmane Ould Meydou (26 janvier), la fusillade de la Terrasse  (7 mars), l’attentat contre le poste de police de l’autogare de Sogoninko (12 août). C’est la deuxième attaque contre un hôtel qui se termine dans le sang après celle du Byblos (Sévaré, les 7et 8 août).   7-            Le sort de la  plupart des auteurs de  ces attaques est inconnu à ce jour et nul ne sait le point des enquêtes visant à les neutraliser.   8-            Cette réalité aurait dû conduire le gouvernement à prendre des mesures appropriées pour protéger les sites sensibles de la capitale. Or chacun sait que le Radisson comme tous les autres hôtels étaient jusqu’au 20 novembre sous la seule protection des agents de sécurité privée qui ne sont armés que de gourdins.   9-            En outre, les attentats terroristes perpétrés à Paris, le 13 novembre, auraient dû inciter le Gouvernement à prendre des mesures préventives de sécurité pour protéger la population malienne et nos hôtes. Ce ne fut pas le cas.   10-          Par ailleurs, les syndicats de la Police nationale ont déploré le dénuement dans lequel se trouvaient les Forces Spéciales au moment de l’attaque contre le Radisson. Ils ont souligné, en particulier, le manque de gilets pare-balles. Selon la Mercuriale des prix du MDAC, un gilet pare-balles coûte selon le protocole conclu avec GUO-STAR, 650.000 francs CFA l’unité, payable sur trois ans. Des gilets pare-balles ont-ils été commandés à GUO-STAR en 2013? Si, oui, ont-ils été livrés ? Comment expliquer que les Forces Spéciales aient manqué de gilets pare-balles le 20 novembre 2015?   11-          Le 22 novembre, recevant son homologue du Sénégal, le président de la République a annoncé que les Forces Spéciales maliennes seront mises dans les conditions pour accomplir leur mission, « même s’il faut recourir à un collectif budgétaire » alors que l’examen du budget 2016 est à peine entamé ! Que faut-il déduire de cette déclaration présidentielle ? Qu’il n’y avait ni prévision ni provision pour doter les forces de sécurité de moyens nécessaires à l’accomplissement de leur mission? Cette déclaration du Président soulève une autre question : si nos forces ne sont pas dans les conditions, qu’a-t-on fait des 480 milliards inscrits dans les budgets 2014 et 2015 au titre de la défense et de la sécurité ?   12-          La sécurité, la protection des personnes et des biens est une question de gouvernance, de bonne gouvernance. Quand un gouvernement baigne dans la mauvaise gouvernance, dans les scandales de détournements de fonds publics, comme c’est le cas au Mali, il aura du mal à doter les forces de moyens adéquats et à assurer la sécurité des citoyens.   13-          Pour mémoire, des contrats d’une valeur totale de 108 milliards ont été conclus à partir du 13 novembre 2013 entre le Gouvernement et la société GUO-STAR représentée par un proche du Chef de l’Etat que celui-ci a décrit à l’époque comme « un spécialiste en ingénierie financière ».  Ce « spécialiste » sera nommé le 7 janvier 2014 Conseiller Spécial du président de la République. Conclus pour une période de trois ans,  ces contrats de fourniture de matériels à l’armée ont donné lieu à des micmacs inqualifiables et à de grossiers virements  de milliards sur des comptes bancaires à l’étranger...   14-          La situation sécuritaire s’est considérablement dégradée tout au long de l’année en cours. Plus de 100 incidents armés de sécurité ont été enregistrés depuis le 1er janvier entraînant la mort d’au moins 350 personnes. Depuis la signature de l’Accord de paix et de réconciliation en juin, 44 incidents se sont produits sur l’ensemble du territoire national et 174 morts ont été recensés.   15-          Le PARENA exhorte président de la République et le Gouvernement à sortir du cycle de l’improvisation et à mettre au point une stratégie nationale autonome de sécurisation et de protection  du peuple en rénovant notre outil de renseignement, de défense et de sécurité. En mettant l’accent, au regard des menaces et des défis auxquels nous sommes confrontés, sur la prévention et les ressources humaines.   16-          Le PARENA recommande :   -              une surveillance accrue des sites stratégiques et points sensibles tels que les sièges d’institutions, les ponts, centres de conférence, hôtels, stades et lieux de rassemblement ; -              l’organisation de patrouilles de surveillance sur les trois ponts de la capitale ; -              une protection renforcée des résidences des chefs d’institutions et des membres  du Gouvernement -              la dotation effective des forces spéciales et de toutes les forces armées et de sécurité en moyens nécessaires à l’accomplissement de leurs missions. Bamako, le 1er décembre 2015 Le Comité Directeur du PARENA.          

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Commentaires (145)

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Malamine
Malamine 11 ans
Je suis indigné de voir cette opposition malienne haussé la voie sur la gouvernance actuelle du pays. Elle qui n’a pas voulu adhéré au gouvernement enfin d’apporter son expertise à la gestion du pays. Elle qui malgré tout cela, continue à inciter la population contre le président de la République. Elle qui ne cesse d’injurer le chef de l’Etat aux yeux du monde d’entier. Elle qui abime l’image du Mali à travers le monde d’entier. Elle qui se déplace même pour aller à l’extérieur du pays poser des actes allant à l’encontre de la nation malienne. Que dire de plus, cette opposition ne mérite pas le salut des maliens, encore moins son soutien. Donc, de grâce qu’elle aille au diable, car elle n’a pas son mot à dire sur le régime IBK.
Malick
Malick 11 ans
Le Mali a eu la chance d’avoir tous ces grands hommes en son sein. Cela étant ils doivent joués un rôle important dans la reconstruction du pays. C’est-à-dire apporté son aide psychologique et physique aux gouvernants enfin de les aider à porter le Mali plus haut.
Philipine
Philipine 11 ans
L’opposition malienne n’est pas obligée de soutenir Ibrahim Boubacar Keita. Mais ce qui est sûr, le Mali n’aura pas un homme comme lui. D’ailleurs, il est celui qui a voulu instauré pour la première fois, la paix sur la scène politique malienne. Raison pour laquelle, sans hésiter il a tendu la main à ses frères de l’opposition. Malheureusement, ceux-ci ne se sont pas attardés à refuser sa proposition. Alors, qu’est-ce qu’ils peuvent bien enrouloir à IBK à présent, le mieux est qu’ils se taisent à jamais.
NiChOou
NiChOou 11 ans
Le chien aboie, la caravane passe. Soumaila Cissé et Tièbilé Dramé avec leur bande sont des chiens qui aboient sans cause. Mais à ce que je vois les wolosso deviennent de plus en plus nombreux dans le milieu noble. Ça se voit bien que nos opposants sont wolosso non des nobles. Sinon en tant que voleurs Tièbilé Dramé et Soumaila Cissé ne doivent jamais levé le ton pour critiquer qui que ce soit.
Bathily
Bathily 11 ans
Ces hommes et femmes qui conçoivent l’opposition malienne aujourd’hui sont les garants de cette crise dont nous traversons depuis un certain temps. Prenons le cas de Tièbilé Dramé. Je me souviens encore ce Ministère vide et calomnieux dénommé de Zones Aride et Semi-Aride créé par l’Ex président Alpha Oumar Konaré dont Tièbilé fut chargé de présider ce département. Sans oublier, notre cher Soumaila, celui-là même qui a conduit nombreux chefs de famille dans le chômage, la misère, le désespoir, le déshonore, quand il fut à la tête de la CMDT. A cela s’ajoute son parcours frauduleux au Ministère de la finance et à L’UEMOA.
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