Motion de censure contre le gouvernement : Ça passe ou ça casse pour Mara demain!

17 Juin 2014 - 03:34
Mis à jour: 12 ans
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[caption id="attachment_268642" align="alignleft" width="620"]Déclaration de Politique Générale du Gouvernement Moussa Mara[/caption] Même si avec la forte majorité parlementaire dont jouit le gouvernement, l'adoption de la motion de censure initiée par l'opposition (22 députés) semble peu probable, le Premier ministre Moussa Mara sera très attentif au déroulement de la plénière de demain à l'Hémicycle. Car, il y joue sa survie politique dans un véritable quitte ou double. Sans oublier que le dépôt de cette motion de censure revêt en soi une importance particulière tant aux yeux de l'opinion que des analystes politiques.   En déposant cette motion de censure le vendredi dernier, l'opposition malienne démontre qu'elle veut jouer crânement son rôle en s'inscrivant dans un cadre totalement républicain et constructif.   La voie légaliste... En effet, après avoir vainement demandé la démission du Premier ministre Moussa Mara pour "sa responsabilité dans le drame de Kidal du 21 mai 2014", Soumaïla Cissé et ses amis empruntent la voie légaliste pour convaincre l'opinion sur la nécessité pour le pouvoir de changer de cap. En contraignant le gouvernement à la démission, si la motion venait à être adoptée aux 2/3 des membres composant l'Assemblée nationale, soit 98 députés sur les 147. Ce qui est difficile, même si certaines sources prévoient que de nombreux députés de la majorité profiteront du vote à bulletin secret pour voter favorablement la motion. Donc, le résultat de ce vote demain à l'Hémicycle sera un baromètre de la cohésion au sein de la majorité parlementaire. Normalement, seules les 22 voix de l'opposition devraient être favorables à la censure du gouvernement.   Si, l'on enregistrait un nombre de voix supérieur à cela, ce sera le signe que des députés de la majorité ne se sentent plus solidaires vis-à-vis de l'équipe Mara. Ce qui corroborerait les critiques selon lesquelles, le parti majoritaire, le RPM (70 députés) brûle d'envie de voir sortir le Premier ministre de ses rangs. La question se pose de savoir si Mamadou Diarrassouba et ses amis peuvent comploter pour un renversement du gouvernement, afin qu'un des leurs soit nommé à la primature. Vont-ils tenter un nouveau pied de nez à IBK, après l'épisode d'Issaka Sidibé, qui n'était pas le candidat de Koulouba pour le perchoir ? En votant cette motion de censure certains députés du RPM, de l'ADEMA et de l'APM supporteront-ils l'idée d'avoir fait le jeu de l'opposition ? Ce sont là des questions qui poussent à comprendre que l'initiative de l'opposition vise plus à marquer les esprits qu'à atteindre l'objectif ultime d'une telle procédure. En effet, après la débâcle de Kidal des 17 et 21 mai 2014, la majorité de l'opinion publique s'est rendue compte que IBK et son gouvernement, avec à sa tête Moussa Mara, peinent véritablement à combler les attentes des populations. L'exécutif, qui semblait patauger dans d'éternels tâtonnements sur les grandes préoccupations du peuple (Kidal, cherté de la vie, l'école avec l'organisation chaotique des examens, la lutte contre la corruption, etc) venait de montrer qu'il fait preuve simplement d'un pilotage à vue, d'un amateurisme dans la gestion des affaires publiques. A titre d'exemple, les récriminations faites par le PARENA, dans son mémorandum intitulé "IBK, sept mois après, le Mali dans l'impasse", exacerbaient le sentiment de désillusion d'un peuple qui a pourtant accordé près de 78 % de ses suffrages au président Ibrahim Boubacar Kéita. Un peuple qui se pose aujourd'hui la question de savoir s'il ne s'est pas trompé sur les capacités réelles de celui qu'il a plébiscité pour diriger le pays et relever les nombreux défis auxquels il fait face.   C'est dans ce sens que la motion de censure énonce les griefs comme "la gestion calamiteuse des finances publiques avec des dépenses extrabudgétaires importantes en si peu de temps ; l'école qui va mal avec les incertitudes de l'année universitaire 2014 et des examens du D.E.F et du BAC émaillés de fraudes graves sans précédent ; les mensonges au sommet de l'Etat (avion présidentiel, décision d'ouverture des hostilités à Kidal …etc.) ; le peu de lisibilité dans les négociations sur Kidal ; la quasi absence du dialogue politique ; la non approbation de la lettre d'intention avec le FMI ; la dégradation du pouvoir d'achat et l'absence de politique de relance de l'investissement et de la consommation ; l'insécurité grandissante dans les villes et campagnes ; la corruption généralisée et la totale opacité dans la passation de certains grands marchés de l'Etat ".   L’opposition félicitée par des députés de la majorité Et il nous est revenu, de sources sûres, que l'opposition a reçu des félicitations de plusieurs députés de la majorité pour avoir eu le courage de dénoncer ces insuffisances de la gouvernance actuelle. C'est la preuve qu'en tant que représentants du peuple, la plupart des députés reconnaissent la pertinence des griefs évoqués. S'ils devaient donc prioriser les attentes de leurs électeurs, la motion aura des chances réelles de passer. C'est donc le ça passe ou ça casse pour le Premier ministre Moussa Mara et son gouvernement demain à l'Assemblée nationale. Rappelons que la motion de censure se fonde juridiquement sur les articles 78 et 79 de la Constitution du 25 février 1992 et sur les articles 95 et 96 du Règlement intérieur de l'Assemblée nationale. Cette motion de censure est la deuxième du genre de l'histoire politique du Mali et intervient 20 ans après celle déposée, en 1994, par Me Mountaga Tall du CNID Faso Yiriwa ton, alors député à l'Assemblée nationale, contre le gouvernement d'un certain Ibrahim Boubacar Keïta (Premier ministre). Elle n'avait pas été adoptée car l'Hémicycle était dominé par l'Adema, le parti du chef du gouvernement d'alors. Le même sort sera-t-il réservé à la présente motion ? La Réponse demain, au moment où Moussa Mara retient son souffle. Le pays aussi…   Bruno Djito SEGBEDJI

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Commentaires (29)

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Abdoulaye Maïga
Abdoulaye Maïga 12 ans
Tous les Maliens doivent s'arranger derrière une seule et unique personne pour faire face à des ennemis communs:MNLA et les arabes armés. Je pense qu'il faut laisser Moussa Mara faire son travail.
Nation
Nation 12 ans
Parole honnête, les oppositions traverse la limite en essayant de forcer le gouvernement à démissionner. Le gouvernement vient d'être mis en place et qu'ils méritent d'être donné la chance de faire leurs preuves. Qu'est-ce que le Mali gagner de changer le gouvernement tous les six mois. Les oppositions doivent cesser leur attitude égoïste et travailler pour le pays. Il ne devrait pas d'éventuelles crises de l'institution après les élections. Je suis complètement en désaccord avec les oppositions au gouvernement de démissionner. Je n'ai aucun problème si ils donnent leur contre-vue sur les initiatives et les actions du gouvernement. Cependant, obligeant le gouvernement à démissionner est une erreur. Ils devraient apprendre à être calme comme Modibo Diarra et Zoumana Sako, et laissent le gouvernement met l'accent sur ses programmes. Maliens jugera le gouvernement après cinq ans. Ce n'est pas le type d'oppositions que je serai heureux de l'avoir.
seydou camara
seydou camara 12 ans
Les gens(députés) ne doivent pas voir cette motion comme une affaire de l'opposition mais plutôt une affaire nationale des hommes politiques comme ils le sont aujourd'hui.Ils doivent voir le Mali et non un homme,donc ils ne doivent pas laisser aller le Mali vers le KO généralisé du à l'incapacité d'un seul individu. Alors vous les députés soucieux du Mali et conscients de vos responsabilités,votez pour cette motion pour enfin doter le Mali d'un homme capable car le Mali à l'heure actuelle n'a pas besoin d'un apprenti mais d'un homme doué et capable.
Diapy Diawara
Diapy Diawara 12 ans
Cette motion de censure est un exercice democratique que l'opposition n'as aucun moyen de faire aboutir à la chutte du gouvernement du fait meme de sa propre representation qui n'est que minable à l'assemblé nationale,c'est comme je le dis,juste un exercice
nfp
nfp 12 ans
RADIOSCOPIE D’UN PRESIDENT ELU, ET D’UN P-M SUR MESURE . A mon sens, IBK n’a pas choisi du tout Mara « par défaut », mais au contraire, de façon tout à fait réfléchie. En y regardant de plus près, Mara était quasiment « taillé sur mesure » pour un président comme IBK, au même titre que Tatam LY, lui, était l’exact contraire d’un P-M pour lui ; Autant Tatam Ly était un vrai technocrate d’une part, effacé et discret, et soucieux de RESULTATS REELS pour le pays d’autre part, autant IBK est un navigateur-à-vue « à l’ancienne », et friand de cérémonies officielles et de tapis rouges, de discours et de déclarations ; Quand aux RESULTATS REELS pour le pays, il est surtout soucieux de sa poche, de son standing, et de sa famille !… Ca ne pouvait donc pas marcher, et…………….CA N’A PAS MARCHE !… Exit Tatam Ly ! Partisans ou détracteurs, nul n’ignore la très haute idée qu’IBK a de sa propre personne ; A ce titre, il est connu pour n’admettre ni contradictions ni discussions et pour n’écouter personne, d’où, d’ailleurs, sa spectaculaire succession de gaffes et de bourdes continues depuis son arrivée à Koulouba! En bref, sous le « règne » de son Altesse IBK, soit on se prosterne et on l’approuve dans tout, soit on l’exaspère et on s’attire ses foudres ; Qui se risquerait donc à «conseiller » le maître de Koulouba à chaque fois qu’il va dire ou faire une connerie ? (Conséquence logique pour un vieux Ex-PM dépassé et imbu de lui-même qui n’écoute personne: IBK DIT et FAIT connerie sur connerie non seulement avec une régularité de métronome mais de plus, à une cadence confondante !) Et Mara dans tout ça ?… Pourquoi un Ex-PM « à l’ancienne » comme IBK choisirait-il comme PM un Ex-comptable comme Mara ?… Si IBK se montre dramatiquement LENT à comprendre les règles élémentaires de la real-politik du 21ème siècle, l’humiliant claquage de porte de Tatam Ly lui a au moins permis d’en assimiler une (C’est mieux que rien !) ; Quand on ne souffre la moindre discussion ou le moindre conseil et qu’on veut gouverner comme un Dieu sur terre, REGLE N°1 : ECARTER D’OFFICE les fortes personnalités bien trempées ou les « pros » réellement intègres et soucieux de résultats ; En bref, tous les gêneurs capables de renoncer aux honneurs ou à leur carrière si le boss leur demande de faire ou de cautionner quelque chose d’aberrant ou de malhonnête ! C’est rare, mais ça existe (Cf Tatam ou Boubeye !) Or, plus carriériste et opportuniste politique que Mara, C’ETAIT DIFFICILE A TROUVER MEME CHEZ NOUS !… Ensuite, quand on entend gouverner « à l’ancienne », c’est-à-dire s’en mettre plein les poches et soigner d’abord la famille et le standing, cela implique de recourir aux « bonnes vieilles recettes », à savoir, marchés truqués, sans appels d’offres, etc. bref, beaucoup de bobards à faire avaler au peuple ! Et là, il ne suffit plus d’avoir un P-M peu scrupuleux sur le plan de l’INTEGRITE : Il faut en plus qu’il soit prêt à mentir SANS LA MOINDRE HESITATION, tant aux députés qu’aux citoyens ! Un pro, quoi ! Or, plus menteur que Mara, C’ETAIT DIFFICILE A TROUVER MEME CHEZ NOUS !… (En quelques semaines, entre le Boeing et Kidal, son « talent » en la matière n’est plus à démontrer !) En conséquence, je persiste à penser que Mara n’a pas été choisi par IBK « par défaut » comme veut bien le dire une vaine presse, mais qu’il a bien été choisi en fonction de ses …compétences ! Pour moi, Mara est bien l’Homme qu’il faut, surtout… DANS LE REGIME QU’IL FAUT !
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