Présidentielle 2018 : Pourquoi IBK ne sera pas réélu

24 Nov 2017 - 05:44
Mis à jour: 9 ans
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Présidentielle 2018 : Pourquoi IBK ne sera pas réélu
Mali : Les leçons de l’échec de la révision constitutionnelle

«Quatre ans de scandales financiers à répétition; quatre ans de mensonges, et de mensonges d’Etat ; quatre ans de mauvaise gouvernance politique et économique; quatre ans d'insécurité permanente et d'instabilité sociale chronique ; quatre ans de caporalisation systématique des médias d'Etat; quatre ans de corruption endémique et surtout d'impunité insultante; quatre ans de népotisme et de recul de l’Etat au profit d’un exercice aux relents monarchiques et dynastiques ; quatre ans de mépris à l'endroit de nos compatriotes de l’intérieur et de ceux établis à l'étranger », tel est le bilan sombre du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) décrié par l’opposition. Et ce n’est pas seulement l’opposition politique qui est désenchantée car d’autres acteurs de la société expriment leur ras-le-bol face à la manière dont le pays est géré. Il y a tellement de frustrés et de mecontents qu’il sera quasiment difficile pour le président de la République de redresser la pente pour pouvoir espérer un second mandat.

Mathématiquement, les élections présidentielles sont prévues en juillet-août 2018. Nous sommes donc à moins de dix mois de ce scrutin. La campagne présidentielle est loin d’être ouverte mais les préparatifs vont bon train. Pour soigner son image, le président IBK va de plus en plus à l’intérieur du pays. Histoire de reconquérir la confiance des Maliens qu’il avait perdue. Après Kayes, le président est à sa deuxième tournée dans la région de Sikasso. Peine perdue, car chaque jour, on entend la colère, la déception, la frustration des gouvernés parmi lesquels les commerçants, les enseignants, les étudiants, les orpailleurs, les transporteurs etc. Les commerçants qui ont beaucoup contribué à porter IBK au pouvoir ont vite désenchanté. En fait, ils ont été chassés des grandes artères par les autorités en 2016. La plupart de ces commerçants n’ont jusqu’à présent pas trouvé d’endroit de recasement, donc contraints au chômage. Après cet épisode, l’Association des fournisseurs et opérateurs du Mali est actuellement sur le pied de guerre. Elle estime que l’Etat doit à ses membres plus de 36 milliards de FCFA en guise de dette intérieure. Voyant que le Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga et le ministre de l’Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé, n’arrivent pas à résoudre le problème. Ces mécontents invitent le président IBK à s’impliquer personnellement faute de quoi ils prendront la rue pour réclamer leurs dus. Par ailleurs, les enseignants de tout bord sont mécontents. Ceux du supérieur réclament depuis belle lurette le paiement de leurs heures supplémentaires. Ceux du secondaire sont impatients de l’adoption de leur statut autonome. Ceux du nord exigent plus de protection et de primes. Rien ne marche non plus chez les étudiants. Tout récemment, ils étaient en grève pour dénoncer l’exigüité de la route menant à la cité universitaire de Kabala, à la périphérie de Bamako. Cette route située sur l’axe Kalabancoro-Kabala a déjà causé des morts (étudiants et enseignants). La grogne est aussi vivante sur le plan économique que social. Les cheminots sont abasourdis par l’arrêt du train voyageur ayant conduit à la cessation totale des travaux avec comme corolaire 4 mois de salaires impayés. Les orpailleurs sont furieux contre l’introduction de la carte d’accès aux sites d’orpaillages coûtant la bagatelle de 10 000 FCFA l’unité. Lors d’un point de presse qu’ils ont organisé le vendredi 17 novembre 2017, ils ont menacé de ne pas voter pour IBK si ce dernier n’a pas pu résoudre la situation qui selon eux risquerait de créer un conflit dans les sites d’orpaillages. Les travailleurs de l’administration à travers le SYNTADE (Syndicat national des administrations d’Etat) ont bandé leur muscle tout récemment contre la loi sur l’enrichissement illicite qu’ils qualifient de sélective. Les mouvements armés (Plateforme, Coordination des mouvements de l’Azawad) ont maintes fois dénoncé la lenteur de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation. Cette fois-ci, ils souhaitent le report des élections communales et régionales prévues le 17 décembre 2017. Les Partis politiques de l’opposition, comme il fallait s’y attendre, sont contre la corruption, l’insécurité, la mauvaise gouvernance du pays. « Quatre ans de scandales financiers à répétition; quatre ans de mensonges, et de mensonges d’Etat ; quatre ans de mauvaise gouvernance politique et économique; quatre ans d'insécurité permanente et d'instabilité sociale chronique ; quatre ans de caporalisation systématique des médias d'Etat; quatre ans de corruption endémique et surtout d'impunité insultante;  quatre ans de népotisme et de recul de l’Etat au profit d’un exercice aux relents monarchiques et dynastiques ;  quatre ans de mépris à l'endroit de nos compatriotes de l’intérieur et de ceux établis à l'étranger », dénoncent les opposants lors d’une conférence de presse tenue le 23 octobre 2017. Ils ne se limitent pas aux dénonciations. Ils comptent faire bloc derrière un candidat pour barrer la route à IBK. « Nous allons nous unir pour l’alternance en 2018. On fera ça pour le Mali. Personne à lui seul ne pourra construire le Mali. Il y’aura une coalition pour l’alternance en 2018, il ne faut même pas douter de cela. On va s’unir pour faire partir le pouvoir d’IBK. Si IBK est réélu pour les cinq prochaines années, ça sera fini pour le Mali », précisent les opposants. Une frange partie de son parti, le RPM a viré à l’Adp-Maliba et à l’URD. Le parti Sadi de Dr Oumar Mariko, Yelema de Moussa Mara et le parti CAP de Racine Seydou Thiam qui étaient tous membres de la CMP (Convention des partis politiques de la majorité présidentielle) ont changé de veste. Un pan important des électeurs potentiels sont déçus de la manière dont le pays est actuellement géré par le régime d’IBK. Pour preuve, l’année 2017 a été véritablement émaillée par l’ébullition du front social. Plusieurs secteurs ont observé des grèves pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (éducation, santé, justice, mine etc.). « Je battrais campagne en 2018 contre IBK », indique un politologue. IBK pourra-t-il panser les plaies dont il est le principal auteur d’ici les présidentielles de juillet-août 2018 ? Pas sûr. Il devra s’attendre donc à un vote sanction. Aguibou Sogodogo

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Commentaires (25)

User
sangare
sangare 9 ans
Mon zami,si les caisses sont restées vides,pourquoi les institutions financières internationales n'ont rien dit. Il me semble qu' il vous manque des arguments pour justifier les mensonges véhiculées impunément contre un pouvoir. Les privatisations étaient une condition des institutions financières internationales pour alimenter une caisse vide par 23 ans de pouvoir exsangue. Un communiste dans le pays de l' oncle SAM? IL est tout à fait normal que les gens cherchent à profiter des privatisations par des prises de Part. Pour ce qui est des rétro commissions,il en a certainement eu comme dans tous les pays du monde dont certains en trouvent tout à fait normal. Qu'est que la loi malienne en dit? Certainement que ce n'est pas sanctionné puisque personne ne l'a été malgré sa floraison. Ce sont les rétro commissions qui ont enrichi certains proches du pouvoir,sinon L'ÉTAT a bien mené la privatisation car l'essentiel était dans la viabilité de ces sociétés par rapport à la gestion étatique chaotique. La plupart de ces sociétés fonctionnent à merveille. Le chemin de fer est un cas atypique qui concerne le Mali et le Sénégal. L'huicoma n'est pas lié à la rétro commissions ,mais à l'incapacité du repreneur à respecter ses engagements. Il parle du passif trop élevé de la société qu' il n'attend pas effacer à lui seul. Un cas plus lié à une mauvaise gestion de la cession qu' à la manipulation malsaine. Le Mali était un pays crédible salué par les investisseurs après le mandat d' ALPHA OUMAR KONARE. C'est un fait irréfutable
sangare
sangare 9 ans
Mon ZAMI ROI BITON DE SEGOU. Quand AOK dit qu' il ne sera pas remplacé par un militaire,il s'agit d'une expression à mettre dans un contexte démocratique. Ça veut dire en fait d'éviter le changement de régime par un coup de force synonyme d'un recul démocratique. Mais remettre le pouvoir après une élection se fait obligatoirement entre deux civils car la constitution ne permet pas un militaire de se présenter. Le général AMADOU TOUMANI TOURÉ a démissioné pour devenir un simple citoyen avant de déposer sa candidature. Le 8 juin 2002 le président ALPHA OUMAR KONARE a remis le témoin,non pas au général AMADOU TOUMANI TOURÉ ,mais à AMADOU TOUMANI TOURÉ. Donc ALPHA OUMAR KONARE a bel et bien remis le pouvoir à un civil car ATT a librement renoncé à sa qualité de militaire pour être candidat à l'élection présidentielle . Privatisation sauvage? Vraiment sauvage? Ça veut dire quoi sauvage? Sans mesures d'accompagnement ou céder au détriment de l' intérêt général? L' histoire est seule juge.Aujourd'hui ces sociétés privatisées étaient elles bénéfiques au fonctionnement de ÉTAT avant leurs cessions que maintenant ? Il suffit de faire la liste de ces sociétés.Très peu ont fermé,une grande majorité à créé des emplois,renfloué la caisse de l' ÉTAT,certaines se sont placées parmi les meilleurs de la région telle la BDM SA. PLUTÔT PARLER DE RÉFORME BÉNÉFIQUE AU SOULAGEMENT DU BUDGET DE L'ÉTAT QUE DE PRIVATISATION SAUVAGE. Il y a certes des échecs tel le cas de l' huicoma ,mais dans l'ensemble c'est une privation bénéfique et nécessaire. Vous savez certaines critiques sont plus inspirées d'une mentalité attardée convaincue que L'ÉTAT peut prendre tout en charge. Il faut s'adapter à la mondialisation ou la mondialisation va s'imposer à vous. Je ne nie pas que certains ont profité des privatisations,mais l' essentiel n'était pas là. L' essentiel est la réussite de ces sociétés. C'est pourquoi on parle d'insuffisances pendant la décennie AOK .
LE ROI BITON DE SEGOU
LE ROI BITON DE SEGOU 9 ans
Mon ZAMI Sangare', les caisses de l'etat sont reste'es vides. Les companies ont ete' vendues mais l'argent des privatisations a pris une autre destination. Vous avez evoque' l'echec de l'huicoma mais vous avez passe' sous silence le cas du chemin de fer. Une compagnie evalue'e a' plus de 100 milliards, qui fut vendue a' moins de 10 milliards par ABLAY WADE. UNE PERTE NETTE DE 90 MILLIARDS!!! Ai-je oublie' d'evoquer les villages entiers qui ont cesse' d'exister a' cause de la privatisation du chemin de fer? NOS MEILLEURES TERRES AUSSI ONT ETE' CEDE'ES AUX COMPAGNIES ETRANGERES. KADAFI SEUL A ACHETE' 100 000 HECTARES DE NOS MEILLEURES TERRES CULTIVABLES. FAUT-IL PARLER DE RECOLONISATION??? LA REUSSITE D'UNE COMPAGNIE SE DETERMINE PAR SON BILAN... SOCIAL! Comment expliquez-vous cette nouvelle classe de milliardaires maliens? En 1991, ils n'avaient rien! LA PRIVATISATION SAUVAGE SIGNIFIE PRENDRE DES COMPAGNIES NATIONALES QUI APPARTIENNENT AU PEUPLE ET LES VENDRE N'IMPORTE COMMENT SANS CONSULTER LE PEUPLE ET EMPOCHER L'ARGENT DE LEUR VENTE COMME SI LESDITES COMPAGNIES ETAIENT DES BIENS FAMILIAUX!!! DES FOIS ON CREE DES SOCIETE'S PRIVEE'S QUI "ACHETENT" LES COMPAGNIES DE L'ETAT. CE SONT DONC LES MEMES COMPAGNIES MAIS QUI N'APPARTIENNENT PLUS A' L'ETAT, ELLES SONT DESORMAIS UNE PARTIE INTEGRANTE DU PATRIMOINE FAMILIAL! ELLES DEVIENNENT COMME LES VOITURES DE L'ETAT QU'ON REFORME N'IMPORTE COMMENT!!!
LEMALIEN
LEMALIEN 9 ans
Un Président candidat à sa propre succession est jugé par rapport à son bilan de campagne et NON par rapport au candidat d'en face.
papou
papou 9 ans
ADAM le complexé, possible votre hypothèse à la SEULE CONDITION QUE LES FRANCAIS VIENNENT VOTER A LA PLACE DES MALIENS.
papou
papou 9 ans
ADAM le complexé, possible votre hypothèse à la SEULE CONDITION QUE LES FRANCAIS VIENNENT VOTER 0 LA PLACE DES MALIENS.
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