Violation des droits de l’homme et abus au Mali : IBK va-t-il couvrir les criminels ?

20 Sept 2013 - 21:19
Mis à jour: 13 ans
21
Dans une récente correspondance, l’organisation de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch, a demandé au président Ibrahim Boubacar Keita, de sanctionner et de poursuivre les auteurs des violations, abus et autres crimes commis pendant la crise au Mali. Aussi, la Cour pénal internationale a déjà ouvert des enquêtes sur ces crimes commis au nord  du Mali. Ces enquêtes de la Cpi pourront s’étendre au sud.    ibk Cependant, Ibrahim Boubacar Keita s’est toujours gardé de se prononcer sur certaines violations graves des droits de l’homme perpétrées à Bamako lors du règne de la junte dont certains membres sont dans la mire de Human Rights Watch.   En gardant le silence, IBK (qui n’a jamais caché ses liens avec la junte) a-t-il l’intention de couvrir les auteurs de ces violations ?   Dans ce courrier adressé au Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, Human Rights Watch (HRW) interpelle les nouvelles autorités du Mali sur la nécessité de prendre leur responsabilité en traduisant devant les tribunaux compétents tous les auteurs de crimes commis pendant la crise politique et sécuritaire.  L’Organisation internationale de défense des droits humains encourage même le président de la République à prendre des mesures rapides, concrètes et significatives pour faire face aux défis très préoccupants en matière de gouvernance et de droits humains dont il a hérité. « Comme vous le savez, les problèmes auxquels est confronté le Mali incluent une culture de l’impunité, une primauté du droit affaiblie, une corruption endémique, l’indiscipline dans les services de sécurité, des tensions ethniques et une pauvreté accablante… », explique HRW pour laquelle les années de dégradation des principales institutions chargées de veiller à la primauté du droit sont à l’origine de la crise récente du Mali. C’est une invitation au nouveau chef de l’Etat qui doit prendre ses responsabilités pour éviter toute impunité pendant son quinquennat. Et pour cela, l’Organisation internationale rappelle les erreurs commises les gouvernements précédents : « les dirigeants maliens et la communauté internationale ont largement fermé les yeux sur les signes de perturbation : scandales de corruption impliquant l’aide au développement, progrès insuffisants sur les principaux droits économiques comme l’éducation et la santé, criminalité latente dans les institutions étatiques et indicateurs de développement à la traine. Le système judiciaire du Mali, qui aurait pu atténuer certains des abus, a été particulièrement privé de ressources et, dans certains cas, manipulé, ce qui a compromis l’indépendance et l’impartialité de la justice… ».   S’adressant au président de la République, HRW cherche non seulement à soulager les victimes de tous les crimes commis au Mali, mais aussi à mettre la pression pour qu’aucun crime ne reste impuni au Mali. Car s’il y a des enquêtes ouvertes pour les crimes commis au nord du Mali, ceux (les crimes) du sud sont presque devenus  une « affaire d’Etat ». Les auteurs de ces crimes seraient des membres des forces armées et de sécurité. Ils seraient pour la plupart proches de l’ex junte. « Des membres des forces de sécurité maliennes ont été impliqués dans de nombreux abus graves pour lesquels ils ont bénéficié d’une impunité quasi-totale… Les abus que nous avons documentés ne semblent pas avoir été systématiques, cependant certains ont été commis en présence d’officiers de l’armée qui n’ont rien fait pour y mettre fin. D’autres personnes ont subi des abus, y compris des membres des forces de sécurité eux-mêmes, notamment en mai 2012 lorsque les forces fidèles au leader du coup d’État, le capitaine Sanogo, ont organisé la disparition forcée d’au moins 21 soldats prétendument liés à un contre-coup d’État mené le 30 avril et ont commis des actes de torture et d’autres abus contre des dizaines d’autres soldats. Des fidèles de Sanogo ont aussi été impliqués dans l’enlèvement, le passage à tabac et l’intimidation de plusieurs journalistes maliens. Le gouvernement malien et le haut commandement militaire ont montré des signaux mitigés concernant les abus, tantôt en les niant catégoriquement, tantôt en promettant de poursuivre en justice les auteurs présumés. Cependant, quasiment aucun de ces abus n’a fait l’objet d’une enquête et de poursuites appropriées, malgré les nombreuses preuves …», déplore HRW qui dénonce même la récente promotion du capitaine Sanogo au rang de général de corps d’armée. Ceci est « un affront flagrant pour les victimes des abus et envoie le mauvais signal aux potentiels responsables d’abus », souligne l’organisation internationale de défense des droits humains. Qui ne se prive pas de conseiller les nouvelles autorités : « Pour que le Mali soit reconnu comme une démocratie respectueuse des droits, il est crucial que le gouvernement impose une discipline à ses militaires, traduise en justice les responsables des abus et fasse en sorte que les forces de sécurité remplissent leur mandat pour protéger tous les Maliens ».   Le nouveau président est-il capable de répondre aux attentes de HRW et des victimes des crimes au sud de notre pays ? Difficile d’y répondre car Ibrahim Boubacar Keïta a systématiquement ignoré le sujet depuis le début de la campagne jusqu’à ce jour. Il n'a jamais fait de déclaration se référant aux exactions commises à Bamako. D’ailleurs, si l’on s’en tient aux évènements récents, les victimes de ces exactions et leurs parents ne peuvent pas espérer grand-chose du nouveau chef de l’Etat. IBK ne fait plus mystère de ses accointances avec les anciens putschistes, soupçonnés par HRW d’être les auteurs de violations graves de droits humains lors du coup d’Etat de mars et du contre coup d’Etat de mars-avril 2012. Et pour preuve.   Pendant que la classe politique s’insurge contre Moussa Sinko Coulibaly, le président de République le reconduit au ministère de l’administration territoriale. Mieux, les deux membres de l’ex junte (Sinko et Koumaré) qui sont rentrés dans le gouvernement  Tatam Ly ont gardé leur département respectif. Et rien n’indique que ce n’est pas pour longtemps. Ironie du sort, ils sont tous sont tous contestés pour leur gestion.   Aussi, des indiscrétions annoncent déjà Amadou Haya Sanogo dans le staff d’IBK. C’est dire que les membres de l’ex junte sont de plus en plus rassurés d’une bonne couverture pendant le règne d’Ibrahim Boubacar Keïta.   C’est à la communauté internationale de se joindre à Human Rights Watch pour maintenir la pression sur les nouvelles autorités maliennes afin qu’elles engagent des poursuites contre les auteurs des crimes commis à Bamako. Car  pour des raisons de « complicité », le nouveau chef de l’Etat devrait avoir de la peine à engager des poursuites contre les auteurs de ces crimes. Lui qui aurait apparemment choisi un camp. Dès lors, il sera difficile  pour IBK de se prononcer, voire engager des poursuites contre des personnes avec lesquelles, il aurait eu un deal : protection contre la justice internationale. Idrissa Maïga

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (21)

User
goundo
goundo 13 ans
Le Mali est mal partie dans sa logique singulière qui est de dire que tout le monde est contre le Mali, Sinon comment le peuple Malien a osé élire un président qui était contre l'intervention des armées étrangères au Mali et de surcroit il est toujours contre la présence des armées étrangères au Mali en a juger par la voie de ses souteneurs puschistes et Marabouts.Que sais-je encore IBK n'a jamais condamner le coup d'état du 22 Mars 2012, Mieux encore dans son gouvernement il offre un parapluie dorée aux Pseudo-puschistes Pseudo-marabouts et il a même osé dire que GMT est un bon républicain,le pire est que peu de Maliens se sont soulevé contre ce début en toute beauté de despotisme et de tyrannie. Les criminelles mènent un train fastidieuse dans les rue de Bamako avec quiétude et assurance déconcertante.Je demande à UE avant de verser les milliards d'euros à IBK doit l'exiger à poursuivre les criminelles de tout bord...
NFP
NFP 13 ans
Goundo Merci pour ton post lucide et pertinent! "Je demande à UE avant de verser les milliards d’euros à IBK doit l’exiger à poursuivre les criminelles de tout bord…" Ne t'inquiètes pas: L'UE a promis ces milliards parce que son souçi majeur était de ne pas aider plus longtemps un gouvernement fantoche de transition, ce qui commençait à "faire désordre" sur la scène internationale! Elle est soulagée, et elle va bel et bien donner ces milliards promis publiquement! En revanche, en dépit des félicitations, congratulations, et autres foutaises diplomatiques d'usage, sois sûr que l'occident va regarder (et regarde déjà!) ce qu'IBK est en train d'instaurer au Mali! Les services secrets et les différentes chancelleries au Mali voient aussi bien que nous (mieux peut-être?) les putschistes au pouvoir, Sanogo patron des ramées, et les Islamo-escrocs très influents! Si IBK fait la sourde oreille à la CPI ou à HRW, TOUTES les portes vont se fermer d'un coup!
True
True 13 ans
NOUS MALIENS METTONS EN GARDE HRW ET TOUTES LES AUTRES ORGANISATIONS DITES DES DROITS DE L’HOMME PASSANT SOUS SILENCE LES CRIMES , ATROCITES ET VIOLS COMMIS PAR LE MNLA ET LEURS ALLIES SUR LES POPULATIONS MALIENNES PENDANT PRESQUE UNE ANNEES POUR S’ATTARDER SUR DES SOIT DISANT »CRIMES COMMIS » A BAMAKO ETAIT PLUTOT DE LA LEGITIME DEFENSE ISSU D’ASSAUTS ORCHESTRES. IL Y VA DE LA CREDIBILITE DE CES ORGANISMES MANIPULES OU A ELLES SEULES CONNAISSANT LEURS CONSPIRATIONS QUE PERSONNE D’AUTRE DE BONS SENS APRES TANT DE SOUFRANCES DONT TOUT LE MONDE CONNAIT LES AUTEURS NE SAURAIT ACCEPTE OU CAUTIONNE CES TENTATIONS DE BLESSER UNE FOIS ENCORE LE PEUPLE MALIEN DEJA MEURTRI. :evil: Répondre :evil:
NFP
NFP 13 ans
True "METTONS EN GARDE HRW ET TOUTES LES AUTRES ORGANISATIONS DITES DES DROITS DE L’HOMME PASSANT SOUS SILENCE LES CRIMES , ATROCITES ET VIOLS COMMIS PAR LE MNLA ET LEURS ALLIES SUR LES POPULATIONS MALIENNES PENDANT PRESQUE UNE ANNEES Tête de C...! HRW ont été les TOUT PREMIERS à dénoncer les crimes, les viols, et toutes les exactions du mnla, et à transmettre un dossier ULTRA DETAILLE de ceux-ci sur le bureau de la cour pénale internationale, où il est d'ailleurs EN COURS DE TRAITEMENT! Commence par au moins te renseigner, ça t'évitera d'écrire N'IMPORTE QUOI! :evil: :evil: :evil: :evil: :evil:
NFP
NFP 13 ans
PS: Quand aux crimes et exactions commis à Bamako, ils n'ont RIEN de "soi-disant" et figurent également dans ce dossier! Mais comme un grand nombre de crétins chez nous, tu es horrifiés (comme tout le monde) par les crimes commis par le mnla, mais tu "excuses" visiblement les 21 bérets rouges froidement assassinés, ceux atrocement torturés, les civils sauvagement tabassés, etc... Pauvre type! :cry: :cry: :cry: :cry:
True
True 13 ans
NOUS MALIENS METTONS EN GARDE HRW ET TOUTES LES AUTRES ORGANISATIONS DITES DES DROITS DE L'HOMME PASSANT SOUS SILENCE LES CRIMES , ATROCITES ET VIOLS COMMIS PAR LE MNLA ET LEURS ALLIES SUR LES POPULATIONS MALIENNES PENDANT PRESQUE UNE ANNEES POUR S'ATTARDER SUR DES SOIT DISANT''CRIMES COMMIS'' A BAMAKO ETAIT PLUTOT DE LA LEGITIME DEFENSE ISSU D'ASSAUTS ORCHESTRES. IL Y VA DE LA CREDIBILITE DE CES ORGANISMES MANIPULES OU A ELLES SEULES CONNAISSANT LEURS CONSPIRATIONS QUE PERSONNE D'AUTRE DE BONS SENS APRES TANT DE SOUFRANCES DONT TOUT LE MONDE CONNAIT LES AUTEURS NE SAURAIT ACCEPTE OU CAUTIONNE CES TENTATIONS DE BLESSER UNE FOIS ENCORE LE PEUPLE MALIEN DEJA MEURTRI. :evil:
sgoumbo
sgoumbo 13 ans
".Il faut laisser main libre a IBK."Les maliens sont souvent des hypocrites qui fabriquent eux-mêmes les cordes pour les lier! Pourquoi laisser libre choix à IBK de faire ce qu'il veut; on ne lui demande pas d'interpréter la loi, mais de l'appliquer! Toutes autres solutions, autres que la traduction de Sanogo et complices devant la justice, feraient le lit de l'impunité et seraient graves pour la nation malienne.
Emoo
Emoo 13 ans
ATT AOK étaient de foi avec des individus que ne méritent aucune considération. La suite est connue. Cela ne les lave pas, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau de bain. Ne ne saurons oublier le rôle indéniable et prouvé de IBk dans notre chute actuelle aux enfers. Il n’est pas étranger à la rebellion du 17 Janvier , il a conçu et inspiré le coup d’état de Sanogo, à quelques semaines de la fin du mandat d’att, il a bien animé les mouvements anti patriotiques, et s’est manifesté ouvertement contre la venue des forces étrangères qui heureusement nous ont sauvé et dont il fait l’apologie aujourd’hui, alors que c’est lui qui a organisé le soit disant manque de moyens des militaires par une démobilization, démoralization machiavélique, criminelle à la limite avec le chaos qui s’en est suivi. L’histoire le rattrapera et l’on verra bien. Inshallah Gnama tè dogo lafin Koro
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (110)
  • Nfp (82)
  • Kankan (55)
  • Sissoko (25)
  • Citoyen du monde (22)