Virage à 180° du Premier ministre dans son discours sur la situation à Kidal : "L'attaque lancée par l'armée malienne n'est pas venue de l'autorité politique"

23 Mai 2014 - 04:10
Mis à jour: 12 ans
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[caption id="attachment_233512" align="aligncenter" width="610"]Moussa Mara Moussa Mara PM[/caption]

Au cours d’une réunion qualifiée de " rencontre avec des citoyens et non avec des journalistes " tenue à la primature hier après-midi, le Premier ministre Moussa Mara a changé de discours en prônant plus de pacifisme et en demandant de ménager la MINUSMA et la force Serval. Il va jusqu'à affirmer que l'offensive lancée par l'armée malienne sur Kidal, que nos autorités avaient pourtant qualifiée d'"opération de sécurisation des biens et des personnes " n'avait pas été ordonnée par l'autorité politique. Alors que le chef du gouvernement déclarait à son retour de Kidal que les tirs essuyés par lui et sa délégation étaient une " déclaration de guerre et allaient être traités comme telle ". Et le chef de l'Etat lui-même de rencherir : «Nos troupes seront à Kidal pour y rester».

 Le Chef du gouvernement a précisé, lors de cette rencontre, qu'il s'entretenait plus avec " des citoyens " avec lesquels il souhaitait partager certaines informations qu'avec des journalistes. Une rencontre se situant dans le cadre des concertations que Moussa Mara a entamés avec les forces vives de la nation en commençant par la société civile.

Selon le Premier ministre, la visite qu'il a effectuée à Kidal, le samedi 17 mai à la tête d'une forte délégation ministérielle, a été minutieusement préparée pendant un mois, en collaboration avec les partenaires du Mali comme La MINUSMA et la force Serval. " Nous nous attendions à ce que ce déplacement soit mouvementé ; à être accueillis avec des cailloux. J'ai déjà été accueilli avec des cailloux quand j'étais à la mairie. En tant qu'homme public, il faut quelque fois accepter l'hostilité. Mais, personne ne s'attendait à ce qui s'est passé… Les autorités maliennes sont loin d'être provocatrices ", a-t-il expliqué.

Avant de préciser que l'objectif de ce déplacement était de vérifier l'état du redéploiement de l'administration dans la zone et son fonctionnement normal. Il a souligné qu'il n'y avait aucune intention belliciste dans cette mission à risque. " Notre option prioritaire est et demeure le dialogue et tout le monde reconnaît, comme cela est aussi précisé dans l'accord de Ouagadougou, que la souveraineté du Mali doit être étendue à tout le territoire y compris Kidal ", a-t-il soutenu.

L’offensive du 21 mai :  un dérapage

Concernant l'offensive du mercredi 21 mai, le Premier ministre a indiqué que ce s'est passé est  «un dérapage». Les militaires maliens ont décidé d'attaquer. L'autorité politique n'avait pas donné d'ordre dans ce sens. Il y a eu des erreurs et les responsabilités seront situées. Nous ne voulons tout de même pas jeter notre armée  en pâture". Moussa Mara a ajouté qu'avec le déroulement des événements de mercredi, les autorités se sont rendues compte que les forces armées ne sont pas encore dans les conditions pour reconquérir Kidal. Cette reconquête se fera prioritairement par la négociation et peut-être plus tôt que prévue. Il s'agira, a-t-il laissé entendre, de conclure un accord de paix définitif, non seulement pour Kidal, mais pour l'ensemble du Nord du Mali.

Moussa Mara a ensuite plaidé pour que les populations évitent de faire l'amalgame  vis-à-vis des compatriotes à peau claire et aussi vis-à-vis de la MINUSMA et de SERVAL. " Il faut baisser la pression sur la France, sur la MINUSMA, sur la communauté internationale ; car nous avons encore besoin d'eux. Notre pays traverse des moments très difficiles. On peut noter que les Français ne sont pas clairs, mais ces aspects doivent réglés politiquement ", a-t-il déclaré.

 Eviter de mettre le pays à feu et à sang

Et le Chef du gouvernement  de répéter que le Mali vit des moments très difficiles et qu'il est vital qu'en tant que leader d'opinion, la presse contribue à la consolidation de l'unité nationale, au renforcement de nos liens de " citoyens maliens. Nul n'a intérêt à mettre ce pays à feu et à sang ". Dès que cette épreuve de l'histoire sera derrière nous, les querelles partisanes pourraient reprendre selon les obédiences de chaque Malien.

Il a laissé entendre que les plus hautes autorités ont la possibilité de prendre des mesures comme l'état d'urgence ou l'état de siège. Mais elles sont jugées pour le moment " trop maximalistes " pour un pays qui se relève de la crise de 2012.

    Bruno DSEGBEDJI

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Commentaires (34)

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Observateur100
Observateur100 12 ans
Quel que soit la tournure qu'a prise la crise à Kidal, un Gouvernement responsable ne devrait se désolidarise de l'offensive engagée par l'armée pour libérer le Gouvernorat. L'attitude du Gouvernement démontre à suffisance qu'il y a de sérieux problèmes de gouvernance au Mali. Comment dans cette cacophonie, voulez-vous que le pays avance? C'est de l'amateurisme!
Elhadj Diako
Elhadj Diako 12 ans
le president ATT a ete renversE pour le meme motif . une armee qui fuit les combats pour ensuite se rabattre sur bamako pour operer un coup d etat . c est pour cela que le grand ATT , sachant les faiblesses de son armee feminine a toujours pronE le dialogue , ce que nos anciens opposants et desormais gouvernants ont toujours refusE . mais , apres cette cuisante et humiliante defaite , monsieur IBK sera obligE d aller se deculotter a ouagadougou pour implorer la mediation burkinabee qu il a auparavent rejetee . ainsi , l histoire suit son cours , la rehabilitation de TT aussi !!!!!!!!!!!!!
Auditeur Interne
Auditeur Interne 12 ans
Je me rappelle dans une des declaration de Seydou Drissa Traore de Narene sur la vente ou cession du nord de Kidal a l'Algerie pour 10 000 000 de dollars n'est il pas nessecaire de reverifier les donnees. si c'est vraie que la vente a eu lieu comment et pourquoi les soldeats doivent encore mourir annullons la vente et rembourssons l'argent de l'algerie
Samory
Samory 12 ans
Après avoir bafoué au sol l honneur, le fameux honneur du Mali, LE PM vient de d'égorger l'honneur défunt jadis des militaires. Maintenant l Ils les prennent pour des moins que rien, des nuls des plus nuls, Mais ils auront sa tête, Je crains un nouveau COUP D ÉTAT, A suivre,
Meme un chien vaut mieux que MARA
Auditeur Interne
Auditeur Interne 12 ans
Mon ami, Mara n'a rien fait de grave ici il a fait comme tout chef de gouvernement aurait fait il est la fierte du changement. Merci de ne pas manquer de respect .
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