Présidentielle 2007 : Soumi renvoie l’ascenseur à son bienfaiteur ATT

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Personne ne croyait, dès le départ, à un rapprochement entre le RPM et l’URD. Le dialogue entamé pour unir les deux partis n’était, en fait, que pure illusion, voire un marché de dupes. Tout simplement parce que c’était trop beau pour être vrai. Finalement, au lieu d’une union de bonne consistance, ce ne fut qu’un simple vaudeville. Après que partisans et adversaires se furent crêpé le chignon sur la place publique, chacun des protagonistes est retourné à la case départ. C’est le RPM qui aura beaucoup perdu dans cette tentative de retrouvailles avortée. Non seulement, il a renoncé à honorer la mémoire de l’auguste Kadari Bamba en soutenant le candidat de l’URD en commune V lors de la législative partielle mais en plus son propre candidat à Mopti a été laminé lors du même scrutin par une alliance diabolique entre l’URD et le camp du général.

Ainsi, dès le départ, les dés étaient pipés et les tisserands se sont fait naïvement avoir par des gens qui doivent tout à ATT.

A commencer par le ministre de l’élevage et de la pêche, Oumar Ibrahim Touré, ce chantre du régime qui passe tout son temps à battre campagne pour conserver les délices du pouvoir. Il est incontestablement l’un des principaux artisans de l’échec du rapprochement entre son parti et le RPM. On peut même parier que ce ponte est prêt à quitter le navire s’il ne prenait pas la direction de Koulouba.

Le parrain Soumaïla Cissé ne demandait pas tant qu’à avoir des serviteurs aussi zélés que dévoués comme les cerbères de l’enfer.

En réalité, de Ouaga où il réside et malgré les réserves de sa charge, c’est lui qui tire les ficelles dans l’ombre. Tel un gourou sorti tout droit des grottes de l’Himalaya, il a tout régenté, tout mijoté pour imposer à la base le diktat des chefs. Après tout, c’est ATT qui l’a fait roi à l’UEMOA, il est prêt à rempiler au pays de l’argent roi, pourquoi ne pas renvoyer l’ascenseur ?

C’est ce qui s’est passé, dimanche 3 décembre, au centre international de conférences de Bamako au cours d’une sinistre comédie jouée à la manière Adema. Où le maître de cérémonie, «Soumi champion» est apparu, majestueux, dans ses grands habits impériaux, à la manière de Bokassa 1er de Centrafrique, l’air plutôt goguenard pour faire une déclaration aussi démagogique : «ce serait un grand plaisir, pour chacun de nous, que l’URD participe, avec succès, aux prochaines élections présidentielles. On ne peut, néanmoins, accélérer l’histoire selon ses intimes désirs. C’est pourquoi, pour ma part, j’ai souscrit, dès le départ, à la plate-forme de l’alliance pour la démocratie et le progrès».

Le président a parlé, à présent chacun doit tenir sa langue. Et pour faire bonne mesure, on déclare que c’est à l’unanimité que les délégués et responsables du parti ont choisi cette voie. Où est la démocratie au sein du parti ? Ce sont des méthodes aussi staliniennes que dénoncent les initiateurs du Manifeste pour la démocratie.

L’URD et l’Adema avaient-elles besoin de monter un tel spectacle pour se donner un semblant de légitimité démocratique ?

Le Parena, paraît-il, est en train de leur emboîter le pas pendant que les fissures se multiplient dans le mur de la plate-forme. Preuve que tout n’est pas rose dans ce tableau qu’on veut idyllique : l’élection du bureau des jeunes et des femmes a été un champ de bataille féroce où, encore une fois, Soumaïla Cissé et Younoussi Touré ont imposé leur volonté à la majorité.

Ainsi, comme il l’a dit lui-même, l’ancien chef du clan de la CMDT, qui a trempé lors du congrès extraordinaire de l’Adema en 2000 au plus fort de la magouille anti-IBK, ne veut pas participer à la marche de l’histoire.

Il laisse, lui aussi, le champ libre à ATT en attendant l’horizon 2012. Mais à cette date aussi, l’Adema attend du général le retour de l’ascenseur. Soumi aura t-il la patience d’attendre jusqu’en l’an 3000, c’est-à-dire les calendes grecques ? A moins que, entre temps, un troisième larron, ne vienne faucher l’herbe sous le pied de ces politiciens qui rêvent toujours de prendre la lune avec leurs dents.

Leçon du jour : si on n’accélère pas la marche de l’histoire, l’histoire s’accélère sans vous.

Mamadou Lamine DOUMBIA

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