Paludisme, choléra, malnutrition guettent les 300.000 réfugiés maliens

27 Juin 2012 - 02:42
Mis à jour: 14 ans
2
PARIS / AFP - Le paludisme et le choléra, en raison de l'arrivée de la saison des pluies, et la malnutrition, après l'épuisement prochain des vivres bien avant la récolte, guettent les 300.000 Maliens ayant fui les violences dans leur pays, a averti mardi Médecins sans Frontières. En raison de l'occupation du nord du Mali par des groupes armés depuis près de trois mois, de nombreuses régions du nord du Mali se vident. Les réfugiés et déplacés se cachent dans la brousse ou partent en masse vers le Burkina Faso, le Niger et la Mauritanie, rappelle MSF, qui chiffre leur nombre à 300.000. L'organisation humanitaire est présente dans des camps de réfugiés et centres de santé de ces trois pays, ainsi que dans des régions frontalières du Mali où ses équipes ont assuré plus de 23.000 consultations médicales depuis février. Nous soignons principalement des infections respiratoires, des cas de paludisme et des diarrhées. Ces pathologies sont souvent dues aux conditions de vie extrêmement précaires auxquelles doivent faire face les réfugiés , constate Marie-Christine Férir, coordinatrice des urgences pour MSF, dans un communiqué. Le manque d'eau potable et la malnutrition, alors que les réfugiés dépendent entièrement de l'aide humanitaire, sont relevés par MSF. Pour les protéger contre la rougeole, dévastatrice pour des enfants qui vivent dans la promiscuité des camps et souffrent de malnutrition chronique, 10.000 enfants ont été vaccinés depuis mars. Des cas de choléra se sont déclarés au Niger, où 600 malades ont été pris en charge depuis début mai. La vulnérabilité des populations réfugiées et l'arrivée de la saison des pluies augmente les risques d'épidémies comme le paludisme et le choléra. De plus, la période de soudure - la période entre les deux récoltes annuelles -débute au mois de juillet et entraîne toujours une augmentation de la malnutrition aiguë, souligne MSF. Le coup d'Etat militaire qui a renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 mars a précipité la chute de l'immense région désertique du Nord Mali aux mains du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg) et surtout du mouvement islamiste Ansar Dine et de son allié Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). (©AFP / 26 juin 2012 18h36)
 

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (2)

User
Samake
Samake 14 ans
ql honte.
Kassin 14 ans
D'une dictature à l'autre: 52 ans d'une histoire malienne Le Mali du début des années soixante cherchait à s'affirmer comme un état nation sur la scène internationale.  Très actif dans le mouvement des pays Non Alignés, le président Modibo traitait directement avec Kennedy, De Gaulle, Kroutchev, Tito, Nasser, Mao , Hô-Chi-Minh et Fidel Castro, alors que les fantassins de la pègre militaro-politique actuelle, sont réduits à la recherche de rendez-vous auprès des fonctionnaires du Quai d'Orsay, du régime algérien et à faire de la ola à Blaise Compaoré. Quelle régression! Le Président Modibo Keita, demanda à l'armée française de quitter le territoire malien, battit une monnaie nationale, essaya de jeter les bases d'un développement économique et social. Il avait beaucoup d'ambitions pour le Mali.  En lisant la première campagne de 1961 à 1962 du premier plan quinquennal du régime de Modibo Keita, j'ai été surpris par la grandeur de l'ambition qu'avait le premier gouvernement du Mali indépendant, Mais ce n'était pas facile car nous venions de loin , et malgré plus de 60 ans de colonisation, le Soudan français dont nous avons hérité était scandaleusement marginalisé sur le plan du développement économique et social par le colonisateur comparé à d'autres anciens territoires de l'AOF, l'Afrique Occidentale Française, devenus ceux de la communauté. Aussi des relations personnelles difficiles entre Modibo et De Gaulle (sans doute liées à l'épisode de l'éclatement de la fédération du Mali et aux prises de position de Modibo pendant la guerre d'indépendance de l'Algérie) ont fortement contribué à mettre son régime sur ses gardes.  A juste titre d'ailleurs car l'ancien colonisateur ne s'est jamais lassé de tentative des déstabilisation en infiltrant (par des idées) les anciens du PSP (parti progressiste soudanais) et certaines corporations du Mali indépendant des années 60 pour essayer de saborder les choix politiques et l'option socialiste de l'union soudanaise RDA (Rassemblement démocratique africain). Cette politique d'immixtion dans les affaires intérieures du Mali et de la politique de déstabilisation de la France de De Gaulle a triplement marché: 1. Des soulèvements sociaux ont pu éclater dans le pays avec une vigoureuse opposition des commerçants contre le nouveau franc malien et l'option socialiste du régime de Modibo. 2. Modibo et son régime sont tombés dans le piège d'une radicalisation du régime qui malheureusement a conduit à des crimes contre des monuments comme Fily Dabo Sikosso et bien d'autres. Pire les miliciens du régime ont par leur cruauté restreint considérablement les libertés fondamentales des maliens tout en cultivant le culte de la personnalité. 3. Les pays côtiers frontaliers du Mali restés en zone franc ont continué à relayer la politique de sabordage de la France contre l'économie malienne dans le seul but de l'asphyxier et de le faire couler. La conséquence a été le retour dans la zone franc en 1967 avec à la clé une dévaluation du franc malien (qui continua d'avoir cours légal au Mali jusqu'en 1984) après la grande sécheresse qui avait mis l'économie malienne à genou au milieu des années 60. Et le 19 novembre de l'année qui suit: "le régime dictatorial de Modibo Keita et de ses valets a chuté..." un communiqué de la radio Mali met fin au suspens des maliens qui avaient passé la nuit à écouter une interminable musique instrumentale de Ba Zoumana Sissoko dit Bazoumana Ba et qui continua jusqu'à à la mi journée. Les maliens dans leur grande majorité sont soulagés et saluaient un vent de liberté qui les manquait. Une page de l'histoire se ferme. Le CMLN, le Comité Militaire de Libération Nationale, quatre lettres et quatorze jeunes officiers et sous officiers s'emparent du pouvoir sans vraiment y être préparés.  De 1968 à 1978 ce fut la guerre de leadership, les frasques, et le laisser-aller tranchant radicalement avec les années labeur et d'honnêteté du premier régime dans les conduites des affaires du pays. Moussa Traoré se fait plus discret ou modéré, demanda aux cantatrices de ne pas chanter ses louanges mais plutôt de dédier leurs chansons à l'armée malienne.  Une institution qu'il préserva et même renforça dans la rigueur et le sens du service et de l'éthique du soldat de Kissima Doucara au général Coulou. Cette Demande fut enfreinte par le chanteur Salif Keïta dans son "Soumbouya Balla don Foli" vite transformé en "Sinè don Foli" et par Tata Bambo Kouyaté à travers ses "Balla i gni wellé..." Pour une fois les maliens peuvent parler librement ou presque à condition que Tiekoro Bagayogo ou Kissima Doucara soient loin sinon tu risques de danser "le Tièkolo Ba" au Motel. Après l'élimination du capitaine Diakité, la mort suspecte de Modibo en 1977 (déporté à Kidal et réclamé à Bamako par les étudiants du temps de Boniface) ce fut le tour des deux têtes brulées de la junte militaire et quelques uns de leurs frères d'armes
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (109)
  • Nfp (75)
  • Kankan (58)
  • Sissoko (27)
  • Citoyen du monde (22)