Premier clash entre le président de la république et son tout-nouveau premier ministre : IBK désavoue Mara pour sa gestion du congrès raté du Haut conseil islamique

02 Mai 2014 - 03:50
Mis à jour: 12 ans
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[caption id="attachment_266012" align="aligncenter" width="620"]Ibrahim B Keita et Moussa Mara Ibrahim B Keita et Moussa Mara[/caption] Recevant, le mercredi 30 avril à Koulouba, le groupement des leaders religieux dirigé par Thierno Hady Omar Thiam qui a décidé de mettre en place un bureau parallèle à celui formé le samedi 19 avril par le congrès du haut conseil islamique qu'il ne reconnait pas, le président a rendu son tout-nouveau Premier ministre responsable de la situation créée. Cela, par les informations erronées qu'il lui a communiquées et les actes partisans qu'il lui a fait poser et qui ont débouché sur la désunion de la communauté musulmane du Mali.   

Est-ce  déjà  un premier clash entre le président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta et son premier ministre Moussa Mara dans la gestion des affaires courantes ? Tel semble être le cas si on s'en tient aux propos tenus mercredi 30 avril  par le président à l'endroit de son chef de gouvernement à propos du congrès du Haut conseil islamique et de l'audience qu'il a accordée au candidat Mahmoud Dicko alors en campagne au détriment de son challenger Thierno Hady Omar Thiam. Cela, dit-on,  sur la base des renseignements qui lui ont été fournis par son premier ministre. Prenant à témoin ses hôtes, Ibrahim Boubacar Kéïta a asséné : "  On m'a trompé. C'est vous-même,  Moussa Mara,  qui m'avez dit que la date du congrès était fixée  au  samedi 19 avril. C'est encore vous qui m'avez convaincu de recevoir Mahmoud Dicko alors que je vous ai dit que je n'aime pas  qu'on m'impose les dates. Vous m'avez encouragé encore  à présider ce congrès… ". Comme pour dire : voilà où vous nous avez conduit.

Après le report du congrès du Haut conseil islamique initialement prévu les 15, 16 et 17 avril, la plupart des délégués,  du moins ceux proches du groupement des leaders spirituels musulmans, ont regagné leur lieu de résidence dans les régions.

A peine arrivés à  destination,  ils ont été informés à travers la télévision nationale de la tenue dudit congrès, le deuxième  du Haut conseil islamique le samedi 19 avril.  Il était donc difficile pour  un grand nombre d'entre eux de rallier Bamako dans  un délai aussi court  et coïncider avec la cérémonie d'ouverture. Une réunion d'urgence a  même été tenue  la veille de ce congrès par le camp Thierno Hady Oumar Thiam pour définir les modalités de sa participation. Certains  de ses membres ont préféré participer au congrès pour préserver la cohésion sociale alors que d'autres ont clairement affiché leur opposition à sa tenue.

C'est dans ce contexte que le congrès s'est ouvert. Mahmoud Dicko a clairement battu et de loin son adversaire Thierno Hady  Omar Thiam en obtenant 57 voix contre 27 pour ce dernier.  Cette victoire n'a souffert d'aucune contestation puisqu'elle a été acceptée par chacune des deux parties. Mais c'est sur le choix  des autres membres du bureau qu'il y a eu de profondes ruptures.  Les rivalités religieuses ont resurgi. Le camp Mahmoud Dicko a  souhaité le  maintien du bureau sortant du reste  composé de beaucoup de ses partisans.

Les pro-Thiam ont rejeté cette proposition  et prôné pour un bureau consensuel différent de l'ancien.

Dans la salle, la tension est vite  montée d'un cran et  l'on était au bord de l'implosion entre  wahhabites et soufis. Informé de la situation, le ministre des affaires religieuses et du,  Thierno Diallo,  est accouru au CICB pour demander la suspension des travaux et rechercher un terrain d'entente entre les deux parties.

 Le lundi 21 avril, les travaux ont repris à la demande du premier ministre Moussa Mara. Mais cette fois,  sans les partisans de Thiam qui n'étaient pas dans la salle.

A la clôture du congrès, un bureau a été mis en place dans lequel figurent les noms des adversaires de Mahmoud Dicko y compris Thiam lui-même mais aussi de certains de ses proches.

Au même moment Thiam et ses partisans convoquaient une réunion au cours de laquelle ils  ont dit ne pas reconnaitre le nouveau  bureau. Ils ont ajouté que le bureau mis en place est celui d'IBK et n'est pas représentatif de la communauté musulmane du pays. En conséquence, ils ont décidé de mettre en place un bureau parallèle du Haut conseil islamique.

Lors de la rencontre du mercredi dernier, le président de la République a supplié le camp Thiam de surseoir à l'installation d'un bureau bis du Haut conseil islamique. Promettant de recevoir le camp Mahmoud Dicko pour désamorcer la crise.

 

Abdoulaye  DIARRA

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Commentaires (44)

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Harouna
Harouna 12 ans
s'il vous plait, contribuons à porter de solutions et appaiser les tension au lieu d'être partie du problème
Kinguiranke
Kinguiranke 12 ans
Le mal de ce monde entier et du Mali-Nord c'est l'Islamisme aveugle, le fanatisme islamiste forcene ne de la consommation excessive et abusive de l'heroine Afghane et la politisation de l'islam par Dicko et IBK, arretons de mettre l'extremisme islamiste une facon medievale de concevoir la vie dans nos decisions republicaines. Le Mali est une republique laique et il en sera ainsi pour toujours. Le Mali restera le Mali des animistes, des chretiens et des musulmans mais pas de place pour les islamistes a' Alqaida, du Mujao etc. les amis a Dicko.
MAIGA.S
MAIGA.S 12 ans
Salam freres musulmans je vous appelle à la solidarité et à l'union pour combattre vos ennemis si c'est Allah que vous servez: Les maux de ce pays et du monde entier ne sont autres: *La corruption et la débauche *la laïcvité
oliver
oliver 12 ans
Merci Moulay pour cette analyse. IBK, le ridicule ne tue pas .
Donko Djiguiba
Donko Djiguiba 12 ans
Une erreur matérielle à corriger monsieur le journaliste, à mon avis c'est M. Ousmane Cherif qui dirige le groupement des leaders religieux et M. Thiam qui est membre dudit du bureau. IBK lui même disait qu'il tenait à cœur le congrès du haut conseil islamique, raison pour laquelle il aurait demandé la suspension des travaux afin qu'il soit présent pour présider cette cérémonie. Donc, si vous dites que, IBK a été encouragé par son PM pour présider l'ouverture je dirai que ces propos sont en contradiction totale avec les propos solennels du président de république apparus sur l'écran de l'ORTM. Vous auriez mieux fait de recouper et d'analyser les informations avant de les balancer c'est le minimum pour un journal responsable, crédible, professionnel et qui respecte ses lecteurs .
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