Procureur Général Daniel A. Tessougué : "Quand un élu est pris en flagrant délit, il est comme un simple citoyen"

01 Déc 2014 - 00:04
Mis à jour: 12 ans
14
[caption id="attachment_105239" align="alignleft" width="300"]Procureur Général Daniel A. Tessougué : "Quand un élu est pris en flagrant délit, il est comme un simple citoyen" Le Procureur général , Daniel Tessougue[/caption] C’est à un véritable bras de fer auquel on doit s’attendre, ce au regard des derniers développements de l’affaire qui oppose le juge et le député de Ouéléssébougou. En tout cas, la sortie du procureur général ne présage pas une issue simple. "Si un élu est pris en flagrant délit, il est traité comme un simple citoyen", a déclaré Daniel Tessougué, procureur général près la Cour d’appel de Bamako.   L’incident survenu entre le juge et le député de Ouéléssébougou prend une autre tournure avec les sorties du procureur général, du Rassemblement pour le Mali (RPM) et une partie de la population de la localité. Il nous est revenu que l’interpellation du député Bourama Tidiane Traoré a créé une vive polémique dans la zone de Ouéléssébougou. Cela se justifie par le fait que l’élu jouit d’une assise politique solide, en témoignent les réunions et actions menées depuis l’éclatement de l’affaire. Nos sources font cas d’une assemblée générale des soutiens du député Traoré. Le but, selon nos sources, est de dénoncer son incarcération et obtenir sa libération. A en croire les mêmes sources, à défaut d’obtenir gain de cause, il y a eu lieu de mener des actions de désobéissance contre l’administration judicaire dans la localité.   La boutade de Daniel Tessougué Pour donner sa vison des faits, le procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Daniel Tessougué a animé un point de presse le vendredi 28 novembre 2014. Le PG a regretté cet incident qui est un moment très triste dans la vie l’Assemblée nationale. Sans ambages, Daniel Tessougué expliquera qu’après avoir été informé de l’incident, il a appelé le directeur de la gendarmerie afin de donner l’ordre à ses hommes d’arrêter le député. Toute chose qui fera dire au procureur que personne, même le président de la République n’a le droit de savoir le contenu d’un dossier, s’il n’est pas dedans. Pour ce qui est de l’arrestation de l’élu Bourama T. Traoré,  il précisera qu’on était devant un cas de flagrant délit et que devant un tel cas, l’immunité d’un député n’a aucune valeur. "Si un élu est pris en flagrant délit, il est traité comme un simple citoyen", a-t-il tranché. Non sans rappeler aux députés que leur mission n’est pas d’aller donner des coups de poing mais de défendre l’Etat et les citoyens. "Des choses plus graves se déroulent au Mali et, il n’y a jamais eu de motion de censure, si, pour un de leurs collègues, les députés votent une motion de censure, le peuple retiendra qu’ils sont élus pour leurs intérêts et non ceux de l’Etat et du peuple", a rétorqué le procureur général aux menaces de motion de censure proférées par certains députés.   Le RPM met en avant l’immunité parlementaire Dans un communiqué publié le samedi 29 novembre dernier, le bureau politique national du RPM, signé par le secrétaire à la communication, Boubacar Touré, le parti du député en cause dit mesurer la gravité et la délicatesse de la situation. Le RPM constate, avec l’incarcération d’un élu du parti majoritaire au pouvoir, que l’effectivité de la séparation des pouvoirs et celle de l’indépendance de la justice sont une réalité. Cependant, le parti présidentiel souhaite tout de même que l’immunité parlementaire et la présomption d’innocence soient aussi des garanties constitutionnelles pour chaque député et chaque citoyen. Par ailleurs, le parti du Tisserand précisera qu’il fait entièrement confiance en la justice malienne pour un heureux dénouement de cette malheureuse et déplorable affaire en vue du maintien d’un climat d’apaisement et de sereine collaboration entre l’institution parlementaire et l’institution judicaire. Dans le même ordre d’idée, d’autres structures travaillent en sourdine pour calmer la situation et rapprocher les positions afin de trouver un terrain d’entente. Alpha Mahamane Cissé  

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (14)

User
gabdo
gabdo 12 ans
la plus grande erreur de IBK est de maintenir le PG. il est loin d etre humble. pkoi il tjr dpans les mes medias. qui connait le procureur de la cour supreme? personne en tout cas pas dans les medias. il plutot syndicaliste que procureur. xxx.
donko2
donko2 12 ans
Le procureur général n’a dit que le droit dans cette affaire seulement nos élus ne sont que des nullards regroupés en bande d’opportunistes espérant mettre leur immunité au service de tous leurs besoins. Justement, c’est contre une telle dérive que le PG vient de prouver les limites de leur protection légale et cela est en parfaite harmonie avec le principe de la séparation des pouvoirs. Vive l’État de droit! Vive la république!
un malien
un malien 12 ans
pourquoi le procureur dans son pont de presse a oublié de mentionner l'alinéa 4 de l'article 62,de la constitution du mali , qui parle de la possibilité de liberer le deputé en faute si l'asssemblée le requerait? et POURTANT c'est le CAS, QUE JE SACHE mettons la passion de coté , travaillons avec la raison je n'ai aucun lien avec le député en question , d'ailleurs je l'aime pas , car iln est vraiment pas honorable
Ablo
Ablo 12 ans
VIVE LA JUSTICE EN TOUT LIEU ET A TOUT MOMENT!!!!!!!!!!!!!!!!!
Shikassy Hama
Shikassy Hama 12 ans
Je viens de vous donner le contenu de l'article 62 qui sert de base légale à la "dispute" des parties en conflit. Chacune est à mesure de justifier son point de vue grâce à l'ambiguïté d'un texte boiteux et qui excelle par son incompréhension. Mais dans tout cela ce que je dirais en tant que technicien, si les Maliens tiennent sincèrement au concept "Nul n'est au dessus de la loi", il faut qu'on accepte d'éviter de soutenir des actes portant atteinte au défaut d'application de la loi. L'on ne peut se permettre impunément, sous la protection présumée d'une immunité, porter atteinte à l'intégrité physique d'un autre citoyen malien dans l'exercice de ses fonctions. Il faut cela cesse au Mali. A bon entendeur Salut !
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (129)
  • Nfp (99)
  • Kankan (51)
  • Sylla (41)
  • Coulibaly Yacouba (15)