Bras de fer AES-UEMOA : l’avenir du FCFA en danger ?

L’Union Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) résistera-t-elle au même sort que la Cedeao ? La question vaut son pesant d’or après le fiasco de la 2e session ordinaire annuelle du Conseil des ministres de l’Union, qui s’est tenue le 11 juillet à Lomé.

15 Juil 2025 - 09:54
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Bras de fer AES-UEMOA : l’avenir du FCFA en danger ?

En effet, faute d’accord sur la désignation du Burkina Faso pour présider le Conseil des ministres de l’Union, les représentants des États de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont quitté la salle, en réaction au non-respect de l’article 11 des statuts de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), qui dispose que la présidence du Conseil doit être assurée à tour de rôle par les ministres chargés des Finances des États membres, pour un mandat de deux ans.

Au cœur du bras de fer, il se murmure que le Burkina Faso, refusant toute interaction avec l’ancienne puissance coloniale, toujours garante du franc CFA et interlocuteur privilégié des instances de la zone monétaire, conditionnait sa prise de fonction à une redéfinition des relations entre l’Union et Paris. Et depuis, tous les regards sont tournés vers la Conférence des Chefs d’État et de gouvernement de l’UEMOA, seule instance habilitée à arbitrer ce contentieux.

En attendant, les observateurs avisés retiennent leur souffle. Et pour cause, cette crise intervient dans un climat de forte tension entre les membres de l’AES et certains pays de l’Union. Et pire, elle éclate à un moment où le francs CFA, l’une des rares monnaies coloniale en circulation, est perçue dans l’AES comme une « monnaie de servitude ».

En effet, en février 2024, le chef de l’Etat du Niger, le général Abdourahamane Tiani, laissait déjà entendre que la création d'une monnaie confédérale est considérée comme une « étape de sortie de la colonisation ». Et si le chef de l’Etat nigérien n’a pas donné plus de précisions, la création de la Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID-AE) dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA, afin de financer des infrastructures essentielles et soutenir l’industrialisation locale, préfigure une volonté de création de cette monnaie.

Mais pour autant, l’UEMOA à huit Etats pourrait résister au clash du 10 juillet. En cause, après leur sortie de la CEDEAO, les États de l’AES, qui ont la particularité commune d’être continentaux, seule l’appartenance à l’UEMOA protège à la fois leurs ressortissants et leur permet d’accéder aux différents ports régionaux. Et c’est peut-être ce qui explique le silence radio de l’instance dirigeante de la confédération, par-delà le statut incontournable de l’Uemoa en tant que garante de toutes les levées de fonds sur le marché sous-régional.

 

Amidou Keita

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Commentaires (7)

User
Fanga
Fanga 1 an
"Mais pour autant, l’UEMOA à huit Etats pourrait résister au clash du 10 juillet. En cause, après leur sortie de la CEDEAO, les États de l’AES, qui ont la particularité commune d’être continentaux, seule l’appartenance à l’UEMOA protège à la fois leurs ressortissants et leur permet d’accéder aux différents ports régionaux." / Je crois moi aussi et j'espère que l'UEMOA résistera à ce "clash". Pas uniquement pour la raison de continentalité des trois États de l'AES et de dépendance des ports des États membres portuaires de l'UEMOA, mais aussi parce que les peuples des États de l'UEMOA sont humainement et culturellement très intégrés, au point qu'ils peuvent être considérés réellement comme des frères. / Par ailleurs, l'UEMOA est très différente de la CEDEAO. Les États membres de l'UEMOA sont relativement égaux en poids politique et économique, contrairement à la CEDEAO dans laquelle le géant du Nigeria avale seul tous les autres États membres. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger peuvent remporter dans l'UEMOA leur partie de bras de fer contre en particulier le Françafricain de Côte d'Ivoire Alassane Ouattara. Ils peuvent gagner politiquement en bloquant eux aussi le fonctionnement de l'UEMOA et judiciairement par une décision de la Cour de justice de l'UEMOA face à un autre État membre ou à une institution de cette organisation. / Il vaut mieux que les trois États de l'AES se concentrent sur la résolution de leurs graves problèmes domestiques de sécurité, d'instabilité politique et de misère économique, et laissent ouvert ce front UEMOA qui pourrait se résoudre naturellement dans un, deux ou trois ans avec un changement de dirigeants politiques en Côte d'Ivoire sur le modèle de ce qu'on a vu au Sénégal. / Il est certain que la composante monétaire actuelle de l'UEMOA mourra car rattachée à la monnaie coloniale française. C'est une aspiration commune à l'ensemble des peuples ouest-africains de sortir du Franc des Colonies françaises d'Afrique. Il n'y a aucun doute que cette sortie se fera. Les régimes militaires précaires politiquement et économiquement de l'AES ne doivent pas se précipiter pour sortir maintenant et à trois du FCFA au risque de rater cette sortie. L'intérêt économique d'une monnaie régionale limitée au Burkina Faso, au Mali et au Niger est très faible car ces pays n'ont d'accès à la mer, n'échangent presque pas entre eux de façon significative et n'ont même pas d'infrastructures de transport sérieuses pour faciliter en toute sécurité la libre circulation des personnes. L'intérêt politique de trois présidents militaires n'est pas seul suffisant pour assurer la réussite à long terme d'une monnaie ou d'un projet d'intégration régionale comme l'AES. C'est très important de tenir compte de la dimension humaine et économique.
Boire
Boire 1 an
Que representent financierement le BF, Mali et Niger, pays pauvres, enclaves, occupes par des terroristes a moto, et pris en otage par des putchistes? Rien. Ils s'accrochent au CFA et a la libre circulation de personnes car ils savent que la sorie du CFA et l'expulsion de leur millions de ressortissants ne feront tomber immediatement. et ce n'est pas Poutine qui va voler a leur secours, Poutine qui a laisser tomber Assad (syrie), les Ayatohallah (Iran), Hezbollah (Liban). leur sortie de la cedeao c'est juste pour se soustraire des contraintes de claendrier de retour a l'ordre constritutionnel. cela n'avait rien a voir avec un quelconque souverainete. la rupture avec la France cest juste du populisme, rien a voir avec le souverainisme quand un autre souverain (poutine) est trouve. et la seule initiative de Poutine est d'envoyer des mercenaires dont le seul but est de faire prolonger la guerre car ils vivent de la cela. AES est presente comme un pays! rien de cela. c'est juste une coquille vide dont on avance que des projets. en realite c'est l'association des juntes. Vraiment les 3 pays sont entrain d'etre ramenes 100 ans en arriere.
MaliMali
MaliMali 1 an
Trois pays qualifiés de pauvres, et pourtant le monde entier semble s’acharner à vouloir les soumettre. Curieux, non, cet acharnement pour des pays soi-disant sans importance ? Parfois, on se demande si cela valait vraiment la peine de gaspiller du temps et des ressources à éduquer certains chez nous. Pfff.
MaliMali
MaliMali 1 an
Cette fois, je recommande à notre AES de rester au sein de l'organisation, justement pour leur compliquer la tâche, quitte à ce que ceux qui ne sont pas d'accord avec nous choisissent eux-mêmes de partir. Après tout, nous avons aussi contribué à bâtir cette organisation ; il est hors de question de leur laisser le champ libre. Trop souvent, nous leur laissons l'avantage en nous effaçant. Nous connaissons les règles : les décisions se prennent à l'unanimité, avec la voix de chaque pays. Alors, pourquoi claquer la porte ? Mieux vaut leur montrer que nous sommes là et leur rendre la situation inconfortable. Ils essaient de nous pousser à la sortie pour éviter d'assumer les conséquences éventuelles d'une rupture ? Très bien, prenons-les à revers : rendons leur vie plus difficile de l'intérieur, tout en préparant calmement, de notre côté, une sortie maîtrisée si cela s'avère nécessaire. Ces valets qui ne savent rien faire sans aller chercher des ordres chez leur maître… quelle honte !
cisse
cisse 1 an
Au contraire aucun danger , les pays en prie à une insécurité grandissante , des pays misérables qui ont plus des 70% de leur territoire occupés par le désert, des pays continentaux qui n'arrivent à se nourrir , des pays misérables abonnés en coup d'états peuvent partir l'UEMOA aura un plein essor bye bye les aventuriers
Boire
Boire 1 an
Le meilleur service que la cedeao et l'uemoa peuvent rendre aux peuples BF, nigerien et malien, peuples pris en otage par les putchistes, c'est de renvoyer ces 3 pays de l'uemoa (et donc du CFA) et d'expulser leur millions de ressortissants. ces putchistes ne tiendront pas 3 semaines. et ils le savent, c'est pourquoi ils ne quitteront JAMAIS le cfa! ils vont le decrier comme partie de leur propagande mensongiere mais ils ne quitteront jamais. et ils vont continuer a chanter la libre circulation de personnes! car ils ne veulent surtout pas ces millions de personnes retournees chez eux.
KINGUILEPREUX
KINGUILEPREUX 1 an
QUITTEZ LE FRANC CFA ET L UMOA LA CDEAO ALLEZ ; DÉGAGEZ OUSTE ILLICO PRESTO
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