UEMOA : une croissance de 6,7 % en 2025 malgré un contexte international difficile
Le Président de la Commission de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA), Abdoulaye Diop, a présenté, le vendredi 13 mars 2026, à Bamako le rapport annuel 2025 sur le fonctionnement et l’évolution de l’Union devant le Comité interparlementaire.
Cet exercice statutaire a permis de faire le point sur les principales réalisations de l’organisation communautaire ainsi que sur les perspectives du processus d’intégration régionale.
Dans son intervention, il a salué l’appui des autorités maliennes, notamment celui du Président de la Transition du Mali, Assimi Goïta, pour leur soutien constant à l’action de l’Union. Malgré un environnement international marqué par les tensions géopolitiques et les restrictions commerciales, les économies de l’espace UEMOA ont affiché une bonne résilience. Selon le rapport, la croissance économique de l’Union s’est établie à 6,7 % en 2025 contre 6,2 % en 2024. Cette performance s’est accompagnée d’une inflation maîtrisée estimée à 0 % et d’une amélioration des finances publiques, avec un déficit budgétaire ramené à 3,7 % du PIB contre 5,3 % l’année précédente.
L’année 2025 a également été marquée par le lancement du Plan stratégique IMPACT 2030, qui oriente les actions de la Commission pour la période 2025-2030. Ce plan met l’accent sur le développement de filières prioritaires telles que le coton-textile, le riz et les engrais phosphates, ainsi que sur le renforcement de la transformation économique de l’espace communautaire. Sur le plan sécuritaire, la Commission a rappelé la persistance des menaces terroristes dans certains États membres et la nécessité de renforcer la coopération régionale. Plusieurs initiatives ont été engagées, notamment l’interconnexion des postes de police frontaliers et l’appui aux mécanismes de prévention des crises et des conflits.
Dans d’autres secteurs stratégiques, l’Union a poursuivi la mise en œuvre de programmes dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’économie numérique, de l’agriculture, de l’éducation et de la santé. Des efforts ont également été déployés pour améliorer le climat des affaires, promouvoir le commerce intra-communautaire et soutenir la consommation des produits locaux.
Au plan institutionnel, les performances budgétaires de l’Union ont progressé. Le taux d’exécution financier du budget a atteint 86,56 % en 2025 contre 77,84 % en 2024, tandis que le taux d’exécution physique des programmes s’est établi à 87,13 %. Malgré ces avancées, des défis persistent, notamment les contraintes sécuritaires, les difficultés de financement et la lenteur dans l’application de certaines réformes communautaires. Pour 2026, l’Union prévoit une croissance économique de 6,4 %, tout en restant attentive aux incertitudes de l’environnement économique international. Face à ces enjeux, la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine appelle à un renforcement de la solidarité entre les États membres afin de consolider les acquis de l’intégration régionale et accélérer la mise en œuvre des réformes communautaires.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net