Entre Nous: Moussa Mara, la tête haute
Le 1er août 2025, Moussa Mara, ancien Premier ministre et ancien Président du Parti Yelema « Le Changement » a été placé sous mandat de dépôt suite à la publication d’un message sur le réseau social X. ...
Le 1er août 2025, Moussa Mara, ancien Premier ministre et ancien Président du Parti Yelema « Le Changement » a été placé sous mandat de dépôt suite à la publication d’un message sur le réseau social X.
Il a été condamné, le 27 octobre 2025 à deux ans de prison, dont un an ferme et un an avec sursis. Une peine assortie d’une amende de 500 000 FCFA. Un jugement confirmé, le 9 février 2026 par la Cour d’appel de Bamako.
Moussa Mara recouvre la liberté après avoir purgé sa peine à la Maison d’arrêt de Koulikoro, après un passage à la Maison centrale d’arrêt de Bamako. Il sort de taule au moment où le chef de file de ses avocats, Me Mountaga Tall, enlevé par des individus cagoulés, reste introuvable depuis le 3 mai dernier, et son fils aîné également porté disparu.
Après les événements de mars 91, qui ont abouti à l’instauration de la démocratie dans notre pays, il était difficile de croire qu’un leader politique pouvait être condamné au Mali pour avoir a donné son avis sur une affaire publique. « Une démocratie n’est jamais acquise de façon éternelle et permanente » avait pourtant averti, avec la sagesse qu’on lui reconnaît, le Président Alpha Oumar Konaré dans l’ouvrage « Un Africain au Mali : Entretiens avec Bernard Cattenéo ».
L’ancien maire de la Commune IV du district de Bamako quitte la prison, la tête haute. Car Moussa Mara n’est pas allé en prison pour avoir tué quelqu’un. Il n’y est pas allé pour avoir volé de l’argent public. Il s’y trouvait pour avoir exprimé une opinion. Ce qu’il a toujours fait du reste.
En Afrique, la prison serait-elle donc liée au destin des hommes qui se battent pour certaines causes avec l’ambition de diriger leur pays ? Force est de rendre à l’évidence au constat des nombreux exemples figures politiques africaines dont le parcours est marqué par la case prison.
A tout seigneur, tout honneur : Nelson Mandela. En raison de sa lutte contre le régime ségrégationniste de l’Apartheid, il a passé 27 ans de sa vie entre les prisons de Robben Island - au large du Cap - de Polls moor et de Victor Verster. Libéré en 1990, il est devenu, en mai 1994, le Premier président noir de l’Afrique du sud.
Opposant historique, Alpha Condé a connu la prison, puis l’exil avant d’être élu Président de la Guinée en 2010. Abdoulaye Wade a également les geôles avant de prendre les commandes de l’Etat du Sénégal, en 2000. Laurent Gbagbo a, lui aussi, été emprisonné et contraint à la clandestinité pour ses opinions politiques, avant d’accéder à la magistrature suprême en 2000. «L’épervier n’emportera pas un poussin destiné à devenir un coq », nous enseigne un adage populaire en Afrique. Moussa Mara a certes des défauts comme tout être humain. Aussi, il a des qualités. De la fonction de Maire à celle de Premier ministre, il est le seul homme politique malien à déclarer régulièrement ses biens. Sur fonds propres, il finance des études pour les jeunes issus de milieux défavorisés. Sans oublier ses diverses actions sociales en faveur des couches démunies.
Dans le verset 26 de la sourate Al-Imran du Coran, il est dit ceci : « Ô Allah! Maître de l’autorité absolue. Tu donnes l’autorité à qui Tu veux, et Tu arraches l’autorité à qui Tu veux; et Tu donnes la puissance à qui Tu veux, et Tu humilies qui Tu veux. Le bien est en Ta main et Tu es Omnipotent ».
Par Chiaka Doumbia