Focus : Pacte de bon voisinage

L’histoire des nations sahéliennes s'écrit d'abord dans l'encre de la géographie, de la mémoire partagée et des liens indéfectibles tissés au rythme des siècles.

14 Sep 2026 - 02:15
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Focus :  Pacte de bon voisinage

Alors que le Mali s’apprête à accueillir, ce lundi 14 septembre 2026, le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb à la tête d’une importante délégation, la visite officielle programmée à Bamako ravive la flamme d’un compagnonnage ancien. Ce déplacement qui fait suite au voyage de travail mené à Alger par le Premier ministre malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga, invite à replonger le regard aux sources mêmes de nos indépendances. Dès l'aube des années 1960, au moment où l'Afrique s'efforçait de concilier sa liberté naissante avec la stabilité de ses frontières, le Mali et l'Algérie ont bâti une alliance d'avant-garde. C’est précisément dans cet esprit de concorde que s'inscrivent les célèbres accords de Bamako d'octobre 1963, scellés sous l'impulsion clairvoyante de figures historiques majeures telles que Modibo Kéïta, Ahmed Ben Bella et le roi Hassan II, venus consolider la paix et l'entente régionale. Les pistes transsahariennes ont alors vibré des pas de ces bâtisseurs visionnaires qui comprirent que la souveraineté retrouvée ne pouvait s'épanouir qu'en s'appuyant sur l'unité et le respect mutuel entre voisins solidaires.

Du Sahara immense jusqu'aux rives nourricières du fleuve Niger, nos deux pays partagent une communauté de destins que nulle contingence ne saurait altérer. Des flux commerciaux séculaires au brassage spirituel et culturel constant, les populations de part et d’autre d’une frontière tracée sur les cartes mais abolie dans les cœurs ont toujours su cultiver une osmose humaine unique. Cette fraternité séculaire s'est également illustrée, au fil des décennies, à travers la formation d'élites et de cadres supérieurs maliens sur le sol algérien. Des figures majeures de l'État malien, à l'instar du Premier ministre Abdoulaye Maïga, du ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop et de tant d'autres hauts commis, ont forgé leurs compétences dans les institutions et universités d'Algérie, tissant des ponts intellectuels d'une inestimable valeur.

Les entretiens au sommet prévus dans la capitale malienne permettront de raffermir cette vision commune, qu'il s'agisse de pacifier nos espaces frontaliers ou de dynamiser les échanges économiques au service d'un développement endogène et affranchi des influences extérieures. Le Mali d’aujourd’hui, résolument engagé dans sa marche souveraine vers la refondation totale de son État et de ses institutions, puise sa force dans la fidélité à ces alliances fondatrices.

En cultivant ce dialogue direct, franc et fraternel, Bamako et Alger rappellent avec éclat que les liens de sang, d'intelligence et d'histoire traversent les époques. Sauf que ce contrat de bon voisinage qui unit les deux nations demeure imprécis à l’heure actuelle, notamment avec l’hébergement de figures politiques contestataires par Alger. Des zones d’ombres dans les relations entre les deux pays qui persistent et méritent clarification. C’est là la clé de voûte d'un avenir pacifié, où l'amitié indéfectible entre le Mali et l'Algérie pourra continuer de tracer la voie pour un Sahel uni, fort et souverain.

 

La Rédaction