Terrorisme dans le Sahel : L’Ukraine et ses parrains en première ligne
L’Ukraine, en première ligne au Sahel, a franchi un seuil inédit.
Le chef de son renseignement militaire a lui-même revendiqué des partenariats opérationnels avec des factions armées au Sahel, reconnaissant des appuis logistiques, des transferts d’équipements et des partages de renseignements au profit de groupes qui sèment la terreur au Mali, au Burkina et au Niger. Pendant que Kiev crie à l’agression sur son sol, elle instrumentalise le terrorisme comme levier de guerre par procuration en Afrique.
Depuis plusieurs mois, les Groupes Armés Terroristes qui écumaient le Sahel ne se contentent plus de frapper les populations et les infrastructures. Ils se déchirent entre eux. Le Jnim affronte l’État islamique au Grand Sahara dans une guerre fratricide pour le contrôle des axes de contrebande, des taxes illégales et des maigres ressources locales. Une saignée mutuelle qui aurait pu affaiblir la menace, mais qui au contraire la rend plus imprévisible. Les civils se retrouvent pris en étau entre deux barbaries qui ne répondent plus qu’à une logique mafieuse.
Or cette décomposition interne ne suffit pas à expliquer l’intensité nouvelle des attaques. Derrière ces factions apparaissent désormais des parrains. La France accompagne cette dynamique par ses anciens réseaux. Ses relais passent par la Mauritanie, où des cellules de coordination servent de base arrière. L’objectif est clair : empêcher la réussite du projet souverainiste malien, burkinabè et nigérien. Certaines puissances du Golfe financent les réseaux terroristes tout en se présentant comme partenaires économiques. Leur duplicité est manifeste : d’un côté, ils investissent dans des projets de façade ; de l’autre, ils alimentent la guerre par procuration.
Les exécutants de cette stratégie sont connus : opérateurs ukrainiens, réseaux français, agents de la Dgse, de la Cia, de l’Otan et des États-Unis. Ils utilisent des mercenaires, des légionnaires formateurs et des recruteurs de radicalisés locaux. Ces derniers sont enrôlés dans des groupes armés missionnés pour frapper les États du Sahel. La logique est cynique : transformer des jeunes désœuvrés en chair à canon pour une guerre qui ne leur appartient pas.
Face à cette perfidie, la réponse de Bamako et de ses alliés de l’AES ne se fait pas attendre. L’opération Dougoukoloko l’a démontré : frappes aéroterrestres, destruction de plus de cinquante bases logistiques en août, neutralisation de près de mille combattants, sécurisation de milliers de convois. Le bilan de la Dirpa témoigne d’une armée qui frappe d’abord et négocie ensuite. Mais la bataille ne se joue pas qu’avec des armes. Les parrains des Gat ont compris qu’ils ne gagneraient pas militairement. Alors ils ont déplacé le combat sur le terrain des esprits. Propagande, fausses nouvelles, vidéos de terreur : l’objectif est de semer la panique et de fissurer la confiance entre les populations et leur État.
En face, les communiqués réguliers de la Dirpa et la parole publique des autorités maliennes répondent. Il s’agit de rétablir les faits, de nommer les responsables et de rappeler que l’État voit, l’État sait, l’État protège. Les conséquences de cette guerre hybride sont lourdes. Sur le plan sécuritaire, les fronts se multiplient et les zones rurales se fragilisent. Sur le plan économique, les circuits commerciaux sont perturbés, les convois de citernes attaqués, les infrastructures énergétiques sabotées. Sur le plan humain, les populations font face à leur résilience si éprouvante et le traumatisme gagne certains corps chez qui s’installent doutes et incertitudes du lendemain. Pourtant, sur le plan politique, l’effet est inverse à celui recherché par Kiev et ses alliés. Au lieu de diviser, cette agression extérieure resserre les rangs. Le Sahel se détourne de ceux qui l’attaquent par groupes interposés et consolide ses alliances souverainistes.
En définitive, le terrorisme dans le Sahel n’est plus une crise locale. Il est devenu le prolongement d’autres guerres. L’Ukraine, incapable de gagner la sienne, a choisi d’exporter son instabilité. La France, l’Otan et leurs relais régionaux accompagnent cette stratégie. Les commanditaires du Golfe financent. Les mercenaires exécutent. Mais le Mali tient. Parce qu’un pays qui traverse les millénaires et qui fête soixante-six ans d’indépendance ne se réduit pas à une crise. Parce que la souveraineté, au Sahel, ne se décrète pas : elle se vit, elle se défend, elle se consolide chaque jour, les armes à la main.
La Rédaction
