Programme Tounkaranké: les 12 communes de Yélimané s’unissent pour transformer la diaspora en moteur du développement local

Les maires des douze communes du Cercle de Yélimané ont officiellement lancé, samedi 12 septembre 2026 à Bamako, l’initiative « Miracle du Cercle de Yélimané ».

14 Sep 2026 - 02:14
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Programme Tounkaranké: les 12 communes de  Yélimané s’unissent pour transformer la diaspora en moteur du développement local

Portée en partenariat avec le Programme Tounkaranké, cette démarche vise à renforcer la production, la transformation et la commercialisation des produits locaux. Ledit programme veut faire de la diaspora un véritable levier d’investissement et de développement territorial.

Réunis à l’occasion d’une rencontre B2B, les élus locaux du Cercle de Yélimané ont affiché leur volonté de travailler désormais autour d’une vision économique commune. Dans son discours, le maire de la commune de Guidimé a indiqué que cette rencontre ne devait pas être considérée comme une simple réunion d’élus, mais comme un rendez-vous consacré à l’avenir économique du Cercle. « Le Cercle de Yélimané est capable de produire, de transformer, de commercialiser et de créer sa propre richesse », a-t-il déclaré, appelant les populations, la diaspora et les partenaires financiers à croire davantage au potentiel économique du territoire.

L’initiative s’inspire notamment de certaines réalisations enregistrées dans la commune de Toya. Pour les responsables des collectivités de Yélimané, l’expérience de cette commune démontre qu’une collectivité peut obtenir des résultats significatifs lorsqu’elle mobilise ses populations et développe des partenariats. L’objectif est donc de reproduire et d’adapter les bonnes expériences dans les douze communes du Cercle.

Produire, transformer et commercialiser localement

Baptisée « Miracle du Cercle de Yélimané », l’initiative fixe un délai de six mois pour créer les conditions nécessaires à la commercialisation des produits fabriqués et transformés localement. Parmi les filières ciblées figurent notamment l’huile, le savon, l’eau potable conditionnée, les aliments pour bétail et les aliments pour volaille. L’ambition affichée est de rompre progressivement avec un modèle essentiellement fondé sur la vente des matières premières. Les communes veulent désormais favoriser la transformation et le conditionnement des produits sur place, afin de créer davantage de valeur ajoutée au bénéfice des populations locales.

Pour les initiateurs, le « miracle » ne relève pas d’une intervention extérieure. Il repose avant tout sur la capacité des douze communes à travailler ensemble, sur l’implication des femmes et des jeunes dans les activités économiques, mais aussi sur une participation plus importante de la diaspora dans les investissements productifs. Cette vision trouve déjà un écho dans les résultats annoncés par le Programme Tounkaranké. Selon son communiqué de presse, le programme est actuellement déployé dans sept cercles, 58 communes et 813 villages des régions de Kayes, Nioro du Sahel et Koulikoro. Il s’appuie notamment sur une infrastructure numérique baptisée « Point Diaspora », destinée à rapprocher les communautés locales de leurs ressortissants établis à l’extérieur.

Dans le Cercle de Yélimané, présenté comme une zone d’expérimentation du modèle, le Programme Tounkaranké fait état de plusieurs résultats : douze sites web communaux, 102 Comités villageois, 133 emplois directs et 193 emplois indirects, ainsi qu’une base de données recensant plus de 1 016 commerçants détaillants. Le programme annonce également la structuration de 43 chaînes intégrées de production, de transformation et de commercialisation financées par la diaspora. La diaspora occupe une place centrale dans cette nouvelle stratégie. Les responsables de Yélimané souhaitent qu’elle ne soit plus uniquement sollicitée pour répondre aux besoins familiaux, mais qu’elle devienne un acteur à part entière du développement économique local. Le maire de Guidimé a ainsi lancé un appel aux ressortissants du Cercle vivant à l’étranger : investir dans la transformation des produits locaux, contribuer à la création d’emplois et participer à la construction de chaînes de valeur. Cette orientation prend une importance particulière dans une zone fortement marquée par les conséquences de la migration irrégulière, notamment le départ de nombreux jeunes et les difficultés de réinsertion de certains migrants de retour.

Le financement constitue toutefois un enjeu majeur. Les communes souhaitent associer les banques et les compagnies d’assurance à cette dynamique afin de faciliter l’acquisition d’équipements, de financer les producteurs, de sécuriser les investissements et de soutenir la commercialisation.  « L’objectif est de transformer les transferts de la diaspora en investissement productif grâce à l’ouverture des comptoirs d’achat », a conclu l’initiateur du programme Tounkaranké, Cheick Sall.  En bref, ce programme met en place une chaîne complète allant de la production à la vente, en passant par la transformation, le conditionnement, le financement et l’assurance. Le Programme Tounkaranké estime, de son côté, que les transferts annuels de la diaspora malienne dépassent 700 milliards de FCFA et défend l’idée de transformer progressivement cette solidarité familiale en investissements productifs.

Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net