GOONGA TAN : Niamey : Des coups de feu ont fait penser au pire, avant que la force n'arrête les erratiques

Le samedi 29 août, le Sahel, puis le reste de l'Afrique de l'Ouest, se sont réveillés dans le vacarme d'informations contradictoires faisant état d'attaques simultanées contre plusieurs points sensibles de la capitale nigérienne.

05 Sept 2026 - 02:12
Mis à jour: 2 mois
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GOONGA TAN : Niamey : Des coups de feu ont fait penser au pire, avant  que la force n'arrête les erratiques

 L'aéroport international Diori Hamani, la base 101 et les abords de la présidence ont été au cœur des premiers affrontements. Pendant plusieurs heures, les informations ont circulé plus vite que les certitudes.

Très vite, cependant, un constat s'est imposé : ce qui se déroulait dans la capitale nigérienne n'avait rien d'une attaque djihadiste, ni d'un simple incident de caserne. Il s'agissait bien d'une tentative de déstabilisation du régime du général Abdourahamane Tiani. Cependant, la riposte des forces loyalistes a finalement permis de reprendre le contrôle des sites visés. Plusieurs hommes armés ont été arrêtés et les principaux animateurs du mouvement seraient, selon différentes sources, en fuite ou sous contrôle des autorités. Un nom, celui du capitaine Ben Idé, est apparu dès les premières heures comme celui d'un possible responsable de la tentative de ce qui ressemble à m'y prendre à un putsch. Mais la prudence reste de mise à cause de la rétention d'information ou de la maitrise du récit qui succèdent à un événement tragique de cette importance. La communication officielle et les enquêtes à venir devront établir la chaîne réelle des responsabilités. Derrière les tirs de Niamey se cache toujours, au moment où j'écris ces lignes, une question autrement plus importante : qui voulait réellement faire tomber Tiani, et pourquoi ?

L'ennemi était-il dans la caserne ?

Les premiers éléments disponibles font apparaître un mouvement hétérogène. Des soldats issus de différentes composantes des Forces armées nigériennes, dont certains auraient été de retour de zones d'opérations particulièrement éprouvantes, se seraient retrouvés dans cette aventure aux côtés de forces obscures clament certains à Niamey. Il serait, cependant, prématuré de conclure. Mais les interrogations sont nombreuses : Frustration de soldats épuisés par les campagnes militaires ? Rivalités internes au sein de la grande muette ? Contestation politique de la trajectoire empruntée par le CNSP ? Instrumentalisation de mécontentements réels par des ambitions individuelles ? Ou opération bénéficiant de complicités plus importantes, y compris à l'extérieur du pays ? C'est précisément ici que le régime de Tiani joue désormais une partie décisive.

La tentation est grande de réduire immédiatement l'événement à une manœuvre des partisans de Mohamed Bazoum ou à une opération téléguidée depuis l'extérieur, si l'on suit les regards fixés sur l'uranium....

Les autorités nigériennes disposent peut-être d'éléments allant dans ce sens. Si tel est le cas, elles vont les produire. Mais l'erreur serait de chercher trop vite un coupable idéal. Quoi qu'on pense Tiani est sorti indemne de l'épreuve.

Tiani a gagné la bataille du 29 août

À court terme, le régime nigérien peut se prévaloir d'une victoire. La chaîne de commandement loyaliste a tenu. Les sites sensibles ont été sécurisés. Le coup de force a échoué. Mais un coup d'État manqué n'est jamais sans lendemain. Il produit des arrestations, des interrogatoires, des règlements de comptes. Il peut aussi révéler des complicités jusque-là invisibles. La priorité de Niamey sera donc moins de multiplier les déclarations triomphales que de comprendre comment des éléments armés ont pu coordonner, ou tenter de coordonner, une action contre des installations aussi sensibles.

La question de la condition des soldats a été évoquée et doit également être examinée. Ceux qui passent de longues périodes dans les zones de combat, face à des adversaires particulièrement mobiles, accumulent fatigue, colère et parfois frustrations. Les faits ont montré qu'ils sont minoritaires.

Le test de l'AES

Pour l'Alliance des États du Sahel, l'épisode nigérien dépasse les frontières du pays. L'AES a été construite autour d'une double promesse : souveraineté et sécurité. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont fait du combat contre le terrorisme, de la reprise en main de leurs territoires et de l'affirmation d'une indépendance les fondements de leur nouveau récit. Or, les événements de Niamey l'ont démontré : Aucune alliance régionale ne peut compenser durablement les fractures qui traversent un pays de l'intérieur.

Le coup de force manqué de Niamey devrait donc pousser les trois États de l'AES à renforcer la coopération en matière de renseignement, mais également à surveiller leurs propres fragilités internes. C'est peut-être la principale leçon du 29 août pour Bamako, Ouagadougou et Niamey : le dispositif sécuritaire du Sahel ne doit pas seulement regarder vers l'extérieur. Il doit aussi être capable de détecter les fissures qui se forment à l'intérieur.

Le grand silence des voisins

Reste enfin une séquence particulièrement révélatrice : le silence des voisins. A mon avis, la tentative de déstabilisation de Niamey aurait dû provoquer une réaction politique claire de l'ensemble des États de la sous-région. Elle aurait dû, au minimum, susciter un rappel ferme de la nécessité de préserver la stabilité d'un pays dont l'effondrement aurait des conséquences immédiates sur l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest. Mais force est de constater que la  rupture entre l'AES et la CEDEAO continue hélas de peser sur tous les réflexes diplomatiques. Certains gouvernements peuvent être tentés de ne pas se précipiter au secours d'un régime avec lequel ils sont en conflit politique depuis trois ans. Je peux comprendre la gêne de la CEDEAO à apparaître comme le soutien d'un pouvoir né d'un coup d'État contre Mohamed Bazoum. Mais fallait-il, pour autant, rester aphone devant une tentative de renversement par les armes ? La question mérite d'être posée. Car il ne s'agissait pas de soutenir Tiani. Il s'agissait de défendre la stabilité du Niger. La nuance est essentielle. Un changement de pouvoir brutal au cœur de l'un des pays stratégiques du Sahel aurait eu des répercussions immédiates sur le Mali et le Burkina Faso, mais aussi sur le Nigeria, le Bénin, le Tchad et toute la façade ouest-africaine.

Dans cette affaire, la CEDEAO ne peut raisonnablement espérer tirer profit du chaos. Car le chaos ne choisit jamais son camp.

Après les armes, la vérité

Le 29 août a donc permis à Tiani de mesurer la résistance de son dispositif. Mais il a également révélé sa vulnérabilité. Tout dépend de la manière dont on répond aux questions que cette tentative soulève.

Le Niger doit désormais éviter deux écueils : la chasse aveugle aux sorcières et le déni.

A cet égard, les enquêtes devront établir les responsabilités, les complicités, les financements et les éventuels soutiens extérieurs. Les auteurs devront répondre de leurs actes. Mais le pouvoir devra aussi accepter d'entendre ce qu'une partie des armes a tenté d'exprimer. C'est là que se trouve la véritable leçon de Niamey.

Le 29 août, le général Tiani a certes sauvé son pouvoir, mais au Sahel, l'on ne doit pas prendre la fin d'un coup d'État pour le début de la stabilité. D'autres écueils sont à craindre.

                                                                  

DICKO Seidina Oumar

 Journaliste - Historien -Écrivain

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Commentaires (5)

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Kinguiranke
Kinguiranke 1 mois
Nfp, kan, et sangare tous trois des tres sales trolls de la tres maudite France, des ennemis du Mali et de l'Afrique, des vrais animaux-humains qui ont des QI inferieurs a celui d'une punaise de lit de Paris! Calmez-vous car la democratie made-in-France a la Baule a echoue partout et a abouti a la democratisation de la corruption partout en Afrique! Honneur aux Presidents Abderahmane Tiani, Assimi Goita et Ibrahim traore pour votre patriotisme sans faille! Gloire au grand peuple de la Confederation de l'AES!
kan
kan 1 mois
Seidina Oumar tu en dis de conneries et des mensonges , mais pas comme dans cet article ou tu vas atteindre des sommets .... Tu fais un concours ?
sangare
sangare 1 mois
Le chaos est déjà là depuis que les militaires ont décidé de chasser les élus dans ces trois pays. Il faut maintenant mettre fin à ce chaos. C'est le fer qui coupe le fer!!! À dire autrement, comme les puchistes ont décidé de ne pas organiser les élections, ils ont autorisé ceux qui ont la possibilité de réaliser l'alternance de la faire. SEULS CEUX QUI ONT LES ARMES PEUVENT RÉALISER L'ALTERNANCE QUAND ON DÉCIDE DE NE PAS ORGANISER LES ÉLECTIONS. Comme on dit dans le quartier "tu n'as pas de concurrents parmi les enfants de ta maman, mais pas à l'extérieur de la famille" Les puchistes ont violé les règles nationales et internationales en faisant le coup d'Etat. POUR LES RÉTABLIR, IL FAUT NÉCESSAIREMENT D'AUTRES COUPS D'ETAT. Il n'y a pas d'autres possibilités!!! Ce qui signifie que tant que les puchistes n'ont pas organisé les élections, les tentatives de coup d'Etat vont se multiplier. De part le coup d'Etat,mettant ces pays face à des sanctions économiques, ces pays se sont placés dans le camp d'en face les occidentaux. Tout le monde sait que le seul intérêt des pays sous développés est le NON ALIGNEMENT. Si nous étions soumis à la France comme l'affirment les puchistes, nous n'avons que changer de maître en choisissant la Russie. C'est ce CHOIX IRRÉFLÉCHI qui installe nos pays dans le chaos. NOS PAYS SONT DEVENUS L'ANGOLA DES ANNÉES 1970 ET 1980!!! L'URSS a soutenu les tenants du pouvoir contre leurs adversaires politiques soutenus par les occidentaux après l'accession du pays à l'indépendance. LES COUPS D'ETAT DANS NOS PAYS, PENDANT QU'ILS FONT FACE AUX JIHADO-SEPARATISTES,ONT FAVORISÉ LE REJET DES OCCIDENTAUX ET L'APPEL AUX SECOURS À LA RUSSIE!!! Les coups d'Etat ont lancé la guerre entre les occidentaux et les russes dans les pays nommés ridiculement AES. Il faut l'assumer au lieu de pleurnicher!!! La seule façon de mettre fin à ce chaos installé par les puchistes,c'est de s'engager à organiser les élections sincères et transparentes afin que nos peuples puissent élire leurs représentants. Ces derniers ne font pas s'inscrire dans un camp, mais dans le NON ALIGNEMENT.
Nfp
Nfp 1 mois
" Cependant, la riposte des forces loyalistes a finalement permis de reprendre le contrôle des sites visés." FAUX, RIGOUREUSEMENT FAUX !... Absolument TOUS les habitants de Niamey témoins des événements et TOUS les observateurs quels qu'ils soient disent la même chose de façon tout à fait unanime, ce sont les mercenaires russes d’afrika corps (ET PERSONNE D'AUTRE !) qui ont mis fin de justesse à la mutinerie, au travers d’une intervention-surprise très musclée, simultanément aérienne avec leurs drones et au sol ! Il est faux de raconter que ce sont les forces loyalistes de Tiani qui "ont repris le contrôle", quand on sait pertinemment que ce sont les troupes russes !... soit on fait de L’INFO, soit on fait de l’info...tendancieuse. Ce sont deux métiers (très) différents, et un journaliste de votre niveau ne peut pas l’ignorer, Monsieur Dicko...
sangare
sangare 1 mois
Mr DICKO est pro puschiste!!! Comme tous les thuriféraires des puchistes, ils ne veulent pas qu'on sache que les armées des pays de l'AES sont très faibles, d'autant plus faibles que sans les russes, on aurait constaté l'invasion des JIHADISTES dans les trois pays. UNE ARMÉE QUI REFUSE D'ÊTRE SOUS L'AUTORITÉ DE L'ÉLU DEVIENT IPSO FACTO UNE MILICE. Ceux qui ont fait le coup d'Etat vont se méfier des autres soldats qui étaient certainement contre l'intervention de l'armée dans le champ politique. Ainsi on va assister à la rétention des armes de guerre par peur que ces soldats décident de mettre fin au pouvoir des officiers en place comme on vient de le constater au NIGER. LE COUP D'ETAT OBLIGE LES TENANTS DU POUVOIR À SE MÉFIER DE LEURS PROPRES SOLDATS FAVORISANT L'ENNEMI. C'est ce qui est arrivé en 2012 au Mali. Toute armée du monde perd des batailles dans une guerre. C'est ce qui est arrivé dans l'armée malienne avant le coup d'Etat de 2012. Au lieu de traiter ainsi, on a préféré, pour justifier le coup d'Etat, dire que l'armée malienne est faible du fait des élus depuis 1992. 14 ans après, l'insécurité est en encore plus installée dans notre pays. C'est le fait du coup d'Etat du 22 mars 1991. Mr DICKO et ses semblables refusent de l'admettre.
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