Entre Nous: Les oubliées du 31 juillet
Le Mali commémore demain 31 juillet, la Journée panafricaine des femmes.
Cette commémoration vise à rendre hommage aux femmes africaines et à leur rôle dans la société. Elle vise également à poursuivre la quête de justice pour les femmes et améliorer continuellement leur statut sur le continent. Elle est l’occasion pour rappeler que les femmes occupent une place centrale dans la société africaine comme mères, sœurs, filles et leaders.
La commémoration de cette journée intervient dans un contexte particulier au Mali compte tenu de la situation sécuritaire. Et ce depuis plusieurs années déjà. Ce 31 juillet 2026 coïncide avec le déplacement des habitants de Kouakourou, une localité du cercle de Djenné dans la région de Mopti. Sous la menace des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Gsim), ils ont été contraints de se mettre à l’abri à Mopti, Sevaré, Djenné et autres localités. Des femmes accompagnées de leurs enfants ont été jetées sur les routes. Des personnes âgées, des malades, des hommes ont tout abandonné sur place en une période aussi cruciale, le début d’hivernage étant un moment important pour les cultivateurs.
La vidéo réalisée par l’activiste appelé « Commandant Methè» montre des enfants dont la situation suscite inéluctablement des compassions. Des femmes et des enfants désorientés ! Des familles entières dis loquées ! Une véritable crise humanitaire ! Suspendus à la solidarité de bonne volonté, ils sont réduits à vivre dans des conditions extrêmement difficiles.
Ces femmes sont les oubliées du 31 juillet. Tout comme leurs progénitures. Les oubliées du 31 juillet sont aussi toutes ces femmes qui ne peuvent plus cultiver leurs champs ou qui ne peuvent pas se rendre dans les foires hebdomadaires à cause de l’insécurité. Les oubliées du 31 juillet sont également toutes ces bonnes dames qui attendent les nouvelles de leurs fils ou de leurs maris. Elles vivent dans une angoisse permanente.
Les oubliées du 31 juillet sont celles qui regardent impuissamment leurs enfants souffrir de la malnutrition. Les oubliées du 31 juillet sont celles qui voient leurs progénitures peinant à jouir du droit élémentaire d’avoir accès à une éducation depuis le début de la guerre en 2012. Les oubliées du 31 juillet sont, enfin, toutes celles qui souffrent le martyr depuis plus d’une décennie à cause de la situation sécuritaire. Ces oubliées du 31 juillet sont absentes des discours. Elles n’auront pas droit à une compassion officielle.
Par Chiaka Doumbia