Edito : Mali-Algérie : La real politik comme option !

Après la visite du PM malien, Abdoulaye Maïga, à Alger, il a seulement fallu 21 jours pour que son homologue algérien, Sifi Ghrieb, fasse le chemin inverse à Bamako.

17 Sep 2026 - 08:46
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Edito : Mali-Algérie : La real politik comme option !

 Les parties malienne et algérienne, au cours des déplacements, ont qualifié  leurs échanges de « très chaleureux » et « très fraternels ». Désormais Bamako espère  que la région Sahélo-saharienne  deviendra  « un espace prospère, sécurisé et débarrassé de toutes les formes d’hégémonie, de terrorisme et de néocolonialisme ».

C’est une réalité, l’Algérie et le Mali partagent une longue frontière de  1300 kms. Ils s font face à la menace persistante du terrorisme, de l'extrémisme et de la criminalité transfrontalière dans la zone sahélo-saharienne.  A l’évidence, Ils ont  des défis communs à relever. Ce qui exige une collaboration sécuritaire étroite entre  Alger et Bamako, ne serait-ce que,  pour sécuriser leurs zones limitrophes. D’où l’option actuelle de la real politik dont les deux pays ont  in fine choisi pour amorcer le renouveau de leur relation bilatérale. Mais il n’y a pas que les seules questions sécuritaires qui doivent compter entre les deux grands voisins.  Ils doivent  nécessairement se développer.

A cet effet, les discussions entre les deux autorités ont  logiquement porté sur l’acquisition d’infrastructures, en l’occurrence : des projets structurants comme la route transsaharienne et le développement des liaisons routières, ferroviaires et  aériennes entre les deux Etats.  Notre grand voisin du nord,  qui possède une grande expérience dans la recherche et l’exploitation des ressources d’hydrocarbures,  peut  aussi nous aider dans ce  secteur hautement stratégique.  Surtout  qu’il est une évidence que le meilleur débouché pour la vente éventuelle de nos hydrocarbures (le jour où le Mali en serait producteur)  est incontestablement la mer méditerranée, en traversant le territoire algérien.  Une réalité qui doit pousser Alger et Bamako à œuvrer pour booster leurs échanges commerciaux au profit de leurs économies respectives.

L’Algérie et le Mali sont, l’un et l’autre, des prolongements naturels.  Ce qui fait d’Alger  un acteur incontournable de Bamako et vice-versa. Les deux Etats sont donc condamnés à   redynamiser  leur coopération multiforme mais désormais dans le respect mutuel. Pour cela, Alger devra nécessairement  prendre  ses distances avec les Groupes Armés Terroristes (GAT) qui sèment la terreur dans le septentrion malien.  Ces Groupes terroristes ne doivent plus avoir gites et couverts en Algérie. Cela constitue  une condition sine qua none pour reprise normale de la coopération entre les deux voisins. Une fois  toutes ces conditions remplies, Alger et de Bamako  doivent  rechercher, illico presto, une  meilleure  alchimie  pour l’atteinte de cet objectif, tant souhaité entre les deux gouvernements, de même que les populations transfrontalières. Il y va des  intérêts réciproques  des deux pays!

 

Gaoussou Madani Traoré