BRICS : ce que le sommet de New Delhi peut changer pour le Sahel

Réunis à New Delhi les 12 et 13 septembre 2026, les dirigeants des BRICS ont adopté une déclaration mettant l’accent sur la coopération financière, l’agriculture, le climat, les technologies et la réforme de la gouvernance mondiale. Pour les pays du Sahel, plusieurs pistes de coopération pourraient présenter un intérêt concret.

16 Sep 2026 - 11:10
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BRICS : ce que le sommet de New Delhi peut changer pour le Sahel

Une plateforme pour le Sud global

Le XVIIIe sommet des BRICS, placé sous la présidence de l’Inde, a réuni les pays membres autour de la coopération économique et du renforcement du multilatéralisme. La déclaration finale réaffirme notamment le soutien à une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU et à une représentation accrue des pays africains dans les instances internationales.

Pour le Sahel, cette position rejoint les revendications africaines en faveur d’une meilleure représentation du continent dans la gouvernance mondiale.

Des enjeux financiers importants

La coopération financière figure parmi les principaux axes abordés à New Delhi. Les BRICS poursuivent leurs travaux sur les paiements transfrontaliers et les règlements commerciaux en monnaies nationales, avec l’objectif de rendre les transactions plus rapides, moins coûteuses et plus accessibles.

La Nouvelle Banque de développement constitue également un outil potentiel de financement des infrastructures et des projets de développement. L’adhésion de plusieurs pays africains à cette institution montre que cet espace de coopération est déjà accessible au continent.

Agriculture, climat et sécurité alimentaire

Les questions agricoles occupent une place importante dans la déclaration. Les BRICS évoquent notamment les pénuries d’engrais, la stabilité des marchés céréaliers, les réserves alimentaires, les semences adaptées à la sécheresse et le développement de l’agriculture numérique.

Ces priorités rejoignent plusieurs défis auxquels sont confrontés les pays sahéliens, notamment la dépendance aux importations agricoles, les effets du changement climatique et la nécessité d’améliorer la productivité des exploitations familiales.

Un intérêt pour les technologies

La coopération dans l’intelligence artificielle, les infrastructures publiques numériques et les technologies financières figure également parmi les domaines retenus par les BRICS.

L’expérience de l’Inde dans le développement de services publics numériques pourrait notamment constituer une source d’inspiration pour les pays africains engagés dans leur transformation numérique.

Quelle place pour le Sahel ?

Le sommet de New Delhi ne garantit pas, à lui seul, des retombées économiques pour les pays sahéliens. Il ouvre toutefois des espaces de dialogue et de coopération dans des secteurs stratégiques : financement, agriculture, énergie, climat, numérique et infrastructures.

La prochaine présidence des BRICS sera assurée par la Chine en 2027. Pour les pays du Sahel, l’enjeu sera désormais de transformer les possibilités de coopération en projets concrets, avec des dossiers solides et des priorités clairement définies.

 

Moussa Adama Sangaré