L’armée américaine concède enfin que la guerre en Iran a épuisé ses stocks de munitions

Après l’avoir niée à plusieurs reprises, les États-Unis ont reconnu être confrontés à une pénurie de munitions en raison de la guerre menée contre l’Iran.

16 Sep 2026 - 08:03
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L’armée américaine concède enfin que la guerre en Iran a épuisé ses stocks de munitions
DANIEL CENG / Anadolu via AFP Des soldats américains en train de recharger une arme à San Antonio, aux Philippines. Le Pentagone a admis le 14 septembre que le pays connaissait une pénurie de munitions.

Rétropédalage. Le ministère américain de la Défense a reconnu, dans un rapport publié ce lundi 14 septembre, une « pénurie » de munitions liée à la guerre en Iran, un constat que l’administration Trump avait pourtant largement refusé de confirmer ces derniers mois. Un coup dur quand on sait que le président avait fait campagne en 2024, entre autres, sur la promesse de ne plus enliser les États-Unis dans des conflits sans fin.

Le rapport de l’Inspecteur général du Pentagone estime ainsi qu’entre le 28 février et le 30 juin, l’opération « Fureur épique » contre l’Iran a coûté environ 33,4 milliards de dollars, dont 22,3 milliards uniquement en munitions tirées.

« Les dépenses en munitions lors de l’opération Fureur épique ont provoqué une pénurie sur les inventaires stratégiques et révélé des goulots d’étranglement au sein des industries pour le renouvellement des munitions, » relève le document. Le rapport salue toutefois des mesures prises par le ministère pour accélérer la production.

D’importants dégâts et plus de 50 000 militaires impliqués

Quand, en juin, des informations publiées par la presse évoquaient le fait que les États-Unis rationnaient l’utilisation de leurs missiles, notamment ceux de type intercepteurs, le gouvernement avait démenti. Donald Trump avait même affirmé que le pays disposait « de quantités énormes de munitions ». Début septembre, le président persistait et écrivait que les États-Unis disposaient de « quantités pratiquement illimitées de munitions ».

Selon la presse, ce manque de munitions a pourtant poussé le président à ne pas renouveler les attaques à grande échelle contre Téhéran durant l’été.

Le document, qui couvre la période d’avril à juin 2026, dresse aussi un état des lieux des dégâts causés par la guerre. Malgré le recours massif aux intercepteurs, « les frappes iraniennes ont endommagé et détruit des centaines de bâtiments et d’installations sur des bases américaines au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, à Oman et en Jordanie », note le rapport du Pentagone.

La flotte d’avions n’a pas été épargnée : quatre F-15 détruits, un F-35 endommagé, sept ravitailleurs KC-135 endommagés ou détruits, et « jusqu’à 30 » drones d’attaque MQ-9 Reaper détruits, entre autres. Le rapport estime à « plus de 50 000 » le nombre de militaires américains impliqués dans cette guerre dans le Golfe, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines contre l’Iran.

Les ripostes de Téhéran et de ses alliés ont endommagé les bâtiments diplomatiques dans quatre pays (Irak, Koweït, Arabie saoudite, Émirats arabes unis), précise le rapport.

Source: https://www.huffingtonpost.fr/