Regard sur une ligne de force : La jeunesse debout, socle de la résilience et pilier du Mali nouveau
La construction d’une nation malienne réconciliée et paisible est l’affaire de tous ses fils, sans distinction de souche. En son sein, la jeunesse se dresse comme un fleuron, la plus belle promesse d’un avenir radieux. Force vive par excellence, elle est le fer de lance, le moteur irremplaçable du développement national
L’histoire retient du Mali, pluriel et fièrement métissé dans sa diversité ethnique et culturelle, l’image d’une terre de savoir et de savoir-vivre. Notre pays imposait jadis le respect par la profondeur de sa pensée et l’élégance de ses mœurs.
À la belle époque des comportements vertueux, nos contrées vibraient au rythme de valeurs cardinales : l’exemplarité d’un leadership éclairé, le réflexe de l’esprit d’entreprise, la culture de l’excellence et la quête permanente de résultats, tant dans l’intelligence de la réflexion que dans la férocité de l’action.
La construction d’une nation malienne réconciliée et paisible est l’affaire de tous ses fils, sans distinction de souche. En son sein, la jeunesse se dresse comme un fleuron, la plus belle promesse d’un avenir radieux. Force vive par excellence, elle est le fer de lance, le moteur irremplaçable du développement national. Porteuse de dynamisme et de verve, elle est l’actrice privilégiée de la consolidation de la paix, de la cohésion sociale et du vivre ensemble sur toute l’étendue du territoire. Convaincue et mobilisée, elle est le levain d’une citoyenneté agissante, porteuse de ramifications démocratiques et de libertés d’expression, constituant le soubassement solide d’une souveraineté retrouvée et le symbole vibrant de la fibre patriotique.
SURSAUT D’UNE GÉNÉRATION CONSCIENTE- L’avènement d’une jeunesse debout, juchée sur des remparts infranchissables que sont la dignité et le courage, est une source d’inspiration réelle pour les profondes aspirations de nos populations. La jeunesse est cette lanterne qui, dans les nuits les plus sombres de notre histoire, a toujours éclairé les voies de solutions inclusives et durables pour la coexistence pacifique.
Souvenons-nous de la déclaration solennelle de notre père fondateur, feu le Président Mamadou Konaté (paix à son âme) : « Nous sommes tous appelés à mourir, seul le pays ne meurt pas. Pensons au pays ». Cette maxime, plus que jamais d’actualité, résonne comme un rappel à l’ordre pour une jeunesse qui a payé le plus lourd tribut aux multiples crises.
Très tôt, au plus fort des convulsions qui ont secoué le Mali, la jeunesse, bien que meurtrie, est intervenue avec une efficacité remarquable. Elle a apporté une contribution multiforme et de qualité dans la recherche de l’apaisement. Elle a su recoudre le tissu social déchiré, sceller la concorde entre les communautés, et contrer les agissements néfastes des forces du mal. Face aux feux de la haine, de la violence et de l’ignorance, ravivés par des compatriotes égarés, elle a opposé le rempart de la raison et du dialogue. Par des contacts de proximité fructueux, l’amour du prochain, la tolérance, elle a su faire entendre « la voix des sans-voix », celle de la majorité silencieuse qui n’aspire qu’à la paix et à la concorde.
LE TEMPS DE LA MOBILISATION GÉNÉRALE- Couche sociale mobilisatrice par essence, la jeunesse demeure un tremplin de rassemblement et de stabilité. Dans une optique salutaire, elle œuvre pour que notre pays soit ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un havre de paix, de tranquillité, où il fait toujours bon vivre. Elle ne peut donc se soustraire à ce devoir primordial : servir loyalement la patrie. Jadis, les commentaires à sensation alimentaient les préjugés, opposant une jeunesse en quête d’identité à une vieillesse cantonnée dans la nostalgie du passé. Aujourd’hui, les temps ont changé. Les jeunes savent, de pair, ce qu’ils ne veulent pas et ce qu’ils veulent, tandis que les aînés, loin de se répéter, inventorient désormais des voies nouvelles dans leurs attitudes face à un environnement en mutation. Dans un monde assailli par toutes sortes de bouleversements et de soubresauts, la jeunesse malienne se veut battante. Forte d’un engouement tentaculaire, elle conjugue ses efforts et ses possibilités. Elle se tient prête pour le sursaut national, en vue de l’édification d’un État pleinement souverain. Elle sait rêver, mais l’esprit en éveil, consciente des mille pièges qui pourraient échapper à ceux qui, hélas, rêvent toujours endormis.
DES BESOINS D’ÉMULATION GÉNÉRALE ET DE SECOND SOUFFLE-
La satisfaction de ces besoins ouvre des perspectives heureuses pour une vraie citoyenneté malienne, reflet d’une résilience à toute épreuve. Il s’agit de développer des approches positives, des habiletés telles que l’écoute active, l’anticipation, la vision stratégique, la maîtrise d’une gouvernance vertueuse et d’un leadership de qualité. Il faut promouvoir une circulation de l’information utile par des circuits courts, exempts de tout court-circuit et de prises de position partisanes. La jeunesse doit, dans un élan de maturité, se remettre en cause pour éviter les pratiques tendancieuses décriées durant les dernières décennies. Nos autorités, quant à elles, se sont engagées à mettre les générations montantes à l’abri des exclusions, en les poussant à mener sainement l’unique combat qui vaille : celui du développement. Faut-il rappeler ici la sagesse intemporelle du grand penseur chinois Confucius ? Celui-ci s’étonnait : « Les hommes perdent leur santé à faire de l’argent, et ensuite ils perdent tout leur argent pour tenter de la retrouver. En pensant anxieusement au futur, ils oublient le présent, de sorte qu’ils ne vivent ni le présent ni le futur. Ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir, et ils meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu. » Puisse notre jeunesse active être préservée de ces déviations et faire preuve d’une clairvoyance exemplaire face à l’adversité.
L’AVENIR COMME HORIZON- L’avenir de notre pays demeure effectivement lié à la mise en valeur de nos immenses ressources naturelles et à l’engagement résolu dans la voie du développement industriel. Ce dernier volet doit concrétiser une exploitation méthodique, rationnelle et rigoureuse de nos richesses. Fort de ces atouts, le meilleur destin du Mali appartient aux bâtisseurs, à ceux qui s’impliquent corps et âme pour que l’étoile du Mali brille éternellement. Les générations montantes, naturellement désignées, doivent être au-devant de cette exaltante œuvre.
Cependant, cette exigence ne peut se combler en occultant le passé. Le souvenir est plein d’enseignements de sagesse et de pédagogie. Il est le socle sur lequel repose la confiance en l’avenir. Tout semble au vert pour que la jeunesse debout soit le moteur et le passage forcé destiné à forger le meilleur devenir de notre pays. Les impulsions qu’elle va donner sont un placement sûr pour le Mali de demain, annonçant des lendemains prometteurs.
Par ailleurs, nous voudrions interpeller ceux d’entre nous qui sont encore dans la « jeunesse de la vieillesse », ou si vous préférez, dans la « vieillesse de la jeunesse ». Vous qui êtes disposés et disponibles pour la bataille de l’avenir, vous êtes tous invités à ne jamais priver vos estimés cadets des opportunités de saine confrontation d’idées et de partage d’expériences. De cette réussite naîtra une légitime fierté d’appartenance à une nation phare en matière de culture. Quoi de plus normal, alors, que l’année 2026 soit décrétée « Année de l’éducation et de la culture du Mali » par nos plus hautes autorités ? Quoi de plus encourageant qu’une telle décision rencontre l’assentiment général des citoyens ?
Vivement la jeunesse malienne debout au service de l’union sacrée des cœurs et des esprits, de la réduction des disparités de développement et de la lutte contre la pauvreté ! La sauvegarde de la paix, de la stabilité sociale, son ancrage et sa visibilité, voilà tout un processus exaltant dont le bien-fondé est l’émergence d’un Mali nouveau, tourné vers l’avenir.
Il convient de faire remarquer qu’une jeunesse debout, alerte, prévenante, fascine par ses actes et gestes qui pourront se poursuivre en relation continue et dialectique avec l’ensemble des citoyens maliens batisseurs. Des slogans appropriés, bien choisis pourront mobiliser le grand public : « bâtir un capital- confiance et un capital sympathie, « faire et faire savoir ». Nous avons une pensée sympathique aux jeunes préoccupés par des hypnoses transtemporelles pouvant parsemer insidieusement la voie de leur épanouissement, mettre en péril leurs espoirs : il s’agit de la peur du futur et du poids du passé. La problématique est réelle et se propage à un rythme accéléré dans les milieux fragiles, vulnérables, dans un monde de plus en plus connecté, ouvert à une concurrence sans état d’âme. Ne perdons jamais de vue que la jeunesse, comme l’a souligné l’autre, est un feu. Si tu peux t’en servir, hâte- toi avant que le temps l’éteigne.
Dr Chirfi Moulaye HAÏDARA, Chercheur et écrivain