Lutte contre l’extrémisme violent au Mali : Les leaders religieux en première ligne du combat

Face à la progression des discours radicaux et à l’instrumentalisation du religieux par les groupes terroristes, le Haut Conseil Islamique du Mali entend contribuer à déconstruire les arguments utilisés pour justifier la violence au nom de l’islam. Une démarche qui place les responsables religieux au cœur des efforts en faveur de la paix et de la cohésion sociale.

18 Sep 2026 - 08:57
 1
Lutte contre l’extrémisme violent au Mali : Les leaders religieux en première ligne du combat

Le combat contre le terrorisme ne se joue pas uniquement sur le terrain militaire, il se mène également dans les mosquées, les espaces de prédication et, plus largement, dans le champ des idées. C’est dans cette perspective que le Haut Conseil Islamique du Mali a validé, jeudi 10 septembre 2026, un document consacré à la déconstruction du discours porté par les groupes extrémistes au nom du djihad.

La cérémonie s’est déroulée sous la présidence du ministre des Affaires religieuses, des Coutumes et du Culte, en présence du Président du Haut Conseil Islamique du Mali, Chérif Ousmane Madani Haïdara, ainsi que de plusieurs érudits et responsables religieux venus notamment du Niger, du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Maroc et du Tchad.

Présenté comme le résultat d’un long processus de réflexion, le document compte 70 pages, il s’attache notamment à clarifier certaines notions religieuses régulièrement utilisées par les organisations terroristes pour légitimer leurs actes. Parmi les concepts examinés figurent notamment la charia islamique, l’allégeance, le désaveu et le djihad.

L’objectif est de rétablir le sens de ces notions et de mettre en évidence les interprétations dévoyées qui peuvent servir de fondement à la radicalisation et à la violence. À travers cette démarche, les responsables religieux veulent opposer au discours extrémiste une lecture de l’islam fondée sur la paix, la cohésion, la solidarité et l’unité.

Il s’agit surtout de priver les groupes terroristes d’un argumentaire religieux susceptible d’être utilisé pour attirer de nouvelles recrues ou justifier leurs actions auprès des populations. Pour le département chargé des Affaires religieuses, cette initiative représente également un engagement patriotique des autorités religieuses dans la lutte contre l’extrémisme violent.

Elle vient ainsi compléter les efforts déployés sur les plans sécuritaire, politique et social. Dans un contexte sahélien marqué par la persistance des violences terroristes, le rôle des leaders religieux apparaît particulièrement important. Leur influence auprès des communautés peut contribuer à prévenir la diffusion des idéologies radicales, mais aussi à favoriser le dialogue et la cohésion entre les populations.

Le document validé par le Haut Conseil Islamique s’inscrit précisément dans cette logique. Il vise à fournir aux prédicateurs et aux responsables religieux des éléments permettant de mieux répondre aux discours extrémistes et aux interprétations erronées de la religion. Le Dr Mahamadou Koné, s’est réjoui de cette initiative qu’il considère comme une contribution des oulémas maliens à la recherche de la paix et à la lutte contre le terrorisme.

Au-delà du contenu du document, la rencontre a également mis en avant la nécessité d’une collaboration plus étroite entre les pouvoirs publics et les responsables religieux. Pour le Président du Haut Conseil Islamique, cette coopération doit permettre de mieux répondre aux défis auxquels le pays est confronté. Les conclusions des travaux doivent désormais être mises à la disposition du public et vulgarisées dans les prochains jours.

 Cette étape sera déterminante pour transformer le document en véritable outil de sensibilisation. En effet, face à un extrémisme qui cherche à gagner les esprits autant que les territoires, la réponse ne peut être exclusivement sécuritaire, la bataille contre le terrorisme passant aussi par celle des idées.

 En s’engageant sur ce terrain, les leaders religieux maliens entendent rappeler que la religion ne saurait servir de justification à la violence et que la paix demeure au cœur du message qu’ils souhaitent transmettre aux communautés.

Flani SORA

Source : NOTRE VOIE