Assemblée générale extraordinaire de l’ASSEP, le groupe et de l’UNAJEP : « Oui » sur le fond des réformes du secteur des médias, « non » sur la forme

Réunis en assemblée générale extraordinaire, l’ASSEP, le GROUPE et l’UNAJEP affichent leur unité et exigent d’être pleinement associés aux réformes de l’autorégulation et de la Convention collective. Le message est désormais clair.

18 Sep 2026 - 08:44
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Assemblée générale extraordinaire de l’ASSEP, le groupe et de l’UNAJEP : « Oui » sur le fond des réformes du secteur des médias, « non » sur la forme

Sur les réformes annoncées dans le secteur des médias, l’ASSEP, le GROUPE et l’UNAJEP ne rejettent pas le principe. Mais, ils refusent d’être mis devant le fait accompli. Réunies en assemblée générale extraordinaire, samedi 12 septembre à Bamako, les trois faîtières de la presse privée ont décidé de parler d’une seule voix et de hausser le ton sur la méthode. Entourées d’anciens responsables, de doyens de la profession et de directeurs de publication, les organisations patronales ont passé au crible les principaux chantiers en cours, notamment la création de l’organe d’autorégulation et la révision de la Convention collective de 2009.

Sur l’autorégulation, le patronat de la presse privée se dit favorable à la mise en place d’un mécanisme capable de renforcer l’éthique, la responsabilité et la crédibilité de la profession. Mais pas à n’importe quel prix ni dans n’importe quelles conditions. Le principal grief porte sur leur mise à l’écart du processus. Pour l’ASSEP, le GROUPE et l’UNAJEP, un organe censé réguler la profession ne peut être construit sans la participation effective de ceux qui l’animent au quotidien.

Les trois organisations réclament donc un processus plus inclusif, transparent et concerté. Leur exigence est simple : l’organe d’autorégulation doit tirer sa légitimité de la profession elle-même et préserver son indépendance.

Même fermeté sur la Convention collective. Les éditeurs reconnaissent la nécessité de réviser un texte vieux de 2009 et devenu, à bien des égards, inadapté aux réalités actuelles du secteur. Mais ils mettent en garde contre toute réforme qui ne tiendrait pas compte de la situation économique des entreprises de presse.

Baisse des recettes, recul des revenus publicitaires, pression fiscale, augmentation des charges d’exploitation : le modèle économique de nombreux journaux est aujourd’hui sous forte tension. Pour les éditeurs, améliorer les conditions de travail est une nécessité, mais cette ambition doit être accompagnée de mesures permettant aux entreprises de préserver leurs emplois et leur équilibre financier.

Autrement dit, pas question de dissocier les droits des travailleurs de la capacité réelle des entreprises à les garantir. Les faîtières plaident ainsi pour un dialogue social responsable, tenant compte des réalités économiques du secteur.

Au-delà des deux dossiers, c’est surtout l’unité retrouvée des trois organisations qui retient l’attention. L’ASSEP, le GROUPE et l’UNAJEP veulent désormais porter une position commune devant la Maison de la Presse, les syndicats et les pouvoirs publics.

Le signal envoyé est sans ambiguïté : la presse privée est prête à accompagner les réformes, mais elle entend être actrice de leur élaboration et non simple spectatrice de leur mise en œuvre. Le fond ne fait donc pas débat. C’est la méthode qui fâche.

 

Flani SORA

Source : Notre Voie