Mali: coup d'Etat militaire, institutions dissoutes et couvre-feu decrété

22 Mars 2012 - 07:45
Mis à jour: 15 ans
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BAMAKO (AFP) - (AFP) - Des militaires maliens ont pris jeudi le pouvoir à Bamako après plusieurs heures de combat, dissous les institutions et décrété un couvre-feu pour, selon eux, en finir avec le manque de moyens dans la lutte contre la rébellion touareg et les groupes islamistes dans le nord du pays, Jeudi vers 04H00 (locales et GMT) des militaires en uniforme sont apparus à la télévision nationale qu'ils occupaient depuis mercredi et annoncé avoir mis "fin au régime incompétent" en place à Bamako, avoir dissous "toutes les institutions", suspendu "la constitution" et décrété un couvre-feu. [caption id="attachment_56103" align="aligncenter" width="512" caption="Des militaires maliens dans les rues de Bamako le 21 mars 2012 © AFP Habibou Kouyate"][/caption] Le porte-parole de ces soldats, le lieutenant Amadou Konaré, a affirmé qu'ils avaient agi pour faire face "à l'incapacité" du régime du président Amadou Toumani Touré "à gérer la crise au nord de notre pays", en proie à une rébellion touareg et aux activités de groupes islamistes armés depuis la mi-janvier. Le lieutenant Konaré, entouré d'une dizaine d'autres militaires, parlait au nom d'un Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE). Peu après, le capitaine Amadou Sanogo, chef de la junte, a pris la parole pour annoncer qu'un couvre-feu avait été décrété à compter de jeudi. Le lieutenant Konaré a également justifié le coup d'Etat par le "manque de matériel adéquat pour la défense du territoire national" mis à la disposition de l'armée pour lutter contre la rébellion et les groupes armés dans le nord, et "l'incapacité du pouvoir à lutter contre le terrorisme". La junte a "pris l'engagement solennel de restaurer le pouvoir" civil et de mettre en place un gouvernement d'union nationale. Les putschistes étaient dans un premier temps apparus à la télévision, mais l'allocution du lieutenant Konaré n'avait pu être entendue en raison, apparemment, d'un problème technique. Il a dû s'y reprendre à plusieurs reprises avant d'être clairement entendu. "Nous contrôlons le palais présidentiel", avait auparavant annoncé un soldat mutin, un autre affirmant que plusieurs personnalités du régime du président Touré, dont le ministre des Affaires étrangères, Soumeylou Boubèye Maïga, et celui de l'Administration du territoire, Kafougouna Koné, avaient été arrêtées. Une source indépendante a affirmé que le président Touré "et ses hommes ne sont plus au palais", sans préciser où ils se trouvent. Des échanges de tirs nourris entre la garde présidentielle et les mutins ont été entendus pendant plusieurs heures dans la nuit de mercredi à jeudi. Présidentielle annulée La journée de mercredi avait commencé par une mutinerie dans un camp à Kati, ville garnison près de Bamako, puis s'était étendue à la capitale elle-même dont les soldats ont parcouru les rues en tirant en l'air, semant la panique. "Nous en avons marre de la situation dans le nord" du pays, a affirmé l'un d'eux. La France, ex-puissance coloniale, a appelé "au respect de l'ordre constitutionnel" et condamné "tout recours à la violence" Le département d'Etat américain a pressé le Mali de régler les tensions "à travers le dialogue et non la violence". Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a "appelé au calme et à ce que les doléances soient résolues pacifiquement". Début février, des femmes et proches de soldats avaient manifesté dans plusieurs villes, dont Bamako, pour dénoncer le silence sur la situation de ces soldats et la "mollesse du pouvoir" face à la rébellion. Certaines de ces manifestations avaient tourné à la violence et des propriétés appartenant à des Touareg et d'autres Maliens et étrangers à la peau claire, saccagées. Le président Touré avait réussi alors à calmer l'ardeur des femmes en leur promettant qu'elles pourraient avoir des nouvelles de leurs maris au front. Le Mali est confronté depuis mi-janvier à des attaques du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et d'autres rebelles touareg, dont des hommes lourdement armés qui avaient combattu pour le régime de Mouammar Kadhafi, qui ont pris plusieurs villes du nord du pays. Un mouvement islamiste armé touareg, Ançar Dine (Défenseur de l'islam) qui veut imposer la charia au Mali, a affirmé contrôler trois villes dans le nord-est du pays, près de la frontière algérienne: Tinzawaten, Tessalit, Aguelhok. Le gouvernement malien a en outre accusé Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a des bases dans le nord du Mali d'où elle opère dans plusieurs pays du Sahel, de combattre avec le MNLA. Aqmi a été en particulier accusée d'avoir exécuté sommairement près d'une centaine de soldats maliens à Agulhok. Le coup d'Etat met un terme au processus électoral, dont une présidentielle dont le premier tour était prévu le 29 avril.

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Commentaires (55)

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kabako11 15 ans
Vive le CNRDRE, vous avez le soutient du peuple Malien. J'invite ceux qui hésitent encore de soutenir ces militaires sont venus pour liberer le Mali des griffes d'ATT et de son clan. Nul besoin de decrire la situation dans la quelle se trouve le Mali aujourd'hui. ceux qui hesitent encore doivent accepter le changement.
tous en ensemble derniere la CNDR pour une securisation totale de notre pays car le mali est un pays de braves hommes et de femmes qui se battent a la longueur de la journee pour leur survie par la faute d att les maliens ont du perdre leur dignitee,leur courage leur fiertee d appartenire a cette nation si grande si fiers que nous appartenons par chance qu il existe jusqu a la des concitoyens courageux gloire a eux que sont ces jeunes militairesQUE LA BENEDICTION DE DIEU LES ACCOMPAGNES POUR LEUR TACHE NOBLE,AMEN.vive le mali,vive la republique,merci.
Tous pour le Mali debout J'ai envie de dire à moi et à tous, sachons raison garder, même en cette période exceptionnelle de la vie du mali. J'ai envie aussi de me poser la question suivante: S'il faut choisir entre le Mali et la démocratie, qu'allai-je choisir? Vous l'aurez deviné : je choisirai sans réfléchir : LE MALI AUJOPURD'HUI, LE MALI DEMAIN, LE MALI TOUJOURS Non, ce n’est pas un slogan creux. Nous devrions tous nous mettre derrière le Mali. Ce n’est pas le coup d'état en tant que tel qui est à condamner ou pas, mais c'est pourquoi et comment est on arrive la? Point besoin pour moi de revenir sur ma position exprimée avant ce jour fatidique. Quelque soit l'issue de la situation, nous devrions rester vigilants pour aller dans le même sens: Le rétablissement de l'autorité de l'Etat et la défense de la république. Si ATT est renversé, ce qui semble se confirmer, ne tournons pas dos à la junte militaire qui n'a fait que réaliser ce à quoi tout le monde s'attendait: la République est à terre depuis longtemps. Si la junte a pu faire ce que nous vivons aujourd’hui c’est que nous intellectuels, nous politiciens avons failli à notre rôle : la gestion et la bonne gouvernance. Allons-nous continuer nous à observer en spectateurs passifs ? Ou Allons nous agir? Et Comment? Je ne suis pas un putschiste, mais si je dois choisir entre le Mali et la démocratie qui n'est pas un dogme ou un fétichisme, je choisirai sans regret: LE MALI Hier comme aujourd’hui, je continue d’assumer mes opinions, qui n'engagent que moi. Mais le plus important est que chacun de nous s'engage avec force et conviction dans tout ce qu'il fait. Nous devrions éviter de tomber dans la même erreur du passé : c'est à dire rester passif et dire que c'est l'autre qui va régler nos problèmes. Mon intime conviction me dit qu'il faut accompagner la junte, l’encadrer et ne pas la laisser se décourager. Ces jeunes gens de la junte sont des maliens comme nous, et ce sont eux qui meurent sut le front pour le Mali. C’est pourquoi il faut les mettre devant leur responsabilité. Ils doivent sentir le poids du peuple sur leurs épaules. Au delà des prières qui nous faisons chaque jour, nous devrions surtout redoubler d'ardeur. Au dedans ou au dehors, tous debout sur les remparts avec ou contre la junte pour mourir pour le Mali et non pour un homme ou pour un régime
Il ne faut pas encourage ces conneries. Si à chaque crise on passe par un coup d'Etat on retournerait à l'age des pierres. Ces militaires sont de menteurs, incompétents et incapable de mettre en place une stratégie cohérente pour prendre le nord au MNLA. Par conséquent, il nous fait dormir en plein jour. Les militaires auteurs du coup de force ne sont pas plus compétents que les sans cerveaux qui diriges l'armée actuellement. Ils n'ont jamais fait la guerre. Donc ATT et ses généraux reprenez vos étoiles et sortez nous de là, élection le mois prochain. /vive la Mali uni/
DOUDOUBA 15 ans
Je demande humblement a la direction de la junte,qu'a KOULOUBA certains elements de l'armee sont entrain de casser la porte des maisons et prendre les affaires des paisibles citoyens qui n'ont rien a avoir avec les evenements,c'est injuste si les pauvres doivent etre deposseder de leurs biens,ils doivent prendre immediatement toutes les mesures necessaires pour les restituer et arreter ce banditisme.
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