Armée nationale et population civile : Quel horizon en 2026 ?

La relation entre l’armée et la population civile constitue l’un des piliers essentiels de la sécurité nationale et de la stabilité d’un État. Elle est, dans les contextes fragiles ou en transition comme c’est le cas dans plusieurs pays du Sahel un facteur déterminant de paix durable ou, à l’inverse, de conflictualité persistante.

24 Jan 2026 - 09:45
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Armée nationale et population civile : Quel horizon en 2026 ?

La Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) repose précisément sur cette idée centrale : les forces armées ne sont pas de simples instruments de coercition, mais des institutions républicaines au service des citoyens, agissant dans le respect de l’État de droit, des droits humains et sous contrôle démocratique.

Or, c’est précisément cet équilibre qui fait aujourd’hui défaut dans de nombreux contextes sahéliens.

Toute politique de sécurité efficace repose d’abord sur un capital immatériel fondamental : la confiance. L’armée doit être perçue par les populations comme une force de protection et non comme un facteur de crainte ou de prédation. Inversement, la population ne peut être considérée comme une menace permanente, mais comme un partenaire central de la sécurité collective.

C’est tout le sens de l’approche moderne dite de sécurité humaine, qui place le citoyen au cœur du dispositif sécuritaire, non comme objet, mais comme acteur.

Dans cette logique : l’armée assure la défense nationale, la protection des personnes et des biens, le respect de l’ordre républicain et des droits fondamentaux ; la population contribue, sans se substituer à l’État, par l’alerte, l’information, la coopération et le soutien à la légitimité des institutions.

Il s’agit là d’une coproduction de la sécurité, et non d’une militarisation de la société. Une collaboration efficace entre l’armée et la population suppose, du côté des forces armées : des actions régulières de sensibilisation auprès des communautés ; une communication claire sur leurs missions, leurs limites et leurs règles d’engagement ; l’instauration de cadres de dialogue civilo-militaires (forums locaux, concertations communautaires, relais civils).

L’armée doit être présente sans être oppressante, visible et accessible sans perdre son autorité. En retour, la population joue un rôle clé dans le renseignement de proximité, car elle détient une connaissance fine du terrain : mouvements suspects; infiltrations de groupes armés; trafics ou dynamiques locales à risque.

Cependant, cette coopération ne peut exister que si trois conditions sont réunies : la protection effective des informateurs ; l’absence de représailles ou d’abus ; un usage responsable et professionnel des informations recueillies.

Sans confiance, il n’y a pas de renseignement fiable. La Réforme du Secteur de la Sécurité repose sur un principe cardinal : il ne peut y avoir de sécurité durable sans respect des droits humains. Les exactions, arrestations arbitraires, violences contre les civils ou humiliations publiques détruisent instantanément le lien de confiance et nourrissent les dynamiques de radicalisation.

À l’inverse : la discipline militaire ; la justice militaire crédible; la sanction effective des abus; la transparence des opérations; renforcent la légitimité de l’armée et consolident son ancrage républicain.

Par ailleurs, dans de nombreux pays, l’armée contribue utilement à : la construction d’infrastructures ; l’assistance humanitaire ; la gestion des catastrophes ; le soutien sanitaire et logistique.

Ces actions renforcent l’image d’une armée au service du peuple, et non tournée contre lui.

 Au Sahel : une relation encore fragile

Dans l’espace sahélien, la collaboration entre armée et population existe, notamment au Mali à traverse des actions civilo-militaires bien ancrées, mais elle demeure : fragile; inégale selon les zones; vulnérable aux crises sécuritaires.

Les causes sont bien identifiées : un lourd passif de méfiance hérité des crises antérieures ; des abus commis par des éléments incontrôlés ; la peur des représailles des groupes armés ; la faible présence de l’État civil dans certaines zones rurales.

Cette fragilité empêche la consolidation d’un véritable pacte de sécurité entre l’État et les citoyens.

Recommandations pour une collaboration durable

Dans une perspective de réforme et de stabilisation, plusieurs axes se proposent : Renforcer la formation civilo-militaire, notamment sur : les droits humains ; le droit international humanitaire ; la gestion des relations avec les civils.

Institutionnaliser les cadres de dialogue : comités locaux de sécurité ; médiation communautaire ; implication des chefs traditionnels et religieux.

Garantir la redevabilité des forces: mécanismes de plainte accessibles ; sanctions effectives en cas d’abus ; contrôle parlementaire et citoyen.

Articuler sécurité et développement : emploi des jeunes ; services sociaux de base ; infrastructures locales.

Il ne saurait y avoir de sécurité durable sans développement inclusif. Enfin, la collaboration entre l’armée et la population n’est ni un luxe ni un slogan : elle constitue la condition même de la paix durable.

Elle ne peut être fondée sur la peur, la contrainte brutale ni la suspicion permanente.

Elle doit reposer sur : la confiance ; le respect mutuel ; la transparence ; l’intérêt général.

Dans une approche moderne de la Réforme du Secteur de la Sécurité, l’armée n’est plus seulement une force de combat : elle devient un acteur central de la cohésion nationale, de la stabilité politique et du développement durable.

Bonne fête!

Par Dr. Mahamadou Konaté

Centre Kurukanfuga – Bonne Gouvernance et Consolidation de la Paix (CK-BGCP)

20 janvier 2026

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Commentaires (6)

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Kinguiranke
Kinguiranke 9 mois
Très grand merci Fanga pour la lumière, c' est de la pure masturbation intellectuele et Konate doit se souvenir que la democratie made in France a la Baule a echoue lamentablement et chez ses maitres dans la Metropole c' est l' article 49.3 qui gère la très maudite France! Vive la democratie!!!
Fanga
Fanga 9 mois
"La Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) repose précisément sur cette idée centrale : les forces armées ne sont pas de simples instruments de coercition, mais des institutions républicaines au service des citoyens, agissant dans le respect de l’État de droit, des droits humains et sous contrôle démocratique." / Ce "toutologue" de Mahamadou Konaté n'arrête pas de se ridiculiser avec ses bêtises. Dommage qu'il n'y ait personnes dans l'entourage de ce monsieur pour lui conseiller de la fermer un peu et de se documenter davantage. / Dans aucun État du monde, "les forces armées nationales ne sont pas de simples instruments de coercition", si non appellerait ça "les forces armées criminelles". Mais si les forces armées étatiques ne sont pas de "simples instruments de coercition", elles sont "principalement des instruments de coercition", aussi bien en temps de paix pour maintenir la discipline intérieure qu'en temps de guerre pour rétablir l'ordre et la sécurité. C'est aberrant de parler de démocratie et de "contrôle démocratique" dans l'armée nationale. Aucune armée du monde n'est devenue grande par la démocratie, à commencer par la française qui sert d'exemple à notre docteur. Une soldat d'une armée nationale ne se bat pas pour la démocratie, ou s'il le fait c'est par ricochet. Il donne sa vie pour préserver sa patrie ou la prospérité dans sa patrie quel que soit le régime politique en vigueur dans son pays. Les armées les plus efficaces dans le monde ont dans l'histoire été les armées non démocratiques. Les Européens n'ont pas demandé par un vote démocratique aux Africains d'aller en esclavage et en colonisation. Les forces armées occidentales étaient plus fortes et ont agi dans le non-respect de la démocratie, de l’État de droit et des droits humains. C'est la seule raison, par exemple, pour laquelle on est aujourd'hui en Afrique encore dominés mentalement et on s'exprime dans la langue française au lieu de le faire dans nos langues nationales africaines.
Kinguiranke
Kinguiranke 9 mois
Mahamadou Konate toujours réfléchissant par ses orteils! Merci pou tenter de créer comme les terroristes une difference entre nous et nos FAMA! Nos FAMA ce sont nos enfants, nos freres, nos soeurs, nous-memes, comment peut-on diviser une armee et ses parents! Stupide reflexion!
Matt
Matt 9 mois
On point, Konate! Keep it up!
Kinguiranke
Kinguiranke 9 mois
Konate toujours réfléchissant par ses orteils! Les FAMA ce sont nos enfants, nos freres, nos soeurs, nous-memes, comment peut-on diviser une armee et ses parents! Stupide reflexion!
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