L’équilibre international en péril
Le bombardement en Iran et la mort de l’ayatollah Ali Khamenei posent une question centrale : assistons-nous à l’effondrement du régime des mollahs ou à une nouvelle phase de recomposition stratégique ? L’histoire des régimes autoritaires enseigne la prudence. Un système structuré autour d’institutions sécuritaires, idéologiques et religieuses ne disparaît pas mécaniquement avec la disparition de son chef. La tentation d’annoncer la chute imminente relève souvent davantage du réflexe politique que de l’analyse géopolitique.
Car au-delà du cas iranien, un principe s’impose : on n’exporte pas la démocratie par la guerre. Les exemples de l’Irak, de la Libye et de l’Afghanistan en sont des démonstrations éclatantes. Dans ces trois cas, la chute d’un régime, obtenue par la force extérieure, n’a pas débouché sur des démocraties stables, mais sur des États fragilisés, fragmentés et exposés à des cycles prolongés de violence. L’illusion d’une libération immédiate s’est heurtée à la réalité des dynamiques internes, des fractures sociales et des rivalités régionales.
Ibrahima Thiam, Président du parti ACT
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