Sahara marocain : La fin de la Minurso, un tournant voulu par le Maroc

Ce que certains présentent comme un blocage est en réalité un tournant. Après trente-cinq ans, la page de la Minurso se tourne, et avec elle celle d'un référendum que plus personne ne croyait possible.

07 Nov 2026 - 01:50
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Sahara marocain : La fin de la Minurso, un tournant voulu par le Maroc

Deux textes étaient sur la table du Conseil de sécurité, et aucun n'a été adopté. Le projet américain, qui faisait du plan d'autonomie la seule base de négociation, a recueilli 11 voix sur 15, mais la Russie y a opposé son veto. Le projet russe, qui proposait de tout reconduire à l'identique, n'a obtenu que trois voix : celles de la Russie, de la Chine et de la Somalie. Les Etats-Unis ont voté contre, et onze membres se sont abstenus. Le mandat de la Minurso n'a donc pas été renouvelé.

Pourquoi c'est un tournant

Le Conseil a refusé le statu quo. Trois voix sur quinze pour reconduire la mission à l'identique : le message est clair. La logique ancienne n'a plus de majorité à New York. Le Cabinet royal y voit, à juste titre, "un pas significatif vers la clôture définitive" du dossier aux Nations unies.

La Minurso était devenue un dispositif dépassé. L'ambassadeur américain Mike Waltz l'a rappelé sans détour : les préparatifs du référendum ont cessé il y a plus de vingt ans, et la mission consacrait l'essentiel de son temps à son propre ravitaillement. Kofi Annan évoquait déjà sa fin en 2002. Une mission créée pour organiser un scrutin que le Conseil a lui-même abandonné n'avait plus de raison d'être. Elle servait surtout, comme le dit le communiqué royal, à entretenir l'internationalisation d'un différend.

Le cadre de la solution, lui, ne bouge pas. La résolution 2797 de 2025 reste la dernière décision du Conseil sur le fond. Même Moscou a présenté son texte comme fondé sur elle. Selon le communiqué royal, l'autonomie sous souveraineté marocaine est soutenue par plus des deux tiers des États membres de l'ONU, dont des membres permanents du Conseil.

Ce que le Maroc attend désormais

Le Royaume souhaite que la présence de la Minurso dans les provinces du Sud cesse dans les prochains jours et que la question soit retirée de l'ordre du jour du Conseil. Il prend acte de la suspension du processus politique, dont il impute la responsabilité aux parties qui entretiennent le statu quo. Il annonce des démarches comparables dans les autres organes des Nations unies.

Une seule vigilance

La fin d'une mission internationale crée toujours une période de transition sur le terrain. C'est le seul point qui mérite attention dans les semaines à venir. Le Maroc y répond lui-même en réaffirmant son attachement ferme au cessez-le-feu, dans le respect de son intégrité territoriale et de la sécurité de ses citoyens. C'est un engagement important, qui place la responsabilité de la stabilité du côté de ceux qui seraient tentés de la troubler.

Mon sentiment

Chaque année, devant la Quatrième Commission, je mesure combien ce dossier a été figé par des mécanismes hérités d'une autre époque. J'ai appris en Casamance qu'une paix durable exige parfois de refermer des cadres devenus stériles pour laisser place à des solutions réalistes. C'est ce qui se joue aujourd'hui. Le référendum appartient au passé, la Minurso aussi. L'autonomie sous souveraineté marocaine reste la seule voie sérieuse, et le Royaume aborde cette nouvelle étape avec sérénité.

 Dakar, 30 octobre 2026

Dr. Abdoul Latif Aïdara, directeur général du Cispaix •

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