Assimi au sommet Russie-Afrique : « Nous ne cherchons plus des tuteurs, mais des partenaires sincères ... »

Le Gostiny Dvor de Moscou n'a jamais aussi bien porté son nom.

02 Nov 2026 - 03:00
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Assimi au sommet Russie-Afrique  :   « Nous ne cherchons plus des tuteurs, mais des partenaires sincères ... »

Cette ancienne halle aux marchands du XVIIIe siècle, reconvertie en centre d'exposition le plus prestigieux de la capitale russe, est devenue en ce mercredi 28 octobre 2026 le marché du monde multipolaire. C'est ici que s'est ouverte la cérémonie du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique, le troisième du nom après Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023. Mais ce rassemblement ne ressemble plus à un simple forum. Il ressemble à une bascule stratégique.

​La cérémonie était coprésidée par deux hommes dont l'association illustre le changement d'époque. D'un côté, le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, maître d'œuvre de la stratégie russe vers le Sud global. De l'autre, le Président en exercice de l'Union africaine, le chef de l'État burundais Évariste Ndayishimiye, porteur de la voix d'un continent qui ne veut plus être un simple invité, mais un co-auteur. Placée sous le thème de la coopération pour un développement souverain, cette rencontre ambitionne de donner une nouvelle impulsion aux relations russo-africaines, en privilégiant des partenariats équilibrés, fondés sur le respect mutuel, la confiance, la solidarité et la convergence des intérêts.

​Et au premier rang de ce nouveau pacte, figurait le Mali. Le Président de la Transition, Chef de l'État, le Général d'Armée Assimi Goïta, a pris part à cette ouverture solennelle, après s'être envolé de Bamako dès le 25 octobre à 18h45 à bord de l'appareil présidentiel TZ-GAP, salué par les honneurs militaires complets en présence du Premier ministre et du Président du CNT. Un départ anticipé qui n'a rien d'anodin. Il signifie que le Mali n'est pas venu à Moscou pour écouter passivement. Il est venu pour peser d'un poids décisif sur les orientations de la coopération globale.

​Dans son allocution d'ouverture, prononcée devant l'assemblée des chefs d'État et des délégations réunis sous la verrière du Gostiny Dvor, Vladimir Poutine a livré le fond de sa doctrine en plaidant pour la construction d'un ordre mondial multipolaire équitable. Affirmant avec force la vision géopolitique de son pays, le chef de l'État russe a déclaré : «Nous assistons à l'émergence d'un nouvel ordre mondial plus juste et multipolaire, libéré des diktats unilatéraux et des pratiques néocoloniales d'un autre âge. La Russie se tient aux côtés des nations souveraines d'Afrique pour bâtir un partenariat fondé strictly sur l'égalité, le respect mutuel et l'intérêt partagé».

​Rejetant fermement les pressions extérieures et les logiques d'hégémonie de l'Ouest colonial, le président russe a dénoncé sans ambiguïté l'usage des sanctions économiques et des chantages géopolitiques qu'il qualifie d'anachroniques. Il a réaffirmé le droit inaliénable de chaque nation à choisir librement ses partenaires et son modèle de développement, tout en explicitant la volonté de Moscou d'approfondir la coopération dans les secteurs clés : «Notre objectif est de doter nos partenaires des moyens technologiques et industriels de leur autonomie. L'énergie, l'agriculture de pointe, les transports, la transformation numérique et l'intelligence artificielle ne doivent plus être des monopoles, mais des leviers partagés pour le développement souverain de l'Afrique».

​Puis le chef de l'État russe a donné les chiffres qui ont marqué l'assistance, rappelant que les échanges commerciaux entre la Russie et l'Afrique ont dépassé 27 milliards de dollars en 2025, contre 18 milliards en 2022, soit une hausse de 50% en trois ans malgré les sanctions internationales. Fixant le cap à plus de 50 milliards de dollars, il a insisté sur la nécessité de multiplier les investissements conjoints et de renforcer les mécanismes de coopération financière.

​Cette vision rejoint directement les aspirations profondes des peuples africains, portées à la tribune par Évariste Ndayishimiye. Soulignant qu'aucun pays ne peut faire face isolément aux défis économiques, financiers et environnementaux actuels, le président en exercice de l'Union africaine a plaidé pour une coopération équilibrée permettant à l'Afrique de participer pleinement à la création de richesses et à la transformation structurelle de ses économies. Il a appelé à dépasser définitivement le modèle hérité de l'époque coloniale, fondé sur l'exportation brute de ressources naturelles, pour imposer la transformation locale des matières premières, le transfert effectif de technologies, le développement des compétences nationales et la création d'emplois qualifiés pour la jeunesse.

​C'est précisément à cet endroit que la considération accordée au Mali prend toute sa dimension géopolitique. Ce que l'Union africaine appelle de ses vœux comme un idéal pour le continent, le Mali l'a érigé en doctrine d'État sous le sceau du Mali Kura ñètaasira ka ben san 2063 ma. Intervenant dans les débats stratégiques du Sommet, le Général d'Armée Assimi Goïta a rappelé la constance de l'engagement malien : «Le temps de la tutelle et des partenariats inégaux est définitivement révolu. Le peuple malien, à travers la Confédération des États du Sahel, a choisi la voie de la souveraineté intégrée. Nos choix politiques, militaires et économiques répondent à une exigence absolue de dignité et d'autodétermination. Nous ne cherchons plus des tuteurs, mais des partenaires sincères prêts à investir dans notre avenir industriel et sécuritaire sur la base du respect mutuel».

​Pour la diplomatie moscovite, le chef de l'État malien est identifié comme le dirigeant qui a précisément matérialisé cette rupture souveraine : sortie des organisations sous tutelle, constitution de la Confédération AES et dynamisation d'une diplomatie d'État affranchie de toute tutelle extérieure. Quand la tribune officielle évoque l'affirmation de la stature africaine, la trajectoire malienne sert de cas d'école.

Volet sécuritaire

​À la différence des déclarations d'intention globales qui caractérisent traditionnellement ce type de grand rendez-vous multilatéral, le partenariat bilatéral entre Moscou et Bamako se distingue par une matérialité fulgurante. Pour l'essentiel, la convergence stratégique entre les deux États repose sur une vision partagée de la sécurité collective et de la lutte intransigeante contre le terrorisme.

​Dans le volet sécuritaire et militaire, qui demeure l'un des sous-entendus les plus puissants des salons d'exposition moscovites, le Mali occupe une place singulière. Alors que de nombreux pays maintiennent une coopération en théorie voilée, l'AES assume pleinement son partenariat militaire avec la Russie, articulant doctrine autonome, équipements modernes et renseignement partagé. Le Mali n'est plus envisagé à Moscou comme un État quémandeur d'assistance, mais comme un allié militaire aguerri qui a validé sur le terrain l'efficacité des solutions technologiques et tactiques russes. C'est pourquoi le Général d'Armée Assimi Goïta y est reçu non comme un invité protocolaire en quête d'écoute, mais comme un stratège venu coordonner la phase supérieure d'une alliance militaire et politique scellée dans l'épreuve.

​Au-delà des comptes rendus généraux couvrant l'ensemble des quarante-huit délégations présentes, la réalité du terrain moscovite révèle une hiérarchie politique bien plus tranchée. En définitive, si le troisième Sommet Russie-Afrique offre à Vladimir Poutine la tribune idéale pour exposer sa vision d'un monde multipolaire affranchi des tutelles occidentales, le Mali et le Général Assimi Goïta en incarnent la traduction la plus rigoureuse. Quand d'autres nations écoutent la théorie de la multipolarité, le Mali est venu à Moscou pour en valider la mise en pratique souveraine. Le Mali ne vient plus chercher des solutions toutes faites à l'extérieur ; il vient bâtir les conditions d'une autonomie durable à travers la maîtrise de son destin technologique et productif.

​Le programme du Forum était centré sur quarante sessions regroupées en quatre blocs thématiques : la souveraineté comme fondement du développement durable, l'économie du développement souverain, la coopération sociale et le capital humain, ainsi que les innovations au service de la qualité de vie. Le Mali est au rendez-vous de l'ensemble de ces travaux, mais il s'impose avant tout comme le parrain du premier bloc. La souveraineté comme fondement : aucun des pays présents ne l'a traduite avec une telle constance et une telle détermination sur la scène internationale.

​À l'issue de la cérémonie d'ouverture, le Président Vladimir Poutine a lui-même guidé les chefs d'État et de délégation à travers une exposition consacrée aux fleurons économiques russes. Le fait que le Général d'Armée Assimi Goïta ait figuré dans ce cercle restreint, guidé personnellement par le chef de l'État russe et entouré de sa task-force ministérielle complète-Économie et Finances, Affaires étrangères, Mines, Industrie et Transports-, révèle la hiérarchie réelle de ce Sommet. Le Mali n'est plus un pays invité parmi d'autres. Il s'affirme comme le partenaire de référence au cœur du Sahel, avec qui Moscou écrit une nouvelle page de la géopolitique mondiale.

KML

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