Fête de l’Unité du Maroc à Bamako : ‘’Du commerce transsaharien à l’Initiative Atlantique , Daouda TEKETE décortique 1000 ans de coopération Mali-Maroc ‘’
Pour la première fois de son histoire, le Maroc a célèbré ce samedi 31 octobre 2026 l’Aïd Al-Wahda, la Fête de l’Unité. A cette occasion, l’Ambassade du Royaume du Maroc au Mali, dirigée par S.E. Driss Isbayene, a organisé une table ronde à l’Hôtel Radisson Collection sur le thème : L'unité nationale du Maroc, un facteur de stabilité et de développement dans l'espace sahélo-saharien.
En croire, SEM Driss Isbayene cette nouvelle fête, une date hautement symbolique, créée par le roi Mohammed VI et annoncée le 4 novembre 2025, cette fête nationale commémore l’union nationale et à l’intégrité territoriale du pays. Le choix du 31 octobre n’est pas anodin, il renvoie à l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution 2797 avec onze voix favorables, aucune opposition et trois abstentions. Ce texte vise à mener les négociations sur le Sahara occidental en prenant pour base le plan d’autonomie proposé par le Maroc en 2007.
Au-delà de la célébration, la rencontre a été l’occasion de revenir sur la profondeur des relations entre le Mali et le Maroc par une alliance millénaire relancée et exposée par le journaliste écrivain Daouda TEKETE en se basant sur des faits historiques datés et vérifiables
Durant son séjour à Marrakech, l’écrivain TEKETE dira que Ahmed Baba avec son immense érudition (en jurisprudence, grammaire, théologie et histoire) impressionne rapidement les cercles intellectuels et les autorités marocaines. Après une période d'assignation à résidence, où il a notamment rédigé la majeure partie de ses œuvres, il finit par obtenir sa grâce et sa liberté (vers 1607). Il est autorisé à ouvrir une école à Marrakech où il enseigne durant plusieurs années (environ 12 ans selon les sources) aux étudiants et savants marocains, devenant une figure majeure du paysage culturel du Maghreb. Par la suite, il est autorisé à quitter le Maroc après la mort du sultan et rentre à Tombouctou autour du 22 avril 1608.
Dans son exposé, Daouda TEKETE expliquera qu’après la parenthèse coloniale française subie par les deux nations, le Mali et le Maroc se retrouvent au début des années 1960 autour d'une vision panafricaine… Une rencontre du 03 Septembre 1960 à Tanger entre Modibo Keïta et Mohamed V en présence du prince héritier Hassan II (Prélude à la création du groupe de Casablanca). Le président malien Modibo Keïta et le roi Mohamed V du Maroc s'unirent au sein du Groupe de Casablanca, un bloc de pays africains progressistes et anti-colonialistes qui posa les fondations de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) en 1963. Le Groupe de Casablanca est le groupement d'États africains le plus progressiste qui s'employait en faveur de l'indépendance complète des nouveaux États africains. Du 4 au 7 janvier 1961, lors d'une conférence à Casablanca (Maroc), les chefs d'État du Mali, du Ghana de la Guinée, du Maroc et de République Arabe Unie ont décidé d'une charte Africaine, ainsi que la formation d'une assemblée consultative africaine et d'un comité politique de coordination. Participe à cette rencontre comme observateurs: le gouvernement provisoire algérien, la délégation du Congo. Le 22 juillet 1961, la conférence des experts économistes des États de Casablanca décide lors d'une conférence à Conakry, la création d'une communauté économique et l'installation d'un conseil économique africain. Les comités spécialisés suivants ont été formés : le comité africain politique, le comité africain économique, le comité africain culturel. Du 28 au 26 AOUT 1961, la première conférence des États de Casablanca au Caire décide d'ériger un haut commandement militaire pour l'Afrique. En mai 1963, les membres de la charte de Casablanca signent la charte de l'OUA.
Ensuite Modibo Keïta deviendra médiateur entre l'Algérie et le Maroc. Au service de l'unité africaine, Modibo Keïta ne ménagera aucun effort pour résoudre les crises entre les pays africains. Ainsi, les 29 et 30 octobre 1963 il reçoit, à Bamako, le roi du Maroc, le président algérien et l'empereur d'Éthiopie (alors président de l'O.U. A) pour mettre fin à la guerre des sables (conflit frontalier entre l'Algérie et le Maroc) , l'O.U.A venait alors de franchir sa première crise. Une crise franchie grâce, notamment, au prestige international et au charisme notoire, du leader malien. Car, avant l'intervention de Modibo Keïta, il y eut plusieurs tentatives de négociation infructueuses entre les deux pays à l'initiative d'acteurs importants de la vie politique du continent. Le président tunisien, Habib Bourguiba, le premier, tente, en vain, d'établir un dialogue entre les 2 belligérants ; du 15 au 17 octobre 1963, l'empereur éthiopien Haïlé Sélassié, alors président de l'OUA, échoue dans sa tentative de médiation à Marrakech ; L'appel de Gamal Abdel Nasser, président de la République Arabe Unie pour un sommet nord-africain n'aura pas plus de succès ; L'offre de médiation, lancée par la Ligue arabe, fut également, rejetée. La réussite de la conférence de Bamako montre bien que Modibo Keïta était respecté par les autres chefs d'Etat et était écouté sur la scène internationale. Le refroidissement lié au Sahara Occidental , en 1984, les relations diplomatiques connaissent un ralentissement notable, le Mali ayant choisi de reconnaître officiellement la République arabe sahraouie démocratique (RASD / Polisario). Malgré ce désaccord politique majeur, les canaux diplomatiques restèrent ouverts (création d'une Grande Commission mixte en 1987).

Mali / Maroc une coopération concrète se traduisant par des projets visibles
La quatrième Grande Commission mixte de coopération, coprésidée par les ministres Abdoulaye Diop et Nasser Bourita, marque la reprise d'un mécanisme qui ne s'était plus réuni depuis juin 2000. Créée par un accord conclu en 1987, cette instance doit examiner l'état de la coopération, négocier de nouveaux textes et suivre leur application. La diplomatie marocaine indique que plus de 89 instruments juridiques avaient déjà été conclus entre les deux pays au fil des années. Les 21 textes signés à Bamako viennent ainsi élargir un cadre ancien, renforcé notamment en février 2014 par 17 conventions. Ouvrant ainsi un nouveau chapitre de leur alliance millénaire.
Bokoum Abdoul Momini/maliweb.net
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