Entre Nous : Opération zéro drague
Des services techniques relevant du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, appuyés par ceux d’autres départements ministériels mènent, depuis quelques jours, une vaste opération visant les dragues du fleuve Niger dans les localités proches de Bamako
Les chaînes de télévision et les plateformes numériques ont montré les images de plusieurs de ces équipements destinés à extraire de l’or, mis en feu ou saccagés sur place. Si certaines publications sont accompagnées de lamentations, d’autres contiennent des mises en garde à l’endroit des autorités.
Plusieurs opérations ont été menées contre les orpailleurs du Fleuve Niger à la périphérie de la capitale. Mais cette fois-ci, les équipes en mission semblent déterminées à venir à bout du phénomène. Cette lutte implacable contre les dragues doit se poursuivre jusqu’à ce qu’il n’y ait plus ces engins sur nos fleuves et rivières. Il faut traquer les dragues. Les plus hautes autorités de la République devraient impulser la mobilisation des moyens humains et financiers nécessaires à la réalisation de ces missions de salubrité publique. Le gouvernement doit déclencher l’opération « Zéro drague » sur nos fleuves. Une telle opération pourrait être facilitée par les actions citoyennes menées çà et là sur le terrain par des jeunes contre les dragues.
A Kéniéba, Bougouni, Kadiolo, Kangaba, Koulikoro, Dioïla et Yanfolila, les dragues causent des dégâts incommensurables. Ils détruisent les berges et des lits des rivières. L’usage des produits chimiques tels que le mercure, le cyanure et assimilés, en plus des huiles de vidange et du gasoil provoquent de véritables désastres sur notre environnement, en polluant la faune, la flore, l’eau et donc, notre santé. Ils sont à l’origine de la réduction drastique du volume de captures annuelles de poissons dans nos cours d’eau. Aux conséquences économiques bien ressenties par les populations s’ajoutent l’impact sur la cohésion sociale dans plusieurs localités.
Les cours d’eau et les fleuves sont des trésors pour l’avenir de la nation. Aux pouvoirs publics incombe la responsabilité de les sécuriser. Ils ne doivent plus permettre aux prédateurs de détruire notre écosystème, attentant ainsi à nos vies.
L’Etat ne doit pas fléchir dans le combat contre les dragues. Il doit aller au-delà de la destruction des matériels en engageant des poursuites pénales contre les auteurs de ces activités illégales de pillage des ressources et de destruction du patrimoine commun.
La lutte implacable doit être élargie aux agents de l’administration publique, aux élus des collectivités, aux notables et chefs coutumiers qui tolèrent la pratique de dragage pour les sous. Il doit sévir contre ces cadres véreux qui ont fait le choix de remplir leur poche sans se soucier des conséquences de leurs actes.
Par Chiaka Doumbia
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