Entre Nous: Nul n’est à l’abri

Nul n’est à l’abri de la violation de ses droits. Voilà le slogan phare de la Commission nationale des Droits de l’homme (CNDH) qu’elle rappelle régulièrement dans ses communications officielles !

15 Oct 2026 - 09:38
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Entre Nous: Nul n’est à l’abri

Pour mieux apprécier la pertinence ou l’importance de ce slogan, il faut être victime d’une violation de ses droits ou avoir une victime parmi ses proches. Malheureusement, force est de déplorer que c’est le sentiment d’indignation sélective qui se porte plutôt bien sous les tropiques maliens. Tout porte à croire qu’on ne s’offusque d’une situation que lorsqu’elle nous touche directement ou indirectement. Ce qui nous amène à cautionner certaines anormalités, devrait-on renier ses convictions et engagements pour ce faire? De quoi faire perdre des plumes à l’Etat de droit. Les commanditaires d’enlèvements extrajudiciaires et de séquestrations de personnes tout comme les exécutants de ces abus ont-ils conscience qu’ils peuvent être victimes demain des mêmes pratiques ? Celui qui instrumentalise les textes ou abuse de ses pouvoirs pour causer des torts à autrui ne doit pas oublier que la roue de l’histoire tourne. Dans un passé récent, des personnes ont profité de leur position privilégiée au sein de l’appareil étatique pour commettre des abus ou fermer les yeux sur des abus. Elles ont été, à leur tour, victimes des mêmes pratiques. Il ne faut jamais encourager une situation de violation de droit ou une injustice. La vie est pleine de surprises. L’histoire est là pour enseigner des cas qui doivent rappeler les uns et les autres à plus d’humilité et de pondération. Moussa Traoré a passé presque 23 ans à diriger le Mali mais il a comparu devant une Cour dont le banc du ministère public était occupé par une magistrate radiée sous ses ordres puis rétablie dans ses fonctions quelques jours avant la fin tragique de son régime. Oumar El-Bechir a dirigé le Soudan pendant plus de 25 ans. Aujourd’hui détenu par l’armée depuis son renversement en 2019 à la suite d’un soulèvement populaire, il quémande une évacuation sanitaire pour se soigner à l’étranger. Le magistrat guinéen Algassimou Diallo, Procureur lors du procès du « 28 septembre » a été révoqué de sa fonction d’avocat général près la Cour suprême, radié de la magistrature puis jeté en prison depuis le 27 août 2026. Ses images dans sa cellule, en tenue de prisonnier, diffusées par la télévision nationale, ont suscité de vives émotions à travers le monde. Son procès s’ouvre ce jeudi 15 octobre 2026. Nul n’est à l’abri des violations de ses droits. Comme aussi nul n’est à l’abri des abus et des injustices. Restons toujours dans les limites de la légalité ! Évitons de commettre des abus ou d’être des instruments de promotion de l’injustice et de l’arbitraire. L’humilité nous permet de traiter les autres avec respect quand on est en position de force. Le pouvoir, le succès et la force ne durent pas ad vitam aeternam. Chacun peut être amené à connaître des moments de grandeur et des périodes de faiblesse.

 

 Par Chiaka Doumbia

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