Mines : 761 milliards recouvrés
L’audit des sociétés minières a permis au Mali de recouvrer 761 milliards de FCFA d’arriérés, selon le ministère des Mines.
Le montant accompagne un vaste assainissement du secteur marqué par l’annulation de permis, la numérisation du cadastre et un contrôle plus poussé des obligations des opérateurs.
Présentant le 22 octobre un bilan de la gouvernance minière, le ministre des Mines, Amadou Keïta, a indiqué que ces recouvrements résultaient de l’audit mené auprès des compagnies minières. Le ministère évoque notamment des redevances ajustées et des impôts impayés, sans avoir publié, lors de cette présentation, une ventilation détaillée des 761 milliards par entreprise, la nature de créance ou la période concernée.
Le chiffre prend une importance particulière dans un secteur qui demeure l’une des principales sources de recettes et de devises du pays. En 2025, la production industrielle d’or s’est établie à 42,2 tonnes, contre 54,8 tonnes en 2024, soit une baisse de 22,9%. La diminution est notamment liée au recul de la production de Loulo-Gounkoto, passée de 22,5 à 5,5 tonnes.
Dans le même temps, la valeur des exportations d’or a fortement progressé, passant de 1 610 milliards de FCFA en 2024 à 2 750 milliards en 2025. Les sociétés minières ont versé 940 milliards de FCFA à l’État au titre de la production aurifère, selon les données communiquées par le ministre Kéïta. Au premier semestre 2026, la production industrielle a atteint 23,5 tonnes, contre environ 18 tonnes sur la même période de 2025.
Assainissement
Le recouvrement des arriérés intervient dans une réorganisation engagée depuis plusieurs années. Le traitement des nouvelles demandes de titres avait été suspendu en novembre 2022 afin de nettoyer le cadastre minier.
Plus de 90 permis de recherche ont été annulés en octobre 2025 parce que leurs titulaires n’avaient pas produit les documents exigés. Trois permis d’exploitation ont également été retirés pour absence de travaux, défaut de paiement ou non-respect d’autres obligations prévues par le Code minier.
Entre le 21 août et le 30 septembre 2026, 24 permis de recherche portant sur l’or et le lithium ont en revanche été renouvelés après examen de la conformité administrative, des travaux réalisés, des dépenses d’exploration et des obligations financières.
Le cadastre minier numérisé, présenté en avril 2026, recense plus de 631 titres. L’outil doit notamment faciliter le suivi des permis, limiter les chevauchements et améliorer le traitement des dossiers.
Prévention
Les 761 milliards récupérés montrent l’importance d’un contrôle approfondi. Ils donnent aussi une indication sur l’utilité d’un suivi continu des obligations financières, afin que les écarts soient détectés au fur et à mesure.
Le cadastre numérique peut constituer une partie de cette chaîne, mais le suivi financier implique plusieurs administrations. Les données de production détenues par les Mines, les déclarations fiscales, les informations douanières sur les exportations et les paiements reçus par le Trésor peuvent être rapprochés pour repérer plus rapidement une échéance non respectée ou une différence entre production déclarée et obligations acquittées.
Le ministère des Mines annonce désormais un point de presse trimestriel consacré au Code minier, à la production, aux recettes et à l’évolution des titres. Le prochain est prévu en janvier 2027.
Cette régularité peut apporter une information supplémentaire à savoir celle de suivre non seulement les sommes récupérées après audit, mais aussi l’évolution des nouveaux arriérés, les délais de paiement et les montants restant à recouvrer. À terme, la baisse de ces créances constituerait elle-même un indicateur du renforcement de l’administration minière.
Cheick B. CISSE
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